‹ Le chemin de fer du CongoChapitre 8 sur 27 · LES DIFFICULTÉS DE LÀ ROUTE · texte numérisé non relu

LES DIFFICULTÉS DE LÀ ROUTE

EL est Je pays que la voie projetée aurait à traverser, dans rhypothèse où elle suivrait la rive sud. Il y a des pentes abruptes à gravir, de larges vallées à franchir.

Nous venons de voir l'avis du jeune et vaillant officier du génie, qui en est à sa sixième année de séjour dans le bas Congo, de celui que Stanley, au début de l'entreprise, appelait son (i bras droit ». Tandis que quelques voyageurs qui ont émis sur le projet de chemin de fer un avis défavorable se contentaient d'aller à Léopoldville et d'en revenir, en hamac, le long du fleuve, par la route ordinaire des caravanes, il parcourait, lui, le pays, des années durant, à pied, en tous sens et en toute saison.

Entre son avis, appuyé sur des connaissance > techniques, et celui des touristes en question, il ne nous paraît pas qu'il y ait à hésiter.

« A notre époque — dit aussi M. l'ingénieur Petit-Bois, qui a commencé l'étude du tracé entre Vivi et Isanghila — et lorsqu'il s'agit de chemins de fer, le mot irréalisahilité est un bien long mot! Peut-être môme n'est-il pas français.

« Connaissez-vous la ligne des Plateaux de Hervé?... Lorsqu'il s'est agi de la construire, a-t-on dit que cela était impossible? Or, les lignes du Congo ne présenteront qu'en bien peu de points des difficultés comparables à celles que l'on a rencontrées entre Vaux-sous-Chèvremont et Bryne, d'une part, entre Battice et Vervîers, d'autre part. »

M. le D' Oscar Lenz a exprimé à peu près la môme opinion dans une lettre adressée à l'Institut de Gotha : « Les difficultés techniques sont naturellement faciles à surmonter ^ mais il faudra une quantité extraordinaire de ponts et viaducs, qui devront être construits en fer et en pierre. »

D'autre part, encore, il y a à noter que l'itinéraire suivi habituellement par les agents de l'État, le long de la rive

sud, entre Maladi et Léopoldville, ne s'écarte guère des bords du fleuve. Comme le fait remarquer M. le lieutenant Valcke, c'est la partie non seulement la plus accidentée, mais aussi la plus stérile et la moins peuplée. Que l'on s'éloigne davantage de la faille, au fond de laquelle roule et mugit le fleuve, que Ton gagne les plateaux situés plus au sud, plus vers la ligne de faîte qui sépare les petits affluents de gauche du Congo, des petits affluents de gauche du Koango, et il est probable que l'on trouvera des vallées moins larges, un terrain plus uni.

C'est, du reste, ce que MM. Hakansson et le docteur von Schwerin ont vérifié dans une exploration de la rivière Inkissi, qui, en quelques étapes, a mené les voyageurs sur les hauts, fertiles et populeux plateaux de la rive sud.

Mais en admettant même que l'expédition technique qui va partir pour aller explorer à fond toute la région ne trouve pas d'itinéraire plus praticable que celui décrit par M. Valcke, faut-il s'eff*rayer des difficultés que l'on rencontrera?

Ce serait faire injure au génie humain, à l'art de l'ingénieur, auquel ce siècle doit tant de constructions grandioses et hardies.

Que sera-ce donc que ce petit chemin de fer de montagne, à peine long comme la section qui relie Bruxelles à Paris, à côté des ponts de Brooklyn et de la Forth?... à côté des merveilles du Gothard et du Transpacifique?

Bien mieux. Il y a dans les régions inlerlropicales de l'Amérique une autre merveille du môme genre, une autre voie de montagne, peu visitée, car les touristes européens au Mexique sont rares : c'est le chemin de fer de Vera-Cruz à Mexico.

En présence de la question qui nous occupe, il n'est pas sans intérêt de nous arrêter un instant sur cette œuvre étonnante et de relire le chapitre que M. Jules Leclercq lui a consacré dans son intéressant Voyage au Mexique,

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