‹ Le chemin de fer de Bagdad (volume 2)Chapitre 29 sur 67 · OU TROUVER LES FONDS NÉCESSAIRES A L'ENTREPRISE DU BAGDAD · texte numérisé non relu

OU TROUVER LES FONDS NÉCESSAIRES A L'ENTREPRISE DU BAGDAD

Section I. — De la garantie kilométrique, — Sur quoi gager cette garantie;? a) le relèvement des dîmes: b) les monopoles; c) le boni de la ligne Haïdar-Pacha-Angora ; d) l'unification de la dette ottomane; e) le relèvement des tarifs douaniers.

Section II — Les offres allemandes aux capitaux étrangers. — [. L'accord de 1899. — II. Les conventions de 1902 et 1903. — III. L'échec de ces conventions. — IV. Comment expliquer l'exagération des prétentions allemande- ?

Qe sera donc le développement économique du pays qui entraînera la prospérité du Chemin de fer de Bagdad. Mais malgré toute la bonne volonté que les Allemands y apporteront, malgré toute leur activité et tous leurs efforts, ils ne parviendront pas à transformer la Turquie d'Asie du jour au lendemain. Un temps assez long s'écoulera avant que la renaissance industrielle et agricole ait atteint un degré suffisant pour donner lieu au trafic local indispensable au succès du Bagdadbahn. Et cependant, du jour où ils engageront leur argent, les capitalistes entendront en retirer un intérêt. Or, comment la Société Impériale pourrat-elle rémunérer l'argent prêté, puisque les recet-

IIe PARTIE.

— ÉTUDE ÉCONOMIQUE

tes qu'elle encaissera au début seront notoirement insuffisantes pour solder les dépenses de l'entreprise ?

a Un problème s'est donc posé dès le début, écrit M. A. Ohéradame. Aujourd'hui encore, il n'est pas résolu. Il s'agit de savoir comment compenser l'inéluctable insuffisance du rendement du futur railway, de telle sorte que les capitaux, croyant trouver une rémunération suffisante, consentent à ' s'engager dans l'entreprise » (1). La solution du problème était, en effet, très délicate. Voici : les allemands veulent entreprendre une œuvre gigantesque, ils ont rêvé, et ce rêve leur tient maintenant à cœur, de joindre par un ruban d'acier de 3.000 kilomètres le Bosphore et le Golfe. La construction de cette ligne, à travers des régions montagneuses, sur un sol parfois fuyant, dans un pays dépourvu rie voies de communication, va engloutir des sommes énormes. Ils ont besoin d'argent : mais les capitalistes auxquels ils vont faire appel savent que cette ligne de Bagdad ne produira au début que de maigres recettes. Lorsque les Allemands s'adresseront donc à eux, ces capitalistes ne manqueront pas de leur répondre : « Quelle garantie nous offrez-vous en échange de notre argent 1 Si nous n'avons comme sûreté que les revenus de la ligne, nous ne vous prêtons pas les fonds dont vous avez besoin avant (pic nous ne connaissions exactement ces revenus, avant que nous ayons pu

( I ) Ouvrage cité, p. 149.

nous-mêmes juger de la prospérité de l'entreprise ». La Société Impériale se trouvera ainsi dans un cercle vicieux dont il lui sera impossible de sortir, à savoir : d'une part, que pour construire le Bagdadbahn et le rendre prospère, il lui faut de l'argent, et d'autre part, que ces capitaux ne lui seront fournis que lorsque le succès de l'entreprise ne sera plus douteux. »

Dès la signature de la Convention de 1902, les représentants de la Deutsche bank, prévoyant cette objection, essayèrent d'y remédier et exigèrent de la Porte la promesse d'une garantie kilométrique destinée à compenser l'insuffisance du rendement du Chemin de fer de Bagdad pendant les premières années de son exploitation. Cette garantie kilométrique est-elle de nature à dissiper les craintes des capitalistes '! La situation financière de la Turquie permet-elle de supposer que cette garantie ne sera pas purement illusoire ? Ce sont là questions importantes auxquelles nous allons essayer de répondre.

Section Première

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