LE RÉSEAU NAVIGABLE DU HAUT CONGO
^- '4^ES explorations de ces dernières années ont jeté une vive lumière sur le bassin central africain. Au lieu de présenter, à tout moment, des entraves à la navigation, comme on avait pu le supposer un instant, le haut Congo et ses puissants affluents constituent un des plus magnifiques réseaux fluviaux qui existent, admirablement disposé, largement navigable et venant aboutir à un point unique : le Stanley-Pool.
De Léopoldville, on peut se diriger par eau vers les différentes régions fertiles de l'Afrique centrale : par le Congo lui-même, jusqu'aux Stanley-Falls ; par le Kassaî, jusqu'à l'entrée du pays des Balouba ; par le Tchouapa, au cœur du pays des Bolobo; par ieSankourotL, jusqu'aux approches de Nyangoué et du Katanga; par Y Oubangi-Oitellé/jwsqu'siM pays des Niams-Niams, à la porte du Soudan égyptien. Demain, sans doute, l'on reconnaîtra la Bounga, qui conduira au pied des hauts plateaux de l'Adamaoua.
Au commencement de 1886, le total du réseau navigable reconnu s'élevait à 6,000 kilomètres; aujourd'hui, il est de plus de 9,000 kilomètres; dans un an, il atteindra vraisemblablement 12,000 kilomètres.
Voici le détail, par rivières explorées, mis au courant des dernières découvertes (*) :
Réseau navigable du haut Congo,
Kilom.
Haut Congo . .
Kassaï.
Ikatta. . . .
Lac Léopold . .
A reporter.
Report.
Sankourou . .
Lomami . .
Loubi ....
A reporter.
Kilom.
(1' Ces chifnres ont été calculés sur le tracé des dernières cartes dressées d'après les données de MM. Orenfell et von François (décembre 1886).
Report Louloua . .
Léfini . . .
NVémé-Mpaka Alima . . .
Lioona . .
Bounga-Sékoli Lac Matoamba Oubangi . .
Tchouapa
A reporter
Si, maintenant,
KUom.
Report Bossira .
Ikôlemba .
Loulongo .
Lopori Mongalla .
Itimbiri .
ArouhoaJmi Loalami .
Louboudi.
Total
Kilom.
l*on considère que la plupart de ces cours d'eau varient en largeur de 500 à 2,000 et 3,000 mètres; que le Kassaî mesure en certains endroits de 8,000 à 10,000 mètres et le Congo jusqu'à 35,000, ce n'est pas 9,000, mais plus de 18,000 kilomètres de rives qu'il faut envisager.
Or, 18,000 kilomètres, sait-on bien ce que cela représente? •
C'est le développement du littoral de l'Europe depuis le fond de la mer Baltique jusqu'au fond de la mer Noire, c'est-à-dire le littoral occidental de la Russie, ceux de l'Allemagne, du Danemarck, de la Hollande, de la Belgique, de la France, de l Espagne, du Portugal, de l'Italie, de l'Autriche, de la Turquie, de la Grèce, de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Russie méridionale réunis !
Que l'on se représente, maintenant, ce gigantesque développement de rives, serpentant en tous sens à travers un pays grand comme la France, l'Allemagne, l'Autriche- Hongrie, la haute Italie, la Suisse et la Belgique réunies ; relativement salubre ; riche, fertile et peuplé, comme l'ont décrit Stanley, Schweinfiirth, Wissmann, Grenfell, Wolf, Haussons, von François, von Schwerin et les autres... et l'on i^econnaitra que le rendement et la consommation de chacun de ces 18,000 kilomètres devront être bien minimes pour ne pas alimenter, développer et enrichir, dans un avenir rapproché, les 280 kilomètres du chemin de fer projeté entre Matadi et Léopoldville !
Post-scriptum. — Ce chapitre était composé lorsqu'est arrivée la nouvelle que le D"^ Junker avait exploré l'Ouellé-
Makoua, et que Fidentité de cette rivière avec TOubangi ne laissait plus le moindre doute. De plus, l'explorateur croyait â la navigabilité de cet immense cours d'eau, depuis son confluent jusqu'aux chutes de Kissangi, c'est-à-dire sur un parcours d'environ 2,000 kilomètres.
A cette artère principale venait se rattacher tout un réseau dé sous-affluents, sur lesquels les renseignements manquent encore; mais, dès aujourd'hui, l'on peut dire qu'à la suite de l'exploration de Junker, il est possible que le total précédent doive être augmenté, d'ici peu, de 4 ou 5,000 kilomètres nouveaux.
L'Ouellé et ses affluents drainent, paraît-il, un merveilleux pays, fertile, peuplé et riche.
(1; Voir les renseignements publiés par le Mouvement géographique dans les n'» 3 et 4 de 1887.