DISCOURS DE L'HON. H. L. LANGEVIN, C, B
M. LANGEVIN : Lorsqu'il y a huit onu neuf ans, cette question du chemin de fer du Pacifique fut soumise à la Chambre, elle nous apparut à tous comme l’une des plus importantes, des plus considé. rables questions dont la Chambre pût jamais avoir à se préoccuper. Cette question u’a rien perdu du poids ou de l'intérêt qu’elle avait à l'époque. Au contraire, d'année en année, le pays a attaché une
importance toujours croissante à cette grande entreprise. Ge soir même,k la question acquiert un intérêt plus grand encore du fait que l’honorablek
député de Durham-Ouest propose de différer la construction d’une des plus importantes sections de la ligne. Je devrais dire que la question du chemin de fer du Pacifique disparaît devant cette autre question beaucoup plus considérable : ‘“ Continuerons-nous à maintenir notre grande Confédération dans son intégrité ?” Le fait est que la proposition de l'honorable député de Durham-Ouest, faite, je suppose, au nom de la gauche, n’est rien moins qu’une répudiation. Quand la Colombie britannique envoya ses délegués pour régler, avec le gouvernement du Canada, les conditions de son entrée dans la Confédération, une des conditions était que nous construirions le chemin de fer du Pacifique. Le gouvernement Au Canada souscrivit à cette condition. Elle fut soumise à ce parlement, qui lui accorda sa sanction. Les honorables membres de la gauche ont pu avoir des opinions adverses relativement à l'opportunité de s'engager, à cette époque, dans une aussi grande entreprise; mais l’acte du parlement fut adopté et devint la loi du pays, et il ne restait plus aux membres de la gauche, comme à ceux de la droite, qu’à s’incliner en se soumettant à la loi.
Quand l’administration de 1873 sortit de charge et que celle des honorables messieurs de la gauche arriva au pouvoir, elle ne répudia pas cette clause de la Confédération ou de l'union de la Colombie britannique avec le Canada. Ces honorables messieurs se mirent en
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devoir d'exécuter cette grande entreprise, et la seule différence d'opinion que nous pûmes constater entre les membres de l'administration et leurs partisans, se manifesta lorsque la question du chemin de fer d'Esquimalt et de Nanaïmo fut proposée à la Chambre. Alors, l’honorable député de Durham-Ouest, se séparant de son parti, vota avec quelques amis contre la mesure, et le gouvernement du jour n’eut pas assez de détermination ou d'influence pour faire adopter la mesure par la Chambre Haute. Si le gouvernement eût seulement exprimé le désir de voir adopter le bill, malgré le vote contraire de l'honorable député de Durham-Ouest, le bill serait devenu loi. Mais une influence agissait derrière le trône—influence qui existe peut-être encore derrière le chef de l’opposition. Cette influence était plus forte que le gouvernement, et la loi décrétant la construction de la ligne entre Esquimalt et Nanaïmo fut rejetée. Malgré ce rejet, de 1874 à 1878, le gouvernement continua les travaux de construction de la ligne. Il en entreprit une section partant de la baie du Tonnerre et se dirigeaut vers l’ouest, et une autre section plus éloignée, en !aissant un intervalle de 185 milles entre celle-ci et la première.