‹ Le Chemin de fer du Pacifique [microforme]Chapitre 16 sur 20 · WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

WEBSTER, N.Y

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qu'il se scumeitra à un mal, pourvu qu'on le laisse régler les destinées d’une union qu’il condamne si violemment ? Revenir à 1871 serait abandonner la Colombie britannique et l'Ile du Prince-Edouard et défranchiser Manitoba et le Nord-Ouest. Ses efforts calculés pour semer la discorde entre elles sembleraient l'indiquer ; mais ilest impossible de mesurer la profondeur et la hauteur des argumen,, de l’honerable monsieur. Comme il l'a dit à Aurora, il est toujours mal à l'aise et soupire après un royaurne de chimères dont tout homme autre qu’un sotige creux politique connaît le vide et l'impossibilité. Ses sombres élucubrations ont trouvé un certain écho lorsque notre pays était accablé par les désastres que nous avons traversés il a trois ou quatre ans, alors que les plus braves retenaient leur respiration au fort de la ‘tourmente financière; mais aujourd'hui, l’honorable monsieur a Pair d’un homme né dans un autre siècle. L’espérance et, avec elle, l'esprit d'entreprise viennent de renaître, et les instincts d’une nation jeune et pieine d'énergie ne s'accordent aucunement avec les doctrines que l'on prèche dans l’empire des ombres.

L'honorable député de Lambton (M. Mackenzie) vient de nous dire qu'en arrivant au pouvair, il constata que les négociations de sir Hugh Allan et de ses ca-directeurs en vue d'obtenir les moyens de construire le chemin de fer du Pacifique aux termes d’une charte dont ils étaivut porteurs, avaient complètement échoué, mais que son cabinet reconnaissait qu’ils étaient les représentants de l'administration antérieure et du peuple, en ce qui regardait les conventions relatives à la construction de la ligne.

Or, son gouvernement, qui n’était entravé par aucune loi relativement à la construction de la ligne, se décida à entreprendre cette construction lui-même. Mon hônorable ami ne cesse de répéter. ici et ailleurs, que les résolutions qu’il proposa, er 1874, relative ment au chemin de fer du Pacifique, furent adoptées sans aucune modification, ou, comme il ra dit en une certaine occasion, sans qu’on y changeât un point sur un “i” ou une barre à un ‘“t,”

L’honorable monsieur était alors soutenu par une majorité énorme qui ne raisonnait point, souffrait tout et se bornait à un rôle de machine. Ces résolutions de l'honorable monsieur furent adoptées à une neure avancée,

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A trois heures du matin, le débat fut brusquement étoufé, et il y a actuellement dans cette Chambre des représentants qui savent parfaitement que, si l'honorable monsieur dit qu'il n’y fut point fait d'amendement, c'estque sa mémoire le trompe ou qu’il dit volontairement ce qu'il sait n'être point exact. Si l'honorable monsieur veut bien consulter les procès-verbaux de ce jour—je les ai ici—il y verra que trois amendements furent proposés, l’un par l'honorable député de Frontenac et deux par l'honorable député de Vancouver. Ils furent rejetés naturellement par la forte majorité qui soutenait l'honorable monsieur et se montrait toujours prête à subir ses ordres. Dans le cours de la session suivante, au commencement de 1875, l'honorable monsieur déposa sur le bureau de la Chambre deux contrats du chemin de fer lu Pacifique : l’un pour la section No. 13, pour niveler et construire les ponts sur la ligne alors projetée entre le lot de ville de Fort William jusqu'à Shebandowan, à l'ouest, pour $406,904, longueur de 45 milles; l’autre pour la section 14, de Selkirk, sur la rivière Ronge, jusqu’au lac Travers, soixante-dix-sept milles, pour $8402,950. Durant l'été de 1876, il adjugea le contrat No. 25 pour la section 25, de Sunshine Creek, où aboutissait la section No. 13, jusqu'à la rivière des Anglais, 80 milles, et pour le ballastage et la pose des lisses depuis Fort William jusqu'à la rivière des Anglais, 1124 milles, à raison dé $1,037,061 ; et en janvier 1877, pour la section No. 15, du lac Travers à Keewatin, 384 milles, y compris le ballastage et la pose de la voie des sections No. 14 et No. 15, pour $1,594,486. En demandant à la Chambre de sanctionner les contrats pour les sections 13 et 14, il demanda aussi l'autorisation d’adjuger la section 15, du lac Travers à Keewatin, et un: discussion s’éleva entre l'honorable monsieur (M. Mackenzie) et l'honorable ministre actuel des chemins de fer (sir Charles Tupper\, qui dit entre autres choses : ‘* [a déclaration faite par l'honorable premier ministre (M. Mac. kenzie) fournit n1 exemple des mieux applicables et des plus frappants

de l’imprudence que l’on commet en adjugeant des contrats avant d'avoir fait faire des études qui mettent les entrepreneurs à même de

| juger de la quantité d'ouvrage qu’ils auront à exécuter.”

Ce à quoi M. Mackenzie répondit :

‘ Il a été fait une étude fort minutieuse de cotte section. On ne saurait faire une étude plus soigrée, un examen plus minutieux que

les travaux de ce genre exécutés sur ces trente-sept milles. Jamais

étude pareille n’a été faite sur l’Intercolonial”

L'honorable monsieur (M. Mackenzie) fait aujourd'hui l’aveu fort maladroit qu’il a adjugé les contrats d’après les études faites par les ordres de ses prédécesseurs, mais il sait parfaitement que la ligne ile Kaministiquia n'avait pas été choisie de préférence à celle de Nepigon, avant son arrivée au pouvoir, et, par conséquent, il n’y a pas eu d'étude minut:euse faite avant l'époque où il adopta un tracé. Le lot de ville de Fort William n’était pas alors en question pour fixer le terminus. M. Fleming a déclaré, dans sa déposition devant un comité d'enquête sur l’adjudication des contrats, que quand la ligne de Fort William à Shebandowan a été adjugée, on ne savait pas où elle aboutissait ; et, de fait, elle n'&boutit aucunement à Shebandowan, et les dépositions données devant un comité dont l'honorable monsieur était membre ont démontré qu’il était impossible de tracer une ligne praticable jusqu’à Shebandowan. |

Si M. Fleming a été partie à l’adjudication des contrats, il n’agissait, après tout, que suivant les instructions de lhonorable monsieur ; et je dirai, à ce propos, que je n’ai jamais rien entendu, dans cette Chambre, de plus injuste et de moins généreux que l'attaque dirigée aujourd’hui par l'honorable monsieur contre l'ingénieur en chef, dans le fol espoir de se mettre lui-même à l'abri. Cette attaque est une preuve palpable que les contrats ont été adjugés sans la moindre connaissance de la ligne ; qu'ils ont été adjugés sur des bordereaux indiquant les quantités spécifiques au h2sari, sans aucune connaissance de la nature du terrain et qui ont été dressés ici, à Ottawa; qu'aucune étude, pas même une étude préliminaire, n'avait été faite sur la section 14; que la section 13 a été adjugée alors que les ingé:'irurs ne savaient même pas quelle direction prendrait la ligne; que l'étude élaborée et complète de la section 15 était simplement une ligne tirée à l'œil, avec l’aide de la

boussole, par M. Carre, qui déclare qu'aucun homme vivant—d’après les données aïnsi fournies, les seules sur lesquelles les quantités sont basées—ne pouvait donner une idée de ce que coûteraient les travaux.

M. Fleming dit que la section 13 n’a pas été complètement étudiée avant l’adjudication ; que “ les travaux d'exploration ont été faits à la

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hâte,” et qu'il représenta au ministre que les quantités indiquées

‘ n'étaient aucunement exactes relativement au coût final des travaux,

mais n'étaient qu’un moyen de comparer les soumissions. Lorsque la section fut adjugée, ‘ nous ne savions pas, dit-il, où elle aboutirait.” 1 nous informe, en un mot, aue tous ces travaux préliminaires avaient été faits à la hâte, ici, à Ottawa, sur une esquisse grossière fournie par ingénieur en charge. Les hommes engagés par les entrepreneurs pour travailler sur la section 13 dûrent rester oisifs pendant le temps nécessaire aux ingénieurs pour tracer la ligne, et les entrepreneurs ont été payés par le gouvernement pour le temps ainsi perdu. Sur la section (4, les ingénieurs arrivèrent, pour faire les études, en même temps que les entrepreneurs qui venaient pour commencer :es travaux. Nous avons vu que, sur la section 15, les études se réduisirent à tracer une ligne d'essai, et on a découvert que les études, sur la section 15, n’élaient pas mieux faites pour l’adjudication des contrats.

De tout cela il est résulté que, dans certain cas, les quantités ont été énormément exagérées, et que, dans d’autres, il y a eu des réductions qui prêtent à commentaire ; que, dans tous les cas, les quatre sections qui, d’après les déclarations solennelles de l'honorable monsieur, devaient coûter 824,500 par mille, ou la moitié de ce qu'a coûté l’International, coûteront $40,000 par mille ; que cette augmentation a eu lieu sous l'administration de l'honorable monsieur, et qu'il en avait ou devait en avoir connaissance lorsqu'il a répété sa déclaration relativement au montant des frais de construction ; il devait savoir aussi que M. Fleming ne l'avait aucunement autorisé à faire cette déclaration en face de montants problématiques des contrats.

Les observations que je viens de faire s'appliquent directement aux sections 13, 14 et 15. Quant à la section 15, l'honorable monsieur a prétendu que des études élaborées et .complètes avaient été faites ;

| mais l'honorable monsieur avait ou aurait dû avoir des preuves que | ces études ont été faites, avant de faire à la Chambre les déclarations | que nous avons entendues en 1875. Où sont les documents? Nous

avons vu que rien ne peut être plu: fallacieux. L’honorable député de Lambton, qui était alors ministre responsable, a pris des engagements importants qui obligent le pays à adopter les termini du Fort William

et de Selkirk, termini dont l’un implique une spéculation flagrante, ei l’autre une errerr coûteuse, pour le moins, qui a coûté au pays, d’après ce que nous dit M. Carre, ingénieur de division, une somme de $360,000, uniquement parce que le tracé n'avait pas été fait et que les contrats ont été adjugés à la hâte, sur des quantités imaginaires.

Toute personne qui connait l'honorable monsieur ne pourra supposer un seul instant qu’il ne le croyait pas entièrement responsable de ces adjudications, et qu'il ne savait pas ou ne devait pas savoir parfaitement où en étaient les explorations sur une ligne qu’il avait fixée lui. même, L'hororable monsieur perd son temps à attaquer son ingénieur en chef pour des erreurs, ou quelque faute plus grave, dont le pays a

bien r£ison de le tenir seul responsable.

Sur la section No. 13, adjugée moyennant 8406,994, on n'a fait qu'une partie des travaux, mais les frais de construction de toute la ligne ont êté de beaucoup augmentés. La section 14 fut adjugée pour $402,950, et les travaux exécutés ont coûté $722,264.

La section 25 avait été adjugée pour 81,037,061 ; les travaux qu’on y a exécutés en vertu du contrat ont coûté $1,384,639.

La section 15 à été adjugée pour $81,594,085 ; jusqu'au ler janvier 1879, on évalue que les travaux ont coûté $2,525,000.

Dans tous les cas, certaines quantités indiquées sur les contrats ont été considérablement augmentées. Sur la sectiôn 15, par exemple, les excavations dans la terre, à 33 centins la verge, ont été portées de 1,000,000 à 1,950,000 verges cubes.

Sur la section 15, la quantité ds mêmes excavations, à 37 centins la verge, a été portée de 80,000 verg ?s à 1,657,000 verges, et on prétend qu'il y aura encore un: augmentation de 1,300,000 verges.

Dans tous les cas, il y a eu un changement radical dans l'exécution des travaux sur la section 15: on a supprimé des travaux de charpente pour y substituer le roc et la terre. Cette substitution eut lieu dans l'été de 1878.

On a essayé de faire croire au comité que ce changement r'a pas eu lieu lors du retour de M. Rowan à Ottawa à cette époque; mais les

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dépositions, devant les comités du Sénat et de la Chambre des Com munes, prouvent le contraire.

Pour la section No. 15, on avait préparé et annoncé trois séries différentes de soumissions. L'annonce finale était pour le mois de septembre 1876. Le plan consistait à remplir les vides avec des charpentes en treillis et de ne faire d’autres terrassements que ceux qui seraient nécessaires pour mettre les rocs à nu. Chose étrange, cette clause exigerait l'emploi, sur la ligne, de quinze milles environ de bois de construction que la région ne fournit pas.

Quand les contrats furent adjugés, et même dès que les soumissions furent demandées par avis publics, monsieur Fleming s’absenta du Canada. Monsieur Marcus Smith, ingénieur en chef intérimaire, était dans l’Ouest et télégraphia de Winnipeg à l'honorable député de Lambton, après l’ouverture des soumissions, d'attendre son retour si le contrat No. 15 n’était pas adiugé. Mais cela ne cadrait point avec les vues de l'honorable monsieur.

Les soumissions furent reçues—il y en avait vingt et une—et celle de MM. A. P. Macdonald et Cie., pour $81,443,175, était la plus basse. On leur donna avis de commencer les travaux, et ils prirent des arrangements pour exécuter le contrat et fournir des cautions. Mais pendant qu'ils prenaient leurs dispositions, ils apprirent qu’on avait accordé à l'entrepreneur de la section 14, deux ans de plus pour exécuter son conrat. La pose des lisses sur cette section était incluse dans ce contrat, dont l’exécution complète était nécessaire pour permettre à MM. Macdonald et Cie. de faire venir leurs matériaux et provisions pour la section 15. Les entrepreneurs de la section 14 étaient MM. Sifton, Ward et Cie., chauds partisans de l'honorable monsieur, et 1l y a de bonnes raisons de croire que le délai était déjà accordé quand on constata que la soumission de MM. A. P. Macdonald et Cie. était la plus

acceptable.

M. MACKENZIE : Pas du tout.

M. PLUMB : Je n'accepte aucunement le ‘ pas du tout” de l’hono-

rable monsieur, car je crois que je pourrais facilement prouver ce que à'avance.

M. MACKENZIE : Eh ! bien, faites votre preuve.

t Cie. acceptèrent le contrat Sifton, Ward [ls écrivirent

M. PLUMB: MM. À, P. Macdonald e e gouvernement exigerait que

étant sous l'impression que | vaux à l'époque spécifiée.

et Cie. terminassent leurs ra au département, l'informant de ce qu’ils avaient appris et lui rappelant ls ils avaient fait soumission étaient basés sur la outrat de Sifton, Ward et Cie. serait exécuté à temps acdonald et Cie. de poser la voie, sur la section 14, au mois d'août 1877. Ils terminaient en demandant si ce délai avait été accordé et en disant: “ [i serait imprudent de notre part de. passer le contrat sans avoir les avantages que les devis et formes de sourmissions uous ont fait espérer et sur lesquels nous avons basé nos calculs.” Or, quelle fut la réponse à cette juste demande ? [lne faut pas oublier que la maison A. P. Macdonald est parfaitement responsable et que

dans son intérêt particulier ou dans l'intérêt public, e donna aucune

elle. Mais le gouvernement n M, Braun invite, sur un ton bref, ces mes- MM. A. P. Macdonald et Cie. répon-

que les prix auxque supposition que le C pour permettre à M

toute personne, doit tenir à négocier avec explication satisfaisante.

sieurs à exécuter leur contrat. dirent :

& Montréal, le 16 octobre 1876.

courarit, nous

pouse à votre communication du | 4 s ne pouvons passer contrai

5 du chemin canadieu du Pacifique, pour les

ées dans notre lettre du 13 courant.

ent de signer le dit contra,

blics juge à pro-

nous serons heureux de conclure.

& MonsiEur,—En ré avons l'honneur de vous informer que noû pour les sections 14 et |

raisous EXPOS & Nous refusons donc respectueusem en ajoutant que si l'honorable miuistre des travaux pu

pos de modifier sa décision, “ Nous avons l'honneur d’être, “ Monsieur, & Vos obéissants serviteurs, « A, P. MAGDONALD;, « RoBerT KANE.

« À M. F. Braun, secrétaire, « Département des t'avaux publics,

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Ps.

DONALDs ANE.

Martin, Charlton. et Cie. étaient ensuite les plus bas sourmrissionuaires ; le montant de leur soumission était de $1,540,000, près de $100,000 de plus que la soumission de MM. A. P. Macdonald et Gie., dont la soumission venait d’être écartée. Le contrat leur fut adjugé. Le négociateur semble avoir été M. Charlton, qui, pendant plusieurs semaines, s'occupa de fournir diverses garanties pour l'exécution du contrat. On peut dire que son objet principal était d'obtenir du délai. Pendant qu'il échange une correspondance active avec l'honorable député de Lambton, un nouvel acteur apparaît sur la scène; ce n’est rieu moins que M. Joseph Whitehead, dont voici, a eætenso, une lettre fort caractéristique dressée à l'honorable député de Lambton :

‘ Ottawa, le 28 novembre 1876.

‘ CHER MONSIEUR,—(Cest l'impression générale, au dehors, que vous allez adjuger le contrat de la section 15 à Charlton et Cie., qui vont le transférer à des Américains de New-York, et l’on croit qu’en agissant ainsi, vous allez faire uue grave erreur, car chacun sait que Charlton n’a jamais eu l'intention de lever une seule motte de terre sur la section No. 15; il veut seulement réaliser quelqu’argent, comme il a fait sur le canal Grenville, lorsqu'il a vendu son contrat à MM. Cooke et Jones qui lui ont payé six mille dollars.

‘ Maintenant, si vous adjugez le contrat de la section No. 15 à MM. Sutton et Thompson, je garantis que le nivellement, la pose de la voie et le ballastage seront exécutés au complet et que l2 locomotive circulera, sur la section 15, vers la moitié d'août prochain. Je garantis, en outre, que la section 15 sera complètement terminée vers l'automne de 1878, et pour chaque jour de retard, s’il y en a, d'après chacune des deux dates sus-mentionnées, vous aurez les meilleures garanties que le gouvernement recevra cinq cents piastres, et c’est là le seul moyen de mettre de la vie dans cette entreprise du chemin de fer du Pacifique, où il n’y en a pas encore eu.

‘“ J'espère que vous excuserez la liberté que je prends de vous écrire ce billet; je n’ai d'autre objet en vue que de vous faire connaitre l'opinion au dehors, et vous devez admettre que la soumission de Sutton et Thompson n'est pas extravagante. De mon côté, je suis parfaitement sûr que ce que je vous ai dit sera fait.

‘“ Je demeure, ‘ Votre obéissant serviteur, ‘Joseph WHITEHEAD,

‘{ A l'honorable ALEXANDER MACKENZIE.”

jt]

MM. Sutton et Thompson, de Bradford, Ontario, recommandés par M. Whitehead, venaient ensuite sur la liste des soumissionnaires. Leut soumission était de $1,594,085, ou, comme le dit M. Mackenzie dans un mémoire dont je donnerai lecture, $1,594,155, soil une bagatelle de $150.980 de plus que MM. Macdonald et compagnie. Peu de temps après la date de la lettre de M. Whitehead, le tardif M. Charlton semble découragé. Voici ce qu’il écrit :

& Jai eu tant de malheureuses difficultés à me procurer, pour une aussi forte somme, des cautions satisfaisantes pour le gouvernement, et je suis tellement fatigué et découragé de la position dans laquelle je me trouve par suite du mauvais état de ma santé, que je me vois, avec rrand regret, obligé de renoncer à une si importante entreprise, d'autant plus que tous les hommes d'expérience dont j'ai demandé lavis, assurent à mes associés et à moi-même que l'on ne peut exécuter les travaux d'une manière satisfaisante pour le prix que j'ai demandé.

« Je prie donc l'honorable ministre des travaux publics de m'autoriser à retirer ma soumission et de renvoyer à M. Beard, de Brooklyn, qui se proposait de prendre part à l'entreprise, le dépôt qu’il a fait. Je demanderai aussi qu'un me renvoie les papiers que j'ai déposés pour former la balance de la garantie.”

Enfin, dans un dernier accès de désespoir, il envoie le télégramme que voici :

& COMPAGNIE DE TELEGRAPHE DE MONTRÉAL, “ Le 27 décembre 1876.

& (Par télégraphe de Montréal.) “ K, BRAUN, “ Département des travaux publics.

& Des dissensions intérieures venant s'ajouter à une pression extraordinaire du dehors, ne me laissent pas d'autre alternative que de retirer ma soumission.

‘ (Signé) E. J. CHARLTON.”

M, Martin semblait ignorer alors le dilemme dans lequel M. Charl:

tou se trouvait placé et les conséquences qui en étaient résultées. Mais eu apprenant que M. Charlton n'avait pas fourni les cautions requises,

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