‹ Le chemin de fer de Bagdad (volume 2)Chapitre 46 sur 67 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Section I. — La politique allemande vis-à-vis de la Russie depuis le début du A7AP siècle — [. Les rapports russo-alJeniands an cours du XIXe siècle. — II. La cause des sympathies russo-allemandes.

— III. Les intérêts de la Bussie et de L'Allemagne ne son! opposés qu'en Asie.

Section II. — L'entrevue de Potsdam. — [. Les préparatifs de l'entrevue. — il. Le discours du chancelier. — III. Les inquiétudes de la presse anglaise et française. — IV. L'article du Novoïe^Vremia.

— V. Les révélations de VEvening-Times. — VI. La continuation des pourparlers. — VU. La signature de l'accord.

Nous ne saurions aborder directement l 'étude de cette entrevue sans avoir auparavant jeté un coup d'œil sur les rapports de la Russie et de l'Allemagne au cours du XIXe siècle. Ce retour sur le passé est nécessaire pour avoir la véritable explication de cette rencontre, qui fut considérée dans certains milieux comme l'événement politique le plus considérable de l'année 1910. C'est par l'histoire, en effet, que nous arriverons à comprendre comment l'entrevue du Kaiser et du Tsar a pu se produire, c'est par elle que nous saurons l'origine de ce rapprochement russo-allemand.

Section Première

LA POLITIQUE ALLEMANDE VIS-A-VIS DE LA ÎU'SSIE DEPUIS LE DÉBUT DU XIX0 SIÈCLE

« Il 11 'y a rien de plus remarquable, de plus 'compliqué que les rapports de là Russie et de l'Allemagne depuis de longues années.

« Historiquement, Slaves et Germains sont aux prises depuis des siècles, sur une longue frontière contesté. Influence slave et influence germaine se combattent de la Vistule au Golfe Persique.

» Et ce paradoxe pourtant s'est réalisé, qu'à travers ces contestations multiples, malgré cet antagonisme si vaste et si permanent, qui ressemble à un antagonisme de races, en même temps qu'à une véritable rivalité politique, jamais, depuis des générations, jamais, notez-le, depuis la guerre de Sept- Ans, il n'y a eu de guerre entre la Rusie et la Prusse. Vous ne comptez pas, j'imagine, la participation de la Prusse vaincue et captive à l'expédition napoléonienne de Russie. Elle y était par force, elle y était par ordre, et le premier soin du général qui commandait le corps d'armée prussien dans la Grande-Armée, ce fut, vous le savez, de passer à l'ennemi par une défection qui aggrava le désastre.

)) Ainsi, Messieurs, en fait, c'est un événement d'une signification historique, que bien des Français ont eu la légèreté de méconnaître, que malgré la profondeur et la permanence d'antagonismes

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