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laïques et religieux, les émigrés, eurent pour seconder leur action un auxiliaire à la fois habile et puissant : l'Empereur lui-même. Pour obtenir cette amitié, à laquelle il attachait tant de prix, pour permettre à ses sujets d'acquérir une situation primordiale dans l 'Empire ottoman, pour que son influence fut souveraine à Constahtinople, que l'industrie de son Empire trouve en Turquie des débouchés et que le commerce allemand y devienne florissant, Guillaume II, en 1890 et en 1898, vint officiellement rendre visite à Abd-ud-Hamid en son oalais d ' Yildiz-K io/ski
On croit, le fait n'a jamais pu être établi d'une façon certaine, que le voyage de 1890 aboutit à la conclusion d'une alliance politique entre l'Allemagne et la Turquie et aussi à la signature d'un traité de commerce.
En octobre 1898, Guillaume II se rendit à Constantinople et à Jérusalem. Il alla en Orient avec l'idée bien arrêtée de se poser aux yeux du monde entier en ami et protecteur de la Turquie et des Musulmans. Tout, dans ce voyage, fut calculé pour impressionner d'une façon favorable le sultan et son peuple. Pour que son rôle de protecteur de l 'Islam fût pris plus sérieusement encore en considération, il évita tout acte qui aurait été de nature à rapeler aux musulmans sa qualité de chrétien : il renonça à l'idée, et ce dût être pour lui un sacrifice, de l'ai i-e dans Jérusalem une entrée semblable à celle du Christ, porté sur une ânesse ; il affecta un respect exagéré pour la doctrine de
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l'Islam, se rendant en pèlerinage au tombeau de Saladin, prince vainqueur des Chrétiens dans la Yi Ile-Sainte de Palestine, pour y déposer une palme d'or, hommage de son admiration. Enfin, le S novembre 1898', en présence de Xazim- Pacha, il lança au monde musulman son fameux toast de Damas : « Puisse Sa Majesté le Sultan, ainsi que les .'500 millions de Maliométans qui vénèrent en lui leur Calife, être assurés que l'Empereur allemand est leur ami pour toujours. »
A tant de délicates attentions, à de si belles paroles, Abd-ul-l lamid ne pouvait rester indifférent. Jusqu'à ce jour, aucun souverain d'une nation aussi puissante n'avait manifesté une amitié si chaleureuse et si désintéressée pour le peuple turc et le Chef des Croyants ! Comment les portes du palais ne se seraient-elles pas ouvertes toutes grandes pour recevoir Celui qui daignait protéger u l 'Homme-Malade »... et voulait le guérir ?
Trois ans plus tard, en 1901, le prince Adalbert, second fils de l'Empereur, venait à ( Vmstantinople à bord du bâtiment-école Charlotte, et était reçu à Yildiz-Kiosk comme pour sceller d'une façon plus étroite l'amitié de son père et du sultan.
Ces diplomates allemands, qui prêtaient leur appui à la politique de la Turquie, qui détendaient ses intérêts, ces missions militaires qui réorganisaient son armée, ces professeurs et ces maîtres qui fondaient des écoles, ces émigrés qui créaient des colonies agricoles, ces religieux et ces prêtres qui instituaient des établissements de bienfaisance
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et de secours, cet empereur qui, à deux reprises, se rendait à Constantinople et y déléguait son fils, n'agissaient nullement dans un but désintéressé, comme ils le prétendaient. Leurs services, ils devaient se les faire payer, leur protection n'était pas gratuite.
Une pareille politique eut en effet pour conséquences :
1° D'acquérir l'amitié du sultan et d'accroître l'influence de la diplomatie allemande à Constantinople ;
2° D'obtenir des mesures de faveur pour les sujets de Guillaume II ;
3° De faire de la Turquie un débouché des produits allemands ;
4° De permettre aux Sociétés allemandes d'opérer la mainmise sur de nombreuses concessions.
Il n'y a pas d 'homme plus populaire à Constantinople que Guillaume II depuis son voyage de 1898. On l'appelle « Vaml » et son portrait se trouve dans tous les cafés. Cette popularité est beaucoup plus grande encore dans les hautes sphères que dans les classes moyennes et chez le peuple. Le sultan s'est trouvé flatté de cette amabilité et il n'a rien à refuser à Celui qui veut bien l'honorer de son amitié. Et L'Empereur profita de ces bonnes dispositions du sultan à son égard pour introduire des fonctionnaires allemands dans les divers services de L'Empire turc. « On trouve des Allemands, écrit M. Henri Bohler, dans toutes les
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branches de l'administration ottomane, où ils occupent des situations très élevées : douanes, postes et télégraphes, finances, travaux publics, mines, forêts, domaine, marine et guerre )) (1). Yildiz- Ki-osk est (( la source et la serre chaude des sympathies pour l'Allemand en Turquie. »
Eien d'étonnant, dès lors, à ce que la diplomatie de Guillaume II soit toute-puissante à Constantinople. a L'ambassadeur Marschall von Bieberstein y est le plus écouté et le mieux accueilli des représentants étrangers. Le sultan se sent en confiance auprès de lui : il apparaît, au contraire, gêné et mortifié devant les autres diplomates, qui ne négligent aucune occasion de lui adresser des remontrances parfaitement justifiées, mais particulièrement blessantes pour son amour-propre de despote absolu. A l'inverse des autres nations, qui donnent des ordres impératifs et adressent des sommations menaçantes à l'Etat moribond, l'Allemagne affecte de ne pas connaître l'homme malade et manifeste hypocritement son étonnement lorsqu'on parle d'une façon aussi irrespectueuse d'un empire sur lequel plane l'aigle protecteur de la (xeïmania et l'amitié d'un Hohenzollern. » (2)
Le prestige de l'Empereur rejaillit sur ses nationaux et les Allemands sont par-
ti) Henri Bohler. Questions diplomatiques et coloniales. 1er niais 1903, p. 276?
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ticulièrement bien vus auprès du sultan. Veuton un exemple de cette situation privilégiée î En mars 1903, le vali de Beyrouth prescrivit que désormais une autorisation préalable serait nécessaire aux étrangers désirant acheter un immeuble à un Turc. C'était en somme une contribution non AreJle imposée aux étrangers, puisque pour obtenir cette autorisation, il fallait payer un bakchich Mais le docteur Schrôder, consul général d'Allemagne à Beyrouth, protesta : « Les sujets ottomans n'étaient pas soumis à cette formalité, pourquoi, dès lors, les Européens y seraient-ils astreints 1 » Le vali s'empressa aussitôt de déclarer que la mesure prescrite ne concernait pas les Allemands !
Voici une autre anecdote que rapportent MM. V erney et Dambinann et qui montrera bien l'importance qu'a pris à Constantinople tout ce qui est ■ ) Hemand.Un représentant d'une fabrique 'l'armes anglaises faisait ses offres de services à un haut fonctionnaire turc. Celui-ci répondit par un refus poli. Mais lorsque le représentant lui eut déclaré qu'il partait pour Berlin, où il était attendu, le paclà se ravisa et voulut bien examiner les armes qu'on lui exposait.
Cet exemple nous permet d'errtrevoir la place (pie doivent tenir Les produits allemands dans la consommation et le commerce de la Turquie. Débouché pour les produits de son empire ! c'était bien là un des buts, et non le moindre, de la politique de Guillàume II. « Contrairement à la France,
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qui a établi son protectorat sur la Tunisie et convoite le Maroc, contrée musulmane, contrairement à l'Angleterre, qui s'est établie en Egypte, à la Russie, qui a combattu la Turquie pour s'emparer de ses territoires, l'Allemagne, soucieuse du bien d 'autrui, ne veut rien prendre. Cependant, elle acceptera, en remerciement de son concours, des compensations économiques » (1). Ces compensations économiques, c'étaient les commandes faites officiellement par le gouvernement turc à ses usines, à ses chantiers, c'était la faculté pour ses voyageurs de commerce, investis en quelque sorte de la confiance et de l'appui du sultan, de parcourir la Turquie d'Europe et d'Asie pour y répandre les produits allemands.
Puisque l'armée turque devait être réorganisée sur le modèle de l'armée prussienne, dès le début, elle devait avoir les mêmes armes, se servir des mêmes munitions que les soldats du Kaiser. Les fonderies Krupp allaient trouver un précieux client chez le sultan. Désormais, la Turquie s'adresserait à l'Allemagne pour les fournitures militaires que jusqu'en 1882 elle avait demandées à la France seule. De 1882 à 1896, en effet, la Turquie a acheté à l'Allemagne plus de 800.000 Mauser ; en janvier 1903, le Ministère de la Guerre ottoman en a commandé 200.000 de plus ; pendant la même époque (1882-1896), le montant total des
(1) Eugène Yung.
arabe, p. 225.
Les Puissances devant la Révolte
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armes et munitions militaires expédiées d'Allemagne en Turquie s'est élevé à plus de 80 millions et M. Bohler évalue les commandes faites à Krupp, de 1893 à 1903, à près de 100 millions, chiffre auquel il faut ajouter les nouveaux canons de campagne à tir rapide dont les corps d'armée de Turquie d'Europe ont été dotés en 1903 (1). Il valait vraiment bien la peine de détacher à Constantino pie une douzaine d'officiers. Ce n'était qu'un petit sacrifice ! ! !
Tandis que les hauts-fourneaux de Krupp brûlaient pour satisfaire aux commandes turques, des commis-voyageurs allemands, suivant la voie que leur avait tracée l 'Empereur, allaient en Orient y faire connaître les produits de leur mère-pat ri <\ En 1882, se créa, la Deutsche Handelsverein, qui établit des centres d'opérations à Jaffa, Beyrouth et Constantinople ; bientôt se constitue une Société nouvelle, la Deutsche Exportbank de Berlin.D'au-^ très Compagnies furent encore fondées et toutes établirent des succursales à Constantinople. C'est le cas, en 1890, de VExport Verband deutscher MacMn&nfab rik imd Huttenwerke in Berlin, et en 1.898, de la Deutsche Orientalische Exportgesélisçhaft. Vers cette époque, pour exercer une plus gi ande influence commerciale, le Gouvernement de
(1) Ces renseignements cl ces chiiïres sont donnés par MM. Vernéy et Dambmann, Les Puissances (tu Levant, I». 44, H M. Henri Bohler. Questions diplomatiques cl coloniales, I' ars L903.
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Berlin fonda une Chambre de commerce allemande à Constantinople.
Et les efforts des commerçants allemands en Turquie, favorisés par la popularité dont jouissait leur Empereur, par la bienveillance que leur témoignaient le sultan et les hautes sphères gouvernementales, furent rapidement couronnées de succès. En 11)00, le consul général anglais à Constantinople déclarait que « les commis-voyageurs allemands s'implantaient partout ». « Il ne faut pas longtemps au 'touriste récemment débarqué d'Europe, écrit M. Raymond Perraud, pour se rendre compte de la plaee, éminente que les Allemands ont su se créer en Turquie.
» Il lui suffit de se promener sur les quais de Galata et dans les rues de Péra. Les principaux magasins, notamment les librairies, les bazars et les brasseries, quand ils ne sont pas grecs, sont allemands. » (1)
Les Allemands, en effet, ne se sont pas contentés d'importer en Turquie un seul article, mais une grande variété : les soieries, les tissus et lainages, les draps, dont l'exportation a doublé de 1898 à 1902, les fers et les machines « qui ont détrôné la fourniture anglaise de même nature », les produits chimiques et de droguerie, les savons et la parfumerie, (( qui ont "chassé les fins articles de toilette
(1) Raymond Perrautl. L'Allemagne et le Bagdadbahn, Ktvae, 1 r mars 190.9, p. 17.
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[murais », voilà tout ce que les Allemands ont exporté en Orient.
Vingt années ont suffi, de 1880 à 1900, pour décupler le commerce de l'Allemagne avec l'Empire Ottoman. A une plus forte quantité d'exportations d'Allemagne en Turquie, répondait également en sens inverse une quantité plus considérable d'importations de Turquie en Allemagne. Quelques chiffres, que nous empruntons à l'ouvrage si documenté de MM. Verney et Dambmann nous en donneront une idée exacte.
Le commerce turco-allemand atteint :
En En En En En En
Exportations allemandes . . . 8.029.000
Importations en Allemagne. . ±. 4:20. 000
Exportations allemandes . . . 9.7)60.000
Importations en Allemagne. . 4.494 000
Exportations allemandes . . . 42 599 000
Importations en Allemagne. . 11.508.000
Exportations allemandes . . . 62.45l.Q00
Importations en Allemagne . . 20 707.000
Exportations allemandes . . . 42.080.000
Importations en Allemagne. . '23 540 000
Exportations allemandes . . . 35.020.000
Importations en Allemagne. . 32 339.000
De 181)3 à 1901, la moyenne annuelle des marchandises allemandes exportées en Turquie ne ser;i plus (pie de 4-4 millions, tandis que l 'importation des produits turcs en Allemagne continue à s'accroît ré do 233 0/0 de 1880 à 1900.
Celte baisse dans les exportations allemandes provient de ce que les constructions de railway en Turquie furent moins nombreuses après 1893 :
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d'où diminution de fournit lires allemandes de matériel de chemins de fer. Mais cette activité commerciale reprendra certainement. En 1901, d'ailleurs, la progression commençait à se faire à nouveau sentir, puisque les exportations d'Allemagne en Turquie se sont élevées à o7.481.000 francs. Depuis, leur marche ascendante a continué et il èst évident que la construction de îa ligne de Bagdad donnera lieu à des envois de plus en plus considéra 1)1 es de matériel et de rails.
A quoi faut-il attribuer nu succès si rapide ? Est-il dû uniquement à l'action de l 'Empereur, à l'habileté de la diplomatie allemande ? Non. Les Compagnies privées, l'initiative individuelle ont sngulièrement secondé les efforts faits par Guillaume 11 et son gouvernement; Les négociants, les exportateurs se sont ingéniés à trouver des moyens pour s'attirer la clientèle ottomane et la détacher des maisons françaises ou anglaises qui. depuis de longues années, s'étaient implantées dans le pays. Ils n'ont rien négligé : ni les réclames écartâtes répandues à profusion, ni l'emploi des mesures usitées dans le pays, ni les facilités de paiement, accordant un crédit de 8 mois, ni une scrupuleuse exactitude, ni un soin exagéré apporté dans la livraison de la plus petite commande.
Les progrès du commerce entraînaient le développement de la navigation. Malgré les échecs de deux Compagnies, en 1880 et en 1889, la Deittsôhe Levante Linie fut constituée le 6 septembre L889 à Hambourg. Cette Société ne croula pas, contrai-
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rement aux deux précédentes, qui, elles aussi, s'étaient proposé d'assurer le trafic cuire l'Allemagne et l'Orient. La raison est que, en 1889, le commerce turco-allemand avait déjà pris son essor et commençait à devenir important. Depuis cette époque, commerce et navigation suivirent une marche parallèle. La Deutsche Levante Linie n'avait que 4 navires à sou origine. En 1898, elle en possédait 15 ; en juillet 1901, 21 ; le 21 décembre 1901, elle en lançait un autre, pendant que
5 encore étaient en construction sur les chantiers. En cette même année, elle s'entendait avec une entre Compagnie allemande, la Hambourg Ameri La, pour l'établissement d'une ligne directe entre les ports américains et le Levant. Elle comprenait déjà 12 lignes directes partant de Hambourg,
6 d'Anvers, et une, tantôt de Rotterdam, tantôt de Xcwcastle. « Bons vapeurs, activement conduits, une Compagnie qui fait chaque jour des progrès et qui rend d'immenses services au commerce allemand dans le Levant ». Telle est l'appréciation de la Chambre de commerce française de Constantinople au sujet de la Deutsche Levante Linie.
Et cette Compagnie n'est pas la seule dont les navires vont fréquenter les ports turcs. Il y en a d'autres, d'envergure peut-être moins grande, mais dont les va peurs font néanmoins un service rapide et direct entre l'Allemagne et l'Orient. Telles sont l'Orient Linie Glast Henninge Hant und Gt, et la Compagnie Freitas d'Hamburg.
La convoitise des marins a égalé celle des coin-
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merçants. Ils ne se contentent pas de cette navigation générale et internationale ; ils ont cherché, et là encore ils ont réussi, à s'emparer du cabotage entre Constantinople et Haïdar-Pacha. C'est la Deutsche bank qui a fourni l'argent nécessaire à la construction des bateaux qui, traversant le Bosphore, font le service de la côte d'Europe à la côte d'Asie. Ce sont des Allemands qui les exploitent.
Si en Turquie les Allemands ont leurs navires, ils ont aussi leurs ports. Pour récompenser Guillaume II de' son amitié... si désintéressée, pour le remercier de ses bonnes paroles, Abd-ul-Hamid, à la demande même de l'Empereur lors de sa visite à Yildiz-Kiosk, en 1898, a concédé à une Société allemande le port d 'Haïdar-Pacha par un iradé d'août 1901. Bien que ce soit deux Français, MM. Laporte et Augier, qui aient été chargés de la construction, l'entreprise est nettement allemande; il suffit, pour s'en convaincre, de lire les articles enthousiastes de la presse germanique lors de l'inauguration, le 17 novembre 1902...
L'étude sommaire que nous venons de faire nous a montré (d'une façon très brève et un peu incomplète, peut-être, mais il aurait fallu y consacrer plusieurs chapitres et ce n'est pas là le but principal de notre sujet) quel profit les Allemands avaient su tirer de l'amitié du sultan, qu'habilement leur empereur et leur diplomatie s'étaient acquise. Us n'ont pas pratiqué (( la politique du temps perdu ». Presque inconnus en 1870, ils jugeaient alors