ACTE PREMIER 2;i
hk PRINCESSE.
Oui; eh bien, vous pouvez me le répéter tant que vous voudrez, et je vous jure que cela ne me coûtera pas un remords. (Le marquis oe répond rieo.) Vous ne savez pas ce que c'est qu'un remords ?•( a ppu/ant.) Remords, substantif masculin .
LE MARQUIS
Masculin seulement?
LA PRINCESSE
Masculin surtout, ayant pour conséquence d'empoisonner toute joie et conduisant communément à la lassitude et au désespoir, voilà.
LE MARQUIS
Oh ! mais il m'a conduit plus loin que ça, moi, votre substantif... Il m'a conduit à la Morgue.
A la...
LE MARQUIS
Un théâtre populaire très-suivi à cette époque; on n'avaût pas encore inventé les cafés chantants.
LA PRINCESSE
Je m'explique fort bien votre présence dans ce lugubre domaine. Parmi tant de sottes mises à mal pour votre plus grand amusement, il devait bien, à la fin, s'en trouver une qui eût la bonne idée de se jeter à l'eau.
LE MARQUIS
C'est ce que j'avais cru... Seulement, il n'y avait personne... mais je ne fus pas rassuré pour cela... Il y a trente-six portes ouvertes sur l'éternité, et la sotte^ comme vous l'appelez, pouvait bien avoir crocheté Tune dei» ces portes-là. Ahl vous ne me croirez pas peut-être, mais
aujourd'hni encore je donnerais deax ans de ma vie pour avoir la certitude que cette femme est vivante.
LA PRINCESSE
Vous Tavez donc aimée celle-là?
Je Tai adorée )
LA PRINCESSE
Quinze jours ?
LE MARQUIS
Non, une heure.
f ' LA PRINCESSE.
Une heure?...
LE MARQUIS
Et j'ignore qui elle était, et je ne sais pas même son nom.
LA PRINCESSE
OÙ Taviez-vous donc rencontrée?
LE MARQUIS
Je ne l'avais pas rencontrée.
LA PRINCESSE
Alors, expliquez-vous.
LE MARQUIS
Mais c'est une confession que vous me demandez ?
LA PRINCESSE
Eh bien, on dit que cela calme les consciences.
LE MARQUIS
Qui, quand l'absolution vient après. Me la donnerez- . vous ?