‹ Le Chemin de fer métropolitain de BerlinChapitre 15 sur 38 · II. — 3° et 4« cl · texte numérisé non relu

II. — 3° et 4« cl

Les unes et les autres sont installées avec le plus grand luxe.

L'ameublement se compose de tables et de sièges mobiles. Le buffet est placé le long d'un des côtés de la salle. Des garçons circulent, pour servir aux voyageurs les consommations qu'ils désirent. Tout le monde y fume, malgré les écriteaux, qui ne semblent avoir été placés là que dans un but décoratif.

En somme, une salle d'attente est surtout comparable à un intérieur de brasserie.

Nous n'avons pas d'équivalent ; un Métropolitain, à Paris, ne pourrait songer à administrer, sous forme de buffet, ce qui constitue l'apanage de toute une branche de petit commerce, sans s'écarter singulièrement du but proposé.

Chauffage. — Le chauffage de l'étage inférieur est assuré par une circulation de vapeur. Les générateurs sont installés, à AlexanderplatZy dans les sous-sols do la gare, à Friedrichstrassey dans un bâtiment spécial, en dehors de la gare.

Le chauffage a été calculé de manière à pouvoir obtenir, pour les salles d'attente, les bureaux, et les autres pièces fermées, une température de 4- 20° C, et dans les vestibules, les salles de bagages, etc. une température de -H 10° C, la température extérieureétant de— 20° C.

On a installé dans la gare de Friedrichstrasse une cuisine, dont la cheminée débouche au milieu du quai des voies du service local, sous le hall. Le tuyau a été ornementé, de manière à ne pas être trop disgracieux; un fumivore spécial évite l'émission de fumée. Dans ces conditions cette cheminée ne présente aucun inconvénient.

hclafrage. — De jour, l'étage inférieur des gares reçoit la lumière

par les fenêtres latérales, et par des ouvertures couvertes par des planchers vitrés, qui sont situées dans l'axe de la gare, entre les deux voies centrales. Le hall est très largement éclairé par les fenêtres des murs latéraux et par les lanterneaux.

De nuit, Tétage inférieur est éclairé au gaz, le hall au moyen de lampes électriques à arc, correspondant chacune à 360 carcels,

A Y Alexanderplatz ces lampes sont au nombre de 12. Le courant est produit par deux machines dynamo-électriques installées dans les sous-sols de la gare, et mises en mouvement par deux moteurs à gaz, de 12 chevaux chacun.

Les lampes différentielles Siemens sont alignées à une hauteur uniforme de 6 mètres dans Taxe de chaque quai. La lumière en est très belle et très vive, malheureusement un peu scintillante.

Les circuits sont disposés de façon à donner, à volonté, l'éclairage total — ^ou partiel avec réduction — soit du 1/3 — soit de la 1/2 — portant sur F^bl ou l'autre quai.

On a employé pour le gaz des globes de verre dépoli, sensiblement du même volume que ceux des lampes à arc. Les becs intensifs que l'on a mis en service donnent une très grande lumière.

A Berlin, on fait dans les gares et sur les voies publiquesTexpérience de toutes espèces d'appareils à gaz ; les plus remarquables sont les brûleurs Siemens, à gaz surchauffé et à récupérateur, qui donnent une très forte lumière. On a limité beaucoup la déperdition de lumière, surtout en plein air, par l'adoption de verres blancs opaques pour couvrir les réverbères, de façon que les rayons émis vers la partie supérieure sont réfléchis sans déperdition sensible .

Cabinets de toilette, Water-Closets. — Dans toutes les grandes stations se trouvent des cabinets très luxueux.

Les water-closets sont installés d'une façon remarquable. Il y en a de plusieurs catégories.

1° Réservés (taxé).

2° Non réservés (gratis). Darnes.^

30 — (j[o — Hommes.

Chaque cabinet al™, 10 de large, et I"',80 de profondeur (fig. 24).

Fig. 2*. — Plan et coupe d'nn wator^oset.

Il est fermé des deux cdlés par des plaques de marbre biaac, de â",20 de hauteur. La paroi postérieure est également revêtue de

PIbbAH PlanC D

I<'ig- 35. — Plana, coupe et élévation d'une case d'urine

marbie. La porte est en bois de chêne. Pour éviter les angles, et faciUter ainsi le nettoyage, les parois latérales et la porte sont terminées à O^.IO au-dessus du sol. Les plaques de marbre reposent sur des supports en fonte.

Le siège, à section circulaire, est complètement isolé. U se com-

pose d'un cylindre en tôle dont la section supérieure est garnie d'un rebord arrondi en bois de chêne. Il contient une cuvette de faïence, avec écoulement automatique d'eau (système Goodson)*.

Les urinoirs ne sont pas moins luxueux (fig. 2§). Les cases ont une largeur de O'^JS, diamètre très suffisant pour un Allemand bien bâti, et sont séparées les unes des autres par des plaques de marbre blanc de 0™,65 de large sur 1",80 de haut. Comme pour les water-closets, ces plaques ne touchent pas le sol, et reposent sur des supports en fonte. Les parois du fond sont en marbre noir. Contre ces parois, à 0",60 du sol, sont fixées des cuvettes de faïence, en forme de bec, donl le fond est soumis à la friction d'une nappe d'eau. Elles sortent des ateliers Jennings, de Londres*.

Le prix d'un water-closet complet s'est élevé en moyenne à

660 M = 825 fr.

Celui d'une case d'urinoir à

4o0 M = 562 fr. 50

Salle de bagages. — Monte-charges hydrauliques, — En quittant la salle des Pas-Perdus, et toujours à l'étage inférieur, on trouve les salles d'expédition de bagages, échelonnées dans le couloir central. Elles sont disposées comme les nôtres, mais avec excès de surface.

Le colis est remis par le voyageur sur la banquette, ensuite posé sur la bascule (avec aiguille indicatrice du poids), puis manutentionné sur un petit chariot.

Un plateau reçoit, au niveau du sol, le chariot qui s'engage très facilement dans les deux guide-roues en fer. On manœuvre ensuite un levier, et ce plateau, montant en 10 ou 12 secondes, amène au niveau du quai le facteur et le chariot. Il n'y a plus que quelques mètres à parcourir sur le quai, pour atteindre le fourgon en chargement.

1. Sammtliche Wftnde der Pissoirs und Closets 8ind aus feinen Carrarischen Marmortafela ia 8o vorzûglicher Soliditàt hergesteUt^^dass sie das Auge ertreuen und ihren cullivirenden Einfluss auf das weniger gebildete Publikum gerviss nicht verfehlea werden (Zeilung des Vereins dcutscher Eisenbdhnverwaltungen, Année 1882. N» du 2>janvier). "

Lorsque le facteur, seul ou avec un chariot, veut redescendre, il donne un coup de timbre électrique, et un plateau vient le prendre : La position normale des plateaux est à l'étage inférieur.

Fig. 26. — Plan et coupe d'un I <^ouple de monte- charges h;-

^ drauliquos.

Coupe A B.

a Plaque de bu. r d Plateon.

(ËchelJe : I/ISO.)

Il y a pour chaque groupe (arrivages, expéditions) un jeu de deux monte-charges.

Les monte-charges sont mus par de l'eau comprimée h des pressions variant entre 26 et SS atmosphères. Des accumulateurs, l'eau est amenée aux appareils par des conduites en fonte de (ffi^ de diamètre.

Les éléments essentiels d'un monte-charge sont (fig. 26) :

a la plaque de butée ;

6 le cylindre;

c le pistou plongeur;

d le plateau;

ee les glissières;

f le levier de commande.

Pour monter, on laisse pénétrer l'eau comprimée dans le cylindre, au moyen du levier qui commande la valve d'admission. Pour arrêter le mouvement, il suffit de fermer la conduite d'arrivée de l'eau. Pour descendre on ouvre une conduite d'écoulement par laquelle l'eau s'échappe sous l'action du poids du piston et du plateau, qui s'abaissent graduellement.

La disposition de l'appareil au niveau du quai est très ingénieuse. Deux plaques de tôle, à charnières, ferment la cage sur le quai. Quand le plateau monte elles sont doucement soulevées par l'arc de fer qui surmonte le porte-chariot, et s'ouvrent à droite et à gauche. Une fois le plateau au niveau du quai, le facteur est libre en avant et en arrière. Quand le plateau redescend les deux plaques de tôle se referment d'elles-mêmes.

Les monte-chargés ont été calculés pour soulever un poids de 4000 kilogrammes.

Chaque appareil exécute par jour une moyenne de 1000 montées et descentes.

Dans ces conditions, chaque course (montée et descente) revient à 20 pfennigs soit 25 centimes, en y comprenant les intérêts et l'amortissement des frais d'établissement et de compression de l'eau.

Les Halls. — Les halls qui recouvrent les grandes stations sont remarquables par leurs dimensions et leur légèreté.

A Alexanderplatz et à Friedrichstrasse (cette dernière gare en courbe), les dimensions sont les suivantes :

Alexanderplatz Friedrichstrasse

Longueur 464", 10 . 144"»72

Largeur 37°»,50 34°» à 37"»,-20

Hauteur 20"»,00 20",00

Nombre des fermes. .... 19 16

Les fermes sont composées et sont formées de deux fermes

Pig. 27. — Coupe tntuaTerBala de la gare à'AlexanderptaU indiquant le profll d'une ferme.

proprement dites, de même profil, réunies entre elles par des armatures transversales et diagonales (fig. 23 et 27). Ce sont des arcs métalliques articulés en trois points : rotule à la clé, et rouleaux aux sommiers. La rotule du sommet sépare ainsi la ferme en deux arcs. La plate-bande intérieure est de profil circulaire. Son rayon est de 19™, 38 à Alexanderplatz. Le centre est situé dans le plan du patin du rail, à 1 mètre de l'axe de la gare.

La plate-bande extérieure est verticale jusqu'à 2^,50 de l'origine, puis elle est en anse de pannier à deux centres.

Les différentes fermes composées sont toutes reliées entre elles par les pannes. Ces pannes sont formées de poutrelles de fer armées. Les fermes sont encore reliées deux à deux par des tirants diagonaux.

Comme nous l'avons dit, la charpente est totalement recouverte de tôle ondulée. Au sommet, entre les fermes, sont ménagés des lanterneaux vitrés transversaux, en arc de cercle, pour éclairer le hall.

Gares limites.

Schlesischer Bahnhof. — Cette gare était, avant la création de la Stadtbahn^ le terminus du chemin de fer de Basse Silésie et de Marche {Niederschlesische-Màrkische-Eisenbahn)^ la ligne la plus importante de la Prusse orientale.

Elle a été complètement transformée. L'ancienne gare, au niveau de la rue, se composait d'un hall en fer, de 40 mètres de largeur, comprenant cinq voies. On a construit au Nord un nouveau hall de 60 mètres de largeur, comprenant six voies pour le service de la Stadtbahn,

Afin d'avoir toutes les voies au même niveau, on a profité de la hauteur suffisante de l'ancien hall (24 mètres) pour surélever de 6 mètres environ les cinq voies qu'il recouvre. Cette surélévation a été obtenue par des terrassements, maintenus entre deux murs de soutènement. Entre le mur de soutènement Sud et le bâtiment de la gare, on a conservé, à l'ancien niveau, un passage de trois mètres de large, qui commande les différents bureaux. Ces bureaux, qui donnaient sur l'ancien quai, n'ont pas été déplacés.

A l'Est de la gare la voie a été établie en remblai, avec une pente de 0",009 pour retrouver le niveau primitif.

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