‹ Le chemin de fer de Bagdad (volume 2)Chapitre 32 sur 67 · DES INTÉRÊTS FRANÇAIS DANS L'AFFAIRE DU BAGDAD · texte numérisé non relu

DES INTÉRÊTS FRANÇAIS DANS L'AFFAIRE DU BAGDAD

Section I. — Les pertes françaises dans le Bagdadbàhn. — 1. Quels sont les intérêts français en Orient? — II. La pénétration allemande en Turquie d'Asie menace de ruiner l'influence française. — III. Les répercussions de l'entreprise allemande en France même.

Section II. — Les profits français dans la construction du chemin de fer de Bagdad. — 1. Les bénéficiaires français de la future entreprise ; a les banquiers : b) les industriel? : c) les porteurs de titres.

Section III. — Devons-nous engager nos capitaux dans le Bagdadbàhn '! — lro opinion: Nous devons aider l'Allemagne ; 2e opinion: Nous devons-nous abstenir : 3a opinion : Nous devons concourir financièrement au Bagdadbàhn ^poux sauver notre prestige èl notre dignité. — Conclusion.

Nous avons montré dès le début de cette étude» comment l'Allemagne avait réussi depuis 1870 à détrôner l'influence française en Turquie pour son propre avantagé. Elle nous combattait à la fois sur le terrain politique, religieux et économique. Certes, ses efforts n'avaient pas été vains et grâce à ses voyageurs, à ses missionnaires, à ses colons,

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à sa diplomatie, et à son Empereur, elle avait su accaparer la confiance du sultan, donner un essor incontestable à son commerce en Orient, obtenir d'importantes concessions et de nombreuses faveurs pour ses nationaux. Nous avions donc désormais une concurrente dangereuse et nous devions redoubler de vigilance et d'efforts afin de ne pas laisser la place libre à la dernière venue. On n'abolit pas en quelques années une influence plusieurs fois séculaire quand la nation qui lia détient sait vouloir la conserver ! Mais il ne faut pas s'endormir sur les conquêtes passées. Lors que l'ennemi a un pied dans la place, si on n'y prend garde, il s'y installera bientôt, et par ses manœuvres, par ses intrigues, ou même par la force, il ne tardera pas à devenir le maître toutpuissant.

Du jour où l'Allemagne eut obtenu du sultan la concession du Chemin de fer de Bagdad, notre situation en Orient fut gravement menacée. La nouvelle voie ferrée abrite sous le drapeau turc l'aigle du Kaiser. Le Bagdàdbahn portera gravement atteinte à nos intérêts en Orient. Sans doute l'Allemagne nous offre bien, moyennant notre concours financier, une certaine participation à l'entreprise, mais dans quelles proportions, suivant quelles bases la participation française doit-elle se fixer pour pallier le préjudice que l'œuvre allemande nous causerait 1 Ce concours financier, avons-nous avantage à l'accorder ? Ne devonsnous pas, au contraire, obstinément repousser les

CH. Ier. — INTERETS FRANÇAIS I > A X S LE BAGDAD 971

offres de la Deutsche Bank, empêcher les capitaux français d'aller alimenter l'œuvre de Bagdad î Nous ne pourrons répondre à cette question qu'a près avoir examiné d'une part ce que nous perdions sûrement avec la construction du Bagdadbahn, et d'autre part les avantages, les bénéflceo que nous y trouverons. De la comparaison des gains et des pertes, nous pourrons déduire quelle doit être notre attitude, si nous devons nous abstenir ou, au contraire nous engager et, dans ce cas, quel prix la France aura-t-elle le droit d'exiger de sa participation ?

Section Première

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