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d’un cours d’eau qui, en un si court trajet, fait une descente de trois cents pieds, terminée par une culbute de deux cents, et qui doit être las sans doute aujourd’hui d'exécuter une pareille cabriole, uniquement pour porter les eaux d’un lac à une rivière et pour émerveiller quelques
rares voyageurs !
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A partir de la Rivière-aux-Rats la nature du Saint- Maurice a repris son aspect dur et sévère, adouci ça et là par la présence de quelques prairies et de quelques fermes, mais woffrant en général au regard qu'une lisière étroite de terrain, au pied des montagnes, et quelques pauvres habitations. Mais dès qu’on arrive en vue de La Tuque, qui n’est plus qu’à trois ou quatre milles de distance, la scène devient toute différente. La vallée de la rivière qui s’est élargie, qui à remplacé par des pentes douces, couvertes de vigoureuses forêts, les falaises et les bords hérissés qui accompagnent le Saint-Maurice, dans presque tout son cours, apparaît traversée tout à coup par une haute chaîne de montagnes qui semble fermer toute issue vers le nord. Au dessus de cette gigantesque barrière, se détachant de l’ensemLle des crêtes sourcilleuses ot les dominant de toute la hauteur de son torse, s'élève un haut promontoire auquel sa forme arrondie a donné un nom célèbre...,. nous avons devant nous la fameuse
montagne ‘ La Tuque” et le vaste et splendide panorama qui va se déployer presque sans interruption jusqu’au x rivages lointains du lac Saint-Jean.
Le Saint-Maurice s’est frayé un passage étroit à travers la chaîne de montagnes. En atteignant le pied du promontoire, il se resserre et s’engouffre dans un couloir qui n’a guère plus de cent pieds de largeur et est coupé dans le roc vif. Ses eaux ainsi comprimées se hérissent de colère et, pour se débarrasser des entraves que la nature leur oppose, elles se précipitent avec fureur d’un escarpement de quarante pieds de haut, et forment dans leur chute la première cascade de la Tuque. Ecumeuses, bondissantes, elles continuent leur course, elles glissent comme des flots d’éclairs sur un plan qui sans cesse s'incline, et, après une série de cascades et de rapides d'environ un mille de longueur, elles vont s’abattre, épuisées et domptées, dans une large et paisible baie, aux bords souriants et doux, qui ne rendent même pas un écho du tonnerre roulant de la chute.
C’est sur le rivage de cette baie qu'était autrefois le poste très important de La Tuque, établi pour les besoins du commerce de bois, et qu’est aujourd’hui la mission
qui renferme environ une cinquantaine d’âmes.
La baie est un des endroits les plus poissonneux du Saint-Maurice, et la chute est un des plus puissants pouvoirs hydrauliques de la province.
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