‹ Le chef des Hurons [microforme]Chapitre 19 sur 22 · LA CHASSB AUX BANDITS · texte numérisé non relu

LA CHASSB AUX BANDITS

Mon colonel, dit Joseph Dufour, qu ordonnes - vous ? Vous êtes ici chez vous.

— Aussi vais-je en abuser, car vous serez obligé de nous offrir l'hospitalité jusqu’à demain. Faites donc conduire les chevaux à l'écurie. Les pauvres bôtes doivent être exténuées.

Le fermier se tourna vers ses serviteurs, groupés à quelques pas.

— Mes enfants, leur dit-il, emmenez ces chevaux et prenezen soin comme s’ils étaient de la famille. C’est en venant nous secourir qu'ils se sont fatigués, il faut leur en savoir gré.

Puis s'adressant aux chasseurs :

— Camarades, leur dit-il, la maison est à vous; faites-en ce que vous voudrez.

— Que faisons-nous des prisonniers ? dit Sans-Peur en s’approchant du colonel.

— Nous les jugerons après le souper.

— Le tribunal n’aura pas longtemps à siéger, car les débats seront courts.

— C'est probable : mais nous devons agir ainsi pour prouver que nous sommes des justiciers et non des assassins.

Pendant que chacun se livrait 4 la joie, Taréas parcourait le champ de bataille, scalpant consciencieusement les morts et les dlessés. Tous les hommes du colonel étant sains etsaufs, il opérait à coup sûr, certain de n’avoir affaire qu’à des ennemis.

Les prisonniers suivaient d’un œil morne cette lugubre opération.

Sur l’ordre du colonel, ils rurent conduits dans un angle la cour et gardés à vue par une douzaine de chasseurs, pistolet au poing.

La ferme regorgeait de provisions de toutes sortes ; aussi les cuisines furent-elles bientôt mises sens dessus dessous par les serviteurs, à qui leur maître avait recommandé de préperer un repas pantagruélique, car il connaissait Pappetit proverbial de ses anciens compagnons.

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Une immense table fut dressée dans la oour, et de nombreuses lanternes accrochées aux arbres.

A neuf heures, les convives prirent place et le souper commençs.

Le colonel était asns entre son fs et M Dufour. Le fermier s'était placé devant lui, ayant à ses côté Sans-Peur et Taréas.

Ne voulant point perdre l'occasion d'un pareil festin, les chasseurs chargés de surveiller les prisonnicrs les avaient littéralement chargés de liens. Puis, bien certains qu'ils ne pourraient s'échapper, ils étaient allés se môler à leurs camarades, dont la gaieté prit bientôt des proportions formidables.

Loin de les rappeler à l’ordre, le colonel était heureux du bonheur de ces braves gens qu’il avait si souvent coniluits au combat et dont il avait tant de fois eu l’occasion d'apprécier le courage et le dévouement.

Seul Taréas était calme. Il écoutait, souriait parfois, mais ne parlait pas. Il eût considéré comme . d'un chef de partager cette bruyante gaieté.

Au dessert, Joseph Dufour se leva et réclama le silence.

Tous se lurent.

— Camarades, dit-il, on va servir quelques bouteilles de vin de France; nous les boirons à la santé du roi !

— Vive le roi ! s’écrièrent toutes les voix.

Les bouteilles furent débouchées et les verres remplis,

Alors le colonel se leva et dit en levant son verre:

— Mes amis, à la santé du roi!

— Vive le roi! vive le roi ! répétèrent les chasseurs.

Les verres furent choqués et vidés au milieu d’un enthousiasme indescriptible.

Quand le calme fut un peu rétabli, Taréas se leva et comménça un petit discours.

— Guerriers blancs, dit-il, le Waeondah a donné à ses enfants rouges d' immenses forêts pleines de gibier ; des rivières

enthoue et com-

8 à ses rivières

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