‹ Le chemin de fer du Lac Saint Jean [microforme]Chapitre 34 sur 47 · MT | À · texte numérisé non relu

MT | À

Nous sommes donc iei en présence d'une entreprise qui à bien plutôt un caractère national qu’un caractère de spéculation privée : cela étant admis, on conviendra que cette entreprise doit s'inspirer de certains principes et être conduite d’après une méthode et suivant des vonsidérations d'intérêt général.-=Qu'on porte ses regards sur les origines de chacun des établissements successifs de notre province, on verra que la colonisation, suivant une marche naturelle et logique, a toujours commencé le long des rivières. Dès les premiers temps de notre

histoire, elle s'effectue d’abord le long des rives du

du Lac Saint-Ÿ can SI St-Laurent, et alors qu'il n'y avait pas une âme à vingt milles seulement dans l'intérieur, en arrière de Montréal, la ville de Détroit était fondée, sur la rivière de ce nom, à deux cents lieues plus loin. De nos jours, lorsqu'on eût jeté les bases des premières colonies qui s'étendent au nord du fleuve, en arrière des anciennes paroisses, c'est sur les bords de la Rouge et de la Lièvre que les colons se sont portés en premier lieu. Le choix de Ja route où devra passer une voie ferrée, dans le nord de la provinee, doit être le fruit d’une conception “isonnée, d’un plan réfléchi, basé sur la nature des choses, sur le cours que devra prendre de son côté la colonisation, Or ce cours semble tout indiqué d'avance. Il est celui que suivent les nombreux affluents qui viennent apporter le tribut de leurs eaux, soit au fleuve St-Laurent, soit à Outaouais, soit au St-Maurice. Ces affluents, de diriensions très variables, forment dans leur ensemble Fadmirable système auquel notre pays doit d’être l’un des mieux arrosés de la terre. Traversés par une voie ferrée, ils lui apporteront l'aliment et Ja vie, et Paideront puisamment, avec le concours d’embranchements divers, à distribuer

partout le mouvement et Ie commerce,

Au moyen du chemin de fer, les nouveaux colons communiquent avec ceux qui sont déjà établis le long des cours d’eau. Ces derniers, suivant uñe loi constante et facile à suivre dans le développement de la province,

abandonnent petit à petit leurs établissements pour faire

ee tù

place à d’autres colons, et s'acheminent vers l'intérieur jusqu'à ce qu'ils soient arrivés,en remontant le cours des rivières, près de la voie ferrée où ils s'arrêtent et fondent de nouveaux foyers. Plus tard, les colons qui habitent à proximité du chemin de fer, poussés par le même besoin en quelque sorte fatal d’émigrer au dell, s'enfoncent encore davantage dans lintérieur, jusqu’à ce qu'enfin ils soient rendus aux sources mêmes des rivières. Là, on peut le dire, la colonisation, st elle ne prend pas virtuellement fin, subit du moins un temps d'arrêt qui s'étend À plusieurs générations,

Page 1