‹ Le chemin de fer de Bagdad (volume 2)Chapitre 44 sur 67 · LES CONVENTIONS DE 1H0N · texte numérisé non relu

LES CONVENTIONS DE 1H0N

Ces conventions, définitivement signées le 2 juin 1908, avaient fait l'objet (h1 plusieurs négociations. Lie 23 décembre 1907, une première entente ïnterve-

CH. Ier. LA QUESTION DU BAGDAD 1902-1910 r>67

naii entre la Compagnie d'Anatolie et la Porte ; le 25 mai 1908, cet accord était complété, et le 2 juin suivant, le Sultan approuvait ces deux conventions successives.

Quels avantages la Deutsche Bank avait-elle obtenus ? (juels résultats pratiques espérait-elle retirer de ces concessions nouvelles ?

Par la convention du 23 décembre 1907, la Compagnie d'Anatolie était autorisée à doubler son capital de (57.500.000 francs. Le prétexte invoqué pour justifier aux yeux du public cette augmentation soudaine était que l 'on avait voulu procurer à la Société d'Anatolie les fonds suffisants pour exécuter les travaux d'irrigation que le Sultan lui avait concédé dans la région de Koniali par l'évadé de septembre 1907, travaux dont l'achèvement était prévu pour fin 1912. Et l'on disait encore que cette augmentation de capital aurait pour but de permettre le dédoublement de la voie ferrée entre Haïdar-Pacba et Pendik, distants l'un de l'autre de 25 kilomètres. Enfin, grâce à ces ressources nouvelles, la Compagnie allemande procéderait à la réfection des lignes anatoliennes ; on les construirait plus résistantes, plus solides, afin qu'elles puissent supporter le passage de trains express filant à 80 ou 90 kilomètres à l'heure.

Cette convention était tout à fait extraordinaire. On allait créer pour 67 millions et demi de titres nouveaux et, chose curieuse, les anciens titres n'étaient pas encore entièrement libérés. G0 0/0 seulement du capital initial avaient été réa-

3t>8 TVP PARTIE. — L'ENTREVUE DE POTSDAM

lises ! Il restait donc 40 0/0 à libérer, 40 0/0 que l'on pouvait réclamer aux premiers souscripteurs. Pourquoi, dès lors, ne s'était-on pas plutôt préoccupé de réaliser entièrement ce capital primitif au lieu d'imaginer cette augmentation ? M. R. Perraud nous en donne l'explication : « On a craint, dit-il, de provoquer une crise et d'obliger un certain nombre d'actionnaires, incapables de s'acquitter, à jeter leurs titres sur le marché, ce qui entraînerait l'affaissement des cours. » (1)

Cette explication a une certaine force et peut être facilement admise. Mais elle suggère une double remarque :

1° Si la Deutsche Bank a craint que l'appel des derniers 40 0/0 non libérés provoque une panique, entraîne l'affaissement des cours, et si c'est pour éviter cela qu'elle a employé un moyen détourné pour se procurer des fonds, nous devons en conclure qu'elle ne se sentait pas assez forte pour soutenir ces cours, que sa situation était peut-être moins brillante que ce que l'on croyait et que « l'appel des derniers 40 0/0 aurait eu des conséquences désagréables pour La Deutsche Bank ellemême. » (2)

2° Cette augmentation de capital n 'allait-elle pas précisément provoquer la panique que l'on redoutait 1

En réclamant 27 millions, représentant les

(1) Revy,e% Pr mars 1909, p. 25.

(2) /tf.,p.25.

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