‹ Le Chemin de fer du Pacifique [microforme]Chapitre 11 sur 20 · MOUS · texte numérisé non relu

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Lorsque je m’opposai à la construction de la ligne jusqu’au Sault, c'était à une époque où il n’y avait aucune ligne en construction depuis la baie du Tonnerre jusqu’à la rivière Rouge; mais le gouvernement s'étant engagé à construire cette ligne, il est de notre devoir de chercher les moyens par lesquels nous pourrons la rendre fructueuse. Quels sont ces moyens ? Je me suis convaincu que le chemin, avec son nivel-

lement facile et le bas prix auquel il pourra transporter les produits du Nord-Ouest, ne saurait avoir de compétiteurs.

Quel serait le résultut du prolongement de ce chemin du lac Nipissing au Sault Sainte-Marie? [La distance de Montréal à Winnipeg, vid Chicago, est de 1,741 milles. Mais, en supposant qu’un chemin serait construit jusqu’au Sault, et qu’on le se-‘derait à Saint-Paul au moyen d'une ligne sur la rive sud du lac Supérieur, la distance, par tatte rouie, serait de 1,563 milles. La ligne la plus courte que l’on pourrait cons- De

Montréal à Nipissing, et de là à la baie du Tonnerre et jusqu’à Winnipeg, la distance serait de 1,358 milles, taudis qu’elle serait seulement de 1,288 milles par le Sault Sainte-Marie, et une communication yar

eau de la baie Goulais à la baie du Tonnerre.

Je crois que la nature de notre chemin et le bon marché auquel

nous pouvons desservir le trafic du Nord-Ouest font qu’il n’y a aucune

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route par Duluth ou Saint-Paul qui puisse lutter avec nous. Aussi, je ois avec plaisir qu’il pst =robable que le chemin du Canada Central sera poussé jusqu'au Sault, de façon que notre grand Nord-Ouest ne oit plus qu’à 60 heures de Montréal, et soil approché de 100 milles de Moronto, ei cela à une date qui n’est pas éloignée. Ceux qui ont étudié

a convoi. construction du chemin de fer Union du Pacifique et qui se sont Bendu compte des énormes difficultés à surmonter, doivent admettre

Œue notre tâche n’est pas gigantesque.

Il a fallu, là, traverser une égion aride comparativement à la nôtre, qui est relativement un jardin. Bur un parcours de plus de 1,000 milles, il leur a fallu gravir des lévations de 4,500 pieds au-dessus du niveau de la mer, tandis que les basses qui nous permettent de traverser les Montagnes Rocheuses ont hoins de 4,000. Il leur fallait traverser un pays où la neige tombe isqu’à une hauteur de 30 pieds, et où il a fallu bâtir des abris sur un

parcours de 40 milles afin d'empêcher les trains d’être ensevelis sous la neige. Il leur fallait traverser un pays où le nivellement était plus difficile qu'ici. Et, cependant, le chemin a été construit au milieu de luttes parlementaires, tout comme cela se fait ici. Mais le chemin, une fois construit, fit taire l'opposition. Aussi, si dans un pays qui, d'après une haute autorité américaine, embrasse les trois quarts d+ la zône de blé sur le continent américain, si, avec cet avantage et nos autres ava:tages, nous hésitions à remplir notre devoir envers je pays, nous serions indignes de la position que nous occupons soit comme hommes d'Etat ou comme patriotes.

Personne ne saurait jeter un coup d'œil sur le Canada sans comprendre qne notre grand territoire du Nord Ouest est le district qui doit servir de base à notre force et à notre développement. Si les plus anciens Etats de l’Union américaine s'appuient sur leur grand Nord- Ouest, dont la population croissante ajoute des centaines de mille et des millions à leur force numérique, nous devons nous attendre nonseulernent à obtenir un revenu de douane additionnel par suite de l'accroissement de la population daus ce territoire, mais nous devons regarder cette région de l'Ouest comme un débouché pour les industries manufacturières des plus anciennes parties du Canada.

Quiconque connait bien ce pays sait que nous avons épuisé, jusqu’à un certain point, ses moyens de produire le blé ; mais avec la politique nationale que le Canada a adoptée, nous devons nous occuper nonseulement de fonder des centres d'industrie sur toute cette partie du pays, mais nous devons obtenir un marché pour ces industries lorsqu’elles auront été établies. Et je vous demande s’il exi°te un plus grand marché que ce magnifique grenier du Nord-Ouest, qui, lorsqu'il sera habité par une population nombreuse et prospère, viendra chercher dans Ontario, Québec, la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau Brunswick les produits manufacturiers que nous pourrons lui fournir pendant tant d'années.

Je regrette que les honorables députés de la gauche fassent de cette

uestion une question arti. S'il est ur nt où 1estion estion de parti. S'il est un moment où le gouvernement

avait le droit de demander aux honorables membres de la gauche un appui cordial et unanime, c’est bien lorsqu'il s'efforce de remplir les

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engagements pris par cette dernière au nom du pays. Lorsqu'elle proposa son projet, je crus qu’ellk faisait une chose imprudente et dangereuse; mais l'amélioration des temps, les changements survenus dans le pays et le développement du Nord-Ouest ont changé la position.

Les yeux d’une grande partie du monde civilisé sont dirigés, en ce moment, sur le grand Nord-Ouest du Canada, et des centaines de milliers de personnes, en differents pays étrangers et dans tout l'empire britannique, s'occupent de savoir s'ils vont se transplanter au Canada

avec leurs capitau et leur industrie dans le but de rendre ce pays grand et prospère.

Dans ces circonstances, les honorables membres de la gauche manquent de sagesse et de natriotisme en faisant de cette question une affaire de parti Cela n’était aucunement nécessaire. Je reconnais

| parfaitement l'avantage d’avoir deux grands partis politiques luttant

lun contre l’autre, non pas sur le terrain méprisable d’une ambition personnelle ou de parti, mais sur une grande question nationale, au sujet de laquelle une ligne de démarcation bien distincte aurait été établie, qui leur permettrait d'engager la bataille pour faire triompher Nous pouvons trouver une question de ce genre dans la politique nationale, sans mêler à nos luttes le chemin de fer du Pacifique. Si nous sommes renversés sur cette mesure, les honorables membres de la gauche devront prendre notre place indépendamment de la politique du chemin de fer du Pacifique. Ayant une ligne de démarcation, unissons-nous comme des frères sur cette grande question nationale du chemin de fer du Pacifique, sans égards aux intérêts de partis, démontran! que nous ne sommes pas libéraux ou conservateurs, mais que nous sommes Canadiens, et que dans toute notre Conduite, que nous siégions à gauche ou à droite de la Chambre, nous sentons que nous devons, au Canada, à nous-mêmes et à nos enfants d'appuyer ceux qui ont la responsabilité d’une grande entre-

| prise nationale, du succès de laquelle dépendent la prospérité et l'avenir n de notre commune patrie.

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