LES CONSÉQUENCES INTERNATIONALES DE L'ENTREVUE
Section I. — La Turquie et l'accord russo-allemand . — I L'accord allemand fut mal interprété eu Turquie. — II. Le rôle de l'ambassadeur allemand. — III. Les conventions turco-allemandes de mars 1911. — IV. Portée de ces conventions.
Section II. — L'en /reçue de Potsdam et l'Angleterre. — Les négociations ànglo-turques. — I. L'accord russo-allemand jugé par la presse britanique. — II. Les pourparlers anglo-turcs. — III. Les déclarations de Sir Edward (irry. — IV. Les prétentions anglaises et l'arrêt des pourparlers.
Section III. — Les conséquences de l'entrevue de Potsaam sur la politique française dans la question du Bagdad. — I. Emotion soulevée en France par l'accord russo-allemand. — II. L'attitude de la France dans l'avenir. — III. La France ne doit pas céder aux demandes de l'Allemagne sans obtenir une large participation. — Conclusion.
Rarement une rencontre entre deux souverains provoqua une émotion aussi considérable ! Avant même que VE venin g Times eût publié le texte de ] 'accord intervenu, on savait déjà que cette visite du tzar à Guillaume II n'avait pas seulement un caractère amical, que ce n'était pas une pure visite de courtoisie, mais qu'à Potsdam on avait parlé politique, et que dans les conversations entre M. Sassonof d M. de Kiderlcn- Waecliter, il avait été
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traité des questions internationales. D'ailleurs, après l'entrevue, les pourparlers continuaient, confirmant ainsi l'impression d'un accord imminent entre la Russie et l 'Allemagne. Les révélations du journal anglais ne calmèrent pas l'inquiétude et soulevèrent de vifs commentaires dans la presse et les milieux politiques anglais et français. L'accord russo-allemaiM concernait uniquement la Turquie d'Asie et la Perse, mais il s'occupait du Chemin de fer de Bagdad, qui intéressait particulièrement la France et l'Angleterre, cette voie ferrée devant servir à propager l'influence allemande en Asie- Mineure et Mésopotamie. En présence de cet accord, quelle ligne de conduite devaient adopter les gouvernements de Paris et de Londres ! Devaientils continuer leur politique d'opposition, ou, plus conciliants, seraient-ils disposés à s'entendre avec l'Allemagne et à régler définitivement la question du Bagda'd ? Le problème se posait plus impérieux que jamais, maintenant que le consentement russe laissait au Gouvernement de Berlin les mains libres en Asie !
Mais cet accord, qui avait rapproché la Russie et l'Allemagne, faillit brouiller l'Allemagne et la Turquie, ou tout au moins refroidir singulièrement la cordialité de leurs relations.
Avant donc d'étudier les conséquences de l'entrevue de Potsdam et de l'entente qui en est résultée vis-à-vis de la France et de l'Angleterre, ;l nous faut examiner quelle fut sa répercussion en Turquie.
4M) IVe PARTIE. —
l'entrevue de potsoam
Section Première