‹ Le chemin de fer du CongoChapitre 7 sur 27 · DE MATADI A LÉOPOLDVILLE LE LONG DE LA RIVE SID · texte numérisé non relu

DE MATADI A LÉOPOLDVILLE LE LONG DE LA RIVE SID

N quittant Matadi, on arrive à la rivioro Mpozo. C'est un torrent qui pni'alt sans importance à son contîuont avec le Congo, mais, à Tintérieur, c'est une rivière do 3 à 4 mètres de profondeur et d'environ. 70 mètres de largeur. C'est le premier obstacle de la rive gauche.

Après avoir traversé cette rivière, nous avons à gravir le massif de Pallabala. De Mntadi, la route est assez facile. On arrive à une altitude de 600 mètres au-dessus do la mer. A cette hauteur se trouve une communauté prospère établie par la mission baptiste, près des grands villages do Pallabala.

Nous descxindons dans la vallée de la Loufou, vallée assez large, très marécageuse, puis, par une montée as.sez brusque, nous arrivons au Marché deCongo-da Lamba. La caractéristique de la rive sud consiste en ce que les vallées sont beaucoup plus larges et les rivières beaucoup plus considérables que sur la rive nord. Nous arrivons à Banza Manteka, district peuplé par une tribu essentiellement agricole. Là se trouvent deux établissements européens, l'un aux missionnaires, l'autre à l'Association internationale.

Après avoir traversé le Kouilou, rivière très encaissée, le sol se relève graduellement et forme de très beaux ])lateaux. Les grands accidents de terrain au Congo s'élèvent vers l'intérieur par des gradins successifs, dont le premier est généralement élevé de 180 mètres au-dessus du fleuve. Ici, le premier gradin n'a pas plus de 7 ou 8 mètres d'altitude, et c'est ce qui nous a permis de trouver une voie presque plane. Nous n'avons eu guère do travail à faire pour pouvoir y passer.

Nous arrivons ainsi à la station de Loukoungou. La vallée dans laquelle se trouve la station est large de 5 à 7 kilomètres. Elle est très fertile et assez bien peuplée.

En quittant la station, nous voyons se dresser devant nous le massif des monts Ndounga. Ce plateau, le plus élevé du pays, est crevassé par le lit de la Ngakou, petit torrent coulant dans un lit terriblement encaissé près de son embouchure. Il est large de 9 A 11 kilomètres, sillonné de sources, très fertile. Le massif

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est occupé par une série de villages très populeux. C'est ici que nous recrutons généralement les porteurs qui font le service jusqu'à Vivi.

Le pays devient ondulé. Au pied même du Bidi, nous voyons des collines d'argile rouge assez nues et stériles, des vallées envahies par une végétation abondante, de grandes plantations qui nourrissent de nombreux villages. Plus loin se dessine une succession de larges plateaux, où des bouquets d'un vert sombre nous signalent les villages abrita sous les couronnes de safos séculaires.

Nous traversons la Mpioka, rivière assez importante pour offrir un obstacle sérieux à nos transports pendant la saison des pluies. Ce pays subit des transformations continuelles. De tous les côtés, on rencontre des précipices profonds, formés par l'effondrement de parties de montagnes rouges. Ces précipices ont souvent de 50 à 60 mètres de profondeur. Ils sont à pic. De la Mpioka à Vounda, sur 12 à 15 kilomètres de terrain, on côtoie une vingtaine de ces éboulements.

Pe Vounda à Loutété, la route est excellente. On monte par une pçnte douce sur un plateau dont les plantations attestent la fertilité. La route se rapproche du fleuve. Centre très populeux.

De Loutété à Ngoma, la distance est d'environ 20 kilomètres. La route traverse trois vallées : celle de la Vousi, profonde de 45 mètres ; celle de Makwekwe, à pente très douce, et celle de la Moulwas, encaissée de 30 mètres. Le Ngoma, torrent peu important, coule dans une petite dépression du plateau. A partir d'ici, le pays redevient désert.

A partir de Ndounga, nous rencontrons une chose que nous n*avion8 pas encore vue : des marchés importants à jour fixe, où se réunit la population de tous les environs. Ces marchés sont connus à une grande distance. Ce sont des réunions nombreuses, dans lesquelles règne un ordre parfait. Ceci ne vous étonnera plus quand je vous aurai dit que la moindre offense sur un marché est punie de la peine de mort.

Ces marchés se tiennent tous les quatre ou huit jours. Il se 7end là les articles les plus divers, depuis les produits du sol jusqu'aux poterîes d*Europe, qui se transportent dans les régions les plus reculées du Congo.

Nous traversons la Lounzadi, rivière à courant rapide, d'une trentaine de mètres et profonde de l'"50. Devant nous se trouve le district de Mbimbi, sur un massif de 180 à 300 mètres d'altiude. Les villages deviennent de plus en plus rares. De Mbimb À Nsello, sur 15 kilomètres, nous traversons un seul misérable village et une petite rivière.

Nsello se trouve sur l'Inkissi, le plus grand des affluents du Congo dans la région des cataractes. Cette rivière, large d'envi-

roD 100 mètres, profonde de 2 aux basses eaux avec un courant de 3 nœuds, est coupée par des chutei< continuelles. Elle est fortement encaissée(90 mètres environ) entre deux berges très boisées. Enfin, nous traversons la Mpalanga, la I^ufou, deux des nombreuses rivières qui sillonnent le pays, el nous arrivons à la montagne dljombi, haute de 350 mètres et très boisée. C'est la dernière barrière qui nous sépare de Léopoldville.

La partie que Je viens de vous décrire sous le nom de région des cataractes est celle qui se trouve dans le voisinage immédiat da fleuve, celle qui a été le plus délavée, celle qui est donc la plus stérile.

Si nous nous éloignons de quelques milles du fleuve, nous ne trouvons plus de ces roches nues, nous trouvons une terre végétale profonde et fertile dont j*aurai l'occasion peut-être de TOUS exposer les produits. Bien peu de voyageura connaissent cette circonstance, parce que leurs fonctions los uppolant à un poste fixe, ils étaient obligés de traverser le pays en suivant un sentier battu. Mes travaux spéciaux m'ont obligé A m'éloignor do cette voie, et c'est ainsi que j'ai appris à connaître le restant du pays, qui est loin d'off'rir le môme caractère de stérilité que les territoires qui avoisinent le fleuve.

En résumé, les obstacles qui se drossent le long do la rivo sud, entre Matadi et Léopoldville, sont les suivants: le Mpozo; le massif de Pallabala, 600 mètres; la vnllt^o do la Loufou, âX) mètres; le massif rocheux de Congo da Lomba; la Luniongo, la Louima, le Kouilou, la Loukoungou, coulant toutes au fond d'assez larges vallées, profondes d 'environ 300 motros; le massif de Ndounga, 350 mètres ; colui do Mbimbi, 250 à 300; la crevasse de Tlnkissi et le massif d'Iyombi, 350 métros.

J*en viens maintenant à la conclusion :

Aucun de ces obstacles n*est d^ nature à créer une di/pculit' sérieuse. Si même on ne parvient pas à découvrir tme voie meilleure — ce qui est inadmissible, puisque celle-ci est constituée par les sentiers de négoce conduisant d*un village à Vautre — même dans ce cas, V entreprise est très faisable et promet d*étre rémunératrice.

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