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1, Charl:
S. Mais
requises;
il écrivit la lettre suivante, deux jours après le télégramme si triste mais si expressif que je viens de lire :
‘ Ottawa, le 29 décembre 1876.
In Re section 15, chemin de fer canadien du Pacifique.
“ MowsIEUR,—dJe viens d'apprendre, avec grande surprise, par les officiers de votre département, que E. J. Charlton a retiré notre soumission commune pour la construction de la section 15 du chemin de fer canadien du Pacifique. Il a fait cette démarche à mon insu et sans mon consentement.
‘: Je suis prêt à déposer le montant exigé par le gouvernement et à exécuter Îles travaux que la dite soumission mentionne ou implique.
‘ J'offre maintenant de me conformer à toutes les conditions du gouvernement, telles qu'indiquées dans les annonces demandant des soumissions pour la dite entreprise, et, dans notre soumission commune, je protestais d’ailleurs contre tous les actes pouvant m’enlever le dit contrat.
‘ Dans l'espoir que justice me sera rendue,
‘ Je demeure, monsieur, ‘“ Votre bien respectueux serviteur,
‘« (Signé) PATRICK MARTIN.
‘ À l'honorable ministre des travaux publics du Canada, Ottiwa.”
On ne semble pas avoir fait de réponse à la protestation de monsieur Martin. On remarquera aussi que l'ingénieux monsieur Charlton semble être fort répandu dans le monde, parce que le 28 décembre, MM. Baird et Cie., de New-York, écrivaient au département qu’il les avait traités d’une manière honteuse ; qu’ils étaient allés à Montréal pour le voir, étaient restés là trois jours et n'avaient pu le trouver. Ils demandaient l'autorisation de faire un dépôt et de prendre le contrat aux termes de la soumission de Charlton.
La soumission la plus basse ensuite était celle de messieurs Suiton et Thompson, que M. Whitehead recommandait fortement d'accepter ;
un mémoire, signé par M. Mackenzie, recommande, dans les termes suivants, que leur soumission soit acceptée :
‘ 30 décembre 1876.
(Memorandum.)
‘ Le soussigné fait rapport que des soumissions ayant été demandées pour la construction de la section No. 15 du chemin de fer canae dien du Pacifique, il en a été reçu vingt-une, au prix des cédules, et dont les monrants complets varient de $81,443,175 à $2,950,000.
‘“ Que les compagnies dont les soumissions sont successivement les
plus basses, messieurs Macdonald et Kane et messieurs Martin et Charlton, ne peuvent fournir ies cautions nécessaires,
‘ Que la troisième soumission, dans l’erdre des montants, est celle de messieurs Sutton et Thompson, de Brantford, pour $1,594,155 (un million cing cent quaire-vingt-quatorze mille cent cinquante-cinq piastres).
‘ Que cette maison est prête à faire le dépôt nécessaire de cinq pour cent, en numéraire, et se propose de s’adjoindre M. Joseph Whitehead, entrepreneur, de Clinton, Oatario.
‘“ Le soussigné recommande donc que la soumission de messieurs Sutton et Thompson soit adoptée et qu’iis soient autorisés à s’adjoindre monsieur Whitehead, comme ils le proposent.
‘ Respectueusement soumis.
A. MACKENZIE, ‘ Ministre des travaux publics.”
« (Signé,)
On voit donc que le lendemain du jour où Martin offrait la garantie, et trois jours après que monsieur Charlton se retirait en termes si émouvants, le contrat fut adjugé à messieurs Sutton et Thompson, et, chose étrange ! le désintéressé monsieur Whitehead consentait à mettre un peu plus de vie dans l’entreprise du chemin de fer du Pacifique en devenant d’abord l'associé uominal de la compagnie, puis en prenant, plus tard, tout le contrat lui-même.
On observera aussi que, dans le mémoire que je viens de lire, monsieur Mackenzie, rour motiver l’adjudication du contrat à Sutton et Thompson, déclare que A. P. Macdonald et Gie., et Martin et Charlton n'avaient pu fournir les garantics nécessaires. Qua” \ A. P. Macdonald
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et Oin,, nous savons qu'ils étaient indubitablement à même de fournir la garantie, mais on les a écartés d’une autre manière.
Cette assertion n’était pas plus vraie pour Martin et Charlton; car Martin, dans la lettre que je viens de lire, offre formellement de fournir ample garantie et proteste parce qu’on veut lui enlever le contrat. Tout entrepreneur a le droit de faire le marché le plus avantageux qu’il peut, et mon intention n’est point d'accuser M. Whitehead ou de dire quoi que ce soit contre lui. Dans la soumission de MM. Sutton et Thompson, le prix du bois de service était si faible et la quantité si énorme qu'il eût été absolument impossible de le livrer. On n’en trouvait pas dans la région, et je prétends que l'honorable ministre des travaux publics, en faisant un changement radical daus la construction de cette section, changement qu’il semble avoir décidé immédiatement avant üde demander des soumissions et en l'absence de ses deux principaux ingénieurs, aurait dû s'assurer que l’on pouvait trouver du bois de service dans les environs des travaux.
Je désire donc que le pays et la Chambre comprennent bien qu'il était responsable de l’adjudication, du principe adopté pour les plans et qu’il ne faut aucunement prétendre que l’adjudication a eu lieu pendant que monsieur Fleming se trouvait au Canada et sur son avis.
M Whitehcad n'avaii pas commencé les travaux sur sa section depuis longtemps, lorsque M. Rowan, ingénieur-résidant, lui ordonna de changer radicalement le mode de construction en substituant une levée de roc et de terre aux travaux de charpente. La lettre ordonnant le changement disait que la charpente est périssable et sujette à destruction par le feu. Ja suppose que, sans être du métier, tout homme de bon sens doit savoir que le bois est une substance qui se détériore pa: l’usage et prend feu quand elle y est exposée. Mais monsieur Rowan a eu soin de ne pas dire que le bois nécessaire pour les charpentes n'existait pas dans la région. Chacun sait que l’usage de charpentes, en pareils cas, est une imprudence dangereuse.
Mais je suppose que l’honorable monsieur avait, ses raisons pour adjuger le contrat à an prix comparativement faible. et il semble avoir promptement consenti à transférer le contrat à des entrepreneurs qui demandaient $140,000 de plus que le plus bas soumissionnaire; en
outre, il avait aussi des raiscns pour donner la préférence à M. Whitehead. Je ne me tromperai pas beaucoup en disant que, lorsqr” :l exigea qu'on emploierait le hois, ji; savait parfaitement que la chose n’était pas praticable. Le contrat pour les ouvrages en bois était accepté à. des prix ruineux pour l'entrepreneur ; mais lorsqu'on substitua la terre et le roc aux constructions en bois, il y trouva un avantage éncime.
La quaruité de pierres détachées, à $1.75 par verge, a été ’'xactement doublée. La quantité de roc solide, à 82.75, a été portée de 300,000 à 525,646 verges. Nous avons vu que la modeste quantité de terrascements à 37 centins la verge — prix qui n’est pas tout à fait aussi modeste — avait été portée de 80,000 verges à 1 657,000 verges, et l'on nous dit qu’il faudra encore 1,300,L0C verges Ge plus.
M. Fleming approuva le changement proposé et écrivit une lettre à l'ex-premier ministre, lui recommandant de l’adopter. Ce dernier, dans sa déposition devant le comité, a déclaré qu'il approuvait luimême le changement, mais qu’il ne jugeait pas à propos &e le recommander au conseil. Toutefois, M. Rowan, l'ingénieur qui dirigeait les travaux, quitta Ottawa tout à fait persuadé que ce changement devait être fait, comme il l'a déclaré aussi devant le comité. M. Flemirg partit pour l’Angleterre le lendemain, après avoir approuvé, par écrit, le changement recommandé nar M. Rowan, et persuadé que sa recommandation était approuvée par le ministre.
M. Mackenzie prétend qu'il a été en communication constante avec M. Smith, apiès que M. Fleming eût fait sa recommandation et antérieurement au départ de M. Smith pour le Nord-Ouest, et qu'il a comnlètement discuté avec lui touts la question du chemin üe fer. Chose étrange, il n’a jamais jugé à propos le changement propo.é de la section 15, l’une des questions les plus importantes dans tout le projet. A son arrivée à Winnipeg, M. Smith constata que l’on travaillait d’après le plan modifié, ce dont il rejette—et avec raison, je crois-—toute la
responsabilité. !
La déposition de monsieur Rowan n’est pas tout à fait satisfaisante, vais je laisse cela de côté. Je dois dire, en justice pour monsieur ileming, qu'il n’est aucunemexi responsable de la pusillanimité de son chef, l’ex-ministre des travaux pubiics. On connaît la tendance de mon-
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sieur Fleming à construire 1 voie d’une manière trop dispndieuse pour le Nord-Ouest.
Il n’est guère possible qu’il ait voulu risquer sa réputation eu reCommandant une construction aussi élrauge, aussi impraticable que celle qui est indiquée dans le contrat pour la section 15, et nul doute que le changement recommandé était opportun, sinon impérieusement nécessaire, et que le gouvernement actuel m'avait d'autre alteraative que de l'acc nter. Le mal a été fait au débat. L’ex-premier ministre 1e peut reje :r la responsabilité sur personne, et il ne devrait pas, dans ceite assemblée, ess: ver de la rejeter sur un homme «ue sa position empêcue de se défendre. Le fait est que persoune ne veut prendre cette responsabilité. Chacun semble avoir un moyen commode de s'y soustraire; mais est une honteuse lâcheté de dire que cette responsabilité retombe sur monsieur Fleming. L’hcnorable monsieur sait qu'après le changement, les rapports périodiques de monsieur Rowan n'ont pas été faits avec toute la promptitude et la régularité désirables. Le contrat était rédigé de telle soite qu'on pouvait augmenter les dépenses de plus d’un million de dollars, et ce n’est pas tout. La même chose a eu lieu pour l’embranchement de la baie Gewrgienne. C'est après avoir adjugé un contrat dans l'ignorance complète de la région que devait traverser la ligne, que l'honorable monsieur ose, ce soir, accuser le gouvernement actuel d’avoir négligé de construire l’'embranchement de la baie Georgienne et de manquer de promesse à la province de Québec! Le contrat étrange accoräé à feu monsieur Foster à été condamné de temps à autre, et on ne nous à point donné d’explicatiuns satisfaisantes à ce sujet. Ce contrat était aussi pour des travaux sur une section qu'aucun ingénieur n'avait jeinais vue. Bien que lhonorable député de Lambton ait essayé d’éluder toute responsabilité au sujet de ces contrats, je l'en tiendrai responsable et le pays fera de même. Je répète que l'honorable monsieur savait ou devait savoir qu'on n'avait point fait d’études convenables sur aucune &e ces sections. L’honorable monsieur affirme hardiment, en présence de ces faits, qu'il avait parfaitement le droit de dire au pays qu’il allait construire là ligne sur le parcours de ces quatre sections, à des prix moitié mc:ndres que ceux qui ont été payés sur le chemin de fer Intercolonial.
Je sais que l'honorable monsieur s’est trompé dans ses calculs. [Il est trop tard pour rejeter la responsabilité sur d’autres ; elle appartient à lui seul. Il est également responsable de ce système hybride de navigation interrompue, ce mélange d’eau et de vase qu’il a essayé à ‘ utiliser,” pour me servir de son expression favorite, entre Fort Savanne et Keewatin. Si l'honorable monsieur eût réussi dans ce projet, il aurait pu faire passer sur son portage, d’après la première soumission, exactement la charge de cinq chars de grains, soit 1,665 minots, et, en se livrant à cet exercice depufs l’ouverture jusqu’à la clôture de la navigation, il aurait fat transporter, durant la saison, 280,000 minots de grain, soit environ la valeur de six cargaisons de navire. Si cette ligne bâtarde avait fonctionné depuis la fin des récoltes jusqu’à la clôture de la navigation, il n’aurait pu expédier que quatre vingt mille minots ou environ ure cargaison et demie.
A l’une des extrémités de cette ligne, il y aurait eu 112 milles de chemin de fer dont la construction aurait coûté $40,000 par mille, soit $4,400,000 &e plus, ce qui aurait donné un total de $8,890,000. Pour les écluses de Fort Frances et l'amélioration de la ligne mixte, chemin de fer, eau et tramway, il aurait dépensé environ $500,000 de plus, et toutes ces dépenses auraient été faites pour une ligne par laquelle on aurait pu expédier que 280,000 minots de grain. L'intérêt sur le capital de construction aurait représenté $2 pour chaque minot que l'on aurait pu faire passer sur la ligne.
L'honorable monsieur a-défendu ce projet encore aujourd’hui. Si l'honorable mousieur eût jeté à l’eau chacun des dollars qu’il a dépensés pour les écluses de Fort Frances, il n’aurait pas pu les raieux gaspiller. Il n’y avait absolument rien d’utile dans ce projet.
L’honorable monsieur à fait des citations de plusieurs rapporis concernant le Nord-Ouest. Il a dû se donner bien de la peine pour trouver toutes les choses qu’il a mentionnées au préjudice de cette
région. Un destin moqueur, impérieux et cruel semblait le pousser à
suivre les errements de l’honorable monsieur qui a parlé avant lui (M. Blake), et le forcer à condamner le Nord-Ouest et les projets qu'il
avait parious prônés lui-même et euxquels, jusqu’à présent, il avait donné È
son plus ferme appui.
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Pendant cette session, l'opposition semble avoir une tactique bien arrêtée qui lui semble inspirée par le nouvel aspirant à la place “de chef du parti. D'abord, tout le chœur sonne la charge contre la politique nationale, qui, à l'entendre, a ruiné le pays sans espoir. Puis l'honorable député de Norfolk-Nord propose sa résolution condamnant le programme de l'administration en ce qui concerne les terres du Nord-Ouest, et s'efforce patriotiquement de démontrer qu'il wy a pas possibilité de les utiliser, que la région située au sud de la nôtre offre tous les avantages possibles, et que nous avons rien de pareil à offrir aux coluus. Mais une majorité écrasante rejette sa proposition. Il a dù être surpris de voir que ces idées et son svstème ne sont aucunement d'accord avec le grand organe du parti à Toronto.
L'acte suivant, dans ce drame lamentable, a été le discours de l'honorable député de Durham-Ouest, conséquence logique de ce qui avait précédé. Les honorables messieurs de la gauche ne pouvaient l'aire un exposé plus sombre de leurs vues anti-patriotiques. Nous pouvons uous féliciter d’avoir entendu le plus triste passage de leurs harangues, qui ne sont point celles d'hommes qui veulent le bien de leur pays.
Quand même ils auraient eu quelque raison de -parler ainsi, ils ne devaient point, par patriotisme, montrer le côté sombre du tableau et e”.core moins l’assombrir davantage par des déclarations erronées. de regrette que l’opposition ait adopté une tactique qu’elle regrettera, je pense, avant la fin de l’aunée. Toutefois, l'honorable député de Lambion diffère sur un point avec l'honorable député de Durham-Ouest, 12 veux parler de la prospérité complète des Etats-Unis. Il nous dit que le tarif protecteur a ruiné leur cominerce maritime.
L’extrait suivant d'une autorité qu'il ne reniera pas réfute cette issertion :
“ Nous avons à notre porte des exemples qui devraient nous guider relativement aux avantages de la protection.
“Les Etats-Unis ont adopté un tarif protecteur sous l’upération duquel leurs manufactures ont prospéré jusqu’à ce qi’eu 1870, leurs produits soient arrivés à représenter une valeur de $4,253,000,000 : dans ces manufactures, où donne de l'emploi à 2,000,000 d'ouvriers aux: quels FE paie un total de $775,000,000 pour gages seulement,
done
‘ On a dit que .a protection avait empêché le développement du cominerce extérieur de notre pays. Gela peut être ; mais on calcule que le commerce intérieur des Etats-Unis à atteint, l'an dernier, le voluine énorme de 200,000,000 de tonneaux, dont la valeur est calculée à $10,000,000,000. Qu'est-ce que le commerce extérieur de ce pays comparé à ce vaste commerce qui va toujoursen augmentant sans offrir les fluctuations ni les risques du commerce extérieur ? Voyez quel progrès a fait le commerce de coton dans ce pays.
‘ Avant l'établissement de droits d'importation sur les cotons, en 1824, les manufactures anglaises anéantissaient tous nos efforts pour établir des filatures aux Etats-Unis; mais imposition d’un droit de 25 pour cent sur les coton étrangers a eu leffet, en quelques années, non-seulement de faire surgir des manufactures, mais d'amener la production d'articles mcilleurs et moins chers que les mêmes articles importés d'Angleterre avant l’étahlissement des manufactures américaines.
“ En 1860, les Etats-Unis exportaient presque 10 pour cent de tous ies cotons manufacturés dans le monde.
‘ Du moment qu’on eût adopté un tarif protecteur, le prix du fer baissa de plusieurs dollars par tonne, et il se vend aujourd'hui moins cher que ne s’est jamais vendu le fer anglais.
‘ Le développement du commerce maritime des Etats-Unis est un des plus frappants exemples des avantages d’un tarif protecteur.”
Telles sont les opinions d’un monsieur qui a une grande expérience coinmerciale et dont les opinions ont un grand poids, mais surtout quand il parle statistiques : je veux parler de l'honorable député de Norfolk-Nord (M. Charlton). Ce que je viens de lire est un passage d’un discours qu’il prononça dans cette Chambre il y a quatre ans, et que Je trou ve dans le rapport officiel de nos débats.
A cette époque, l'honorable monsieur demandait la protection dont il parlait avec beaucoup de vigueur et de sincérité.
L'honorable premier ministre a été grandement aidé par l'organe du parti libéral à Toronto, lorsque ce journal à récemment calculé la valeur du Nord-Ouest canadien. L'auteur de l'article s’est assez clairement prononcé relativement aux terres que nous proposons de vendre pour couvrir les frais de construction du chemin de fer, et à la grande valeur actuelle et future de la région que la voie ferrée développera. Je crois que l'honorable ministre des finances n’a jamais exagéré la valeur de notre vaste domaine, où des capitalistes seront
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bien heureux d'acheter des terres pour les faire cultiver, et où les colons viendront en nombre se faire un “chez soi” confortable Je crois que la question ouvrière, qui devient très menaçante en Angleterre, lorcera les hommes d'Etat de ce pays à étudier les meilleurs moyens d'éloigner l’excédant de la population qui compte sur les manufactures pour vivre et qui augmente dans une proportion beaucoup plus forte que les ressources alimentaires du pays. Sous ce rapport, nous offrons à l'Angleterre des avantages précieux, une région et un sol parfaitement adaptés au développement de la race anglosaxonne— un pays où l'émigrart trouvera les lois, les traditions et la loyauté de cette race, et, en réalité, aussi rapproché de l'Angleterre que le cap Finistère (Land’s End) l'était de Glasgow il y a quarante ans. Nous avons tout un nouveau monde à la disposition de la mère-patrie, dont la population est trop nombreuse, et les hommes d’Etat anglais seront bientôt forcés de songer à un système de coopération avec le Canada pour développer les territoires du nouveau-monde.
L’honorable député de Durham-Ouest parle de la préférence que les races teutoniques et irlandaises ont pour les Etats-Unis. Cette préférence peut exister; mais nous avons aussi de vastes districts colonisés par des Irlandais, des Ecossais, des Angiais et d’autres races du Nord de l’Europe, districts qui présentent tous les signes d’un développement considérable dans l'avenir. En outre, le sentiment de la loyauté que les honorables messieurs de la gauche semblent ignorer complètement, attirera vers notre territoire, par une préférence et une sympathie bien naturelles, une multitude de colons anglais.
Quant à l’état et l'administration de nos finances, je crois que le gouvernement actuel ne désire aucunement imiter: l’extravagance de son prédécesseur et pousser la construction de travaux coûteux, tout en accumulant ues déficits. Je crois qu’il suivra une marche différente, si différente que le pays appréciera pleinement le contraste entre la présente et l’ancienne administration, sous ce rapport. Je crois que cette discussion a été ingénieusement soulevée pour alarmer les ümides et tromper les ignorants. Mais j'oserai prédire que le but ne sera pas atteint, et que les honorables messieurs que leur position oblige à voter pour la présente résolution, constateront hientôt qu'ils ne reucontrent nulle part de sympathie et n’ont réussi qu'à se plonger dans l’abîme où ils ne peuvent plus attendre de résurrection politique.