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celles crées dans les bois francs par le passage du Grand-Tronc. Ensuite, M. l’orateur, cette embranchement de chemin de fer'est un anneau indispensable à ce vaste réseau de ces chemins de fer que :prévoyaient d'avance les créateurs du Pacifique.
Je parlals il y a un instant de la fertilité du sol de li région du che: min ‘Jaché. Pour vous en donner une idée je vous dirai que moi-même, sur une terre que j'y possède, à une première semence j'ai récolté trentetrois minots de seigle de la semence d’un peu plus d'un minot, et de la semence d'environ quatre minots de blé j'en ai récolté cinquante-six. Vous voyez par là que ces terres ne cèdent en rien aux terres de n'importe quelle autre partie du pays. J'aime à faire remarquer à cette Chambre que le rapport cité par l'honorable député de Bellechasse renferme quelques erreurs à propos des paroisses s’élevant dans les environs du chemin ‘Taché.
D'abord il ne mentionne pas la paroisse de Ste-Perpétue qui est assez ancienne et les paroisses de St-Marcel et de Ste-Appoline. Ces deux dernières ne sont qu’à leur début mais je suis certain que ces paroisses avec de l’'encouragement pour les communications seront bientôt au niveau des autres paroisses échelonnées le long du chemin ‘laché.
J'espère, M. l’orateur, que le gouvernement ne se contentera pas de bonnes paroles en faveur de cette entreprise, mais qu’il prendra l'initiative pour mener ce projet à bonne fin. (Applaudissements.)
L'honorable M. FLYNN-—deputé de Gaspé et solliciteur général, dit que le député de Bellechasse a déjà donné nombre de renseignements précieux à la Chambre touchant les comtés du sud, comtés qui vu leur richesse, méritent certainement l'attention du pays.
Il mentionne aussi un rapport très complet préparé par M. l'arpenteur O’Sullivan.
Il regrette que la question se présente dans des circonstances telles que le gouvernement ne peut répondre d’une manière définitive. Le fait est qu’il croit la chose un peu prématurée. Du reste il faudra, avant que le gouvernement puisse accorder des subsides en terres ou autrement, qu'une compagnie soit incorporée, compagnie qui devra donner au gouvernement tous les renseignements désirables, Dans tous les cas la chambre doit être reconnaissante à M. Faucher de Saint-Maurice, d’avoir attirer l'attention du gouvernement sur cette importante question.
Il espère que le député de Bellechasse n’insistera pas sur l'adoption de sa demande, touchant la nomination d’un comité spécial. Vu.que la
session est très avancée et vu le grand nombre des comités, les députés ne peuvent assister aux séances de plusieurs de ces comités.
L'honorable M. Flynn ajoute que la construction de cette ligne n'est pas exactement du ressort de la Législature, vu que chemin ne sera pas construit en entier dans la province. Cette question est du ressort du parlement du Canada et il ne croit pas que la chambre serait justifiable en intervenant. La question a été débattue au parlement fédéral et tous les renseignements possibles ont pu être obtenus.
Le gouvernement prend le plus grand intérêt à la construction des chemins de fer et la question posée par M. le député de Bellechasse s'impose. ‘Tôt ou tard la chose devra être règlée dans le sens de M. f'aucher de Saint-Maurice.
M. Flynn félicite ensuite le député de Bellechasse de l'esprit patrio tique qui l'anime et dont il a souvent fait preuve. 31 termine en invitant de nouveau M. Faucher de Saint-Maurice à ne pas insister.
M. DECHÈNE député de Témiscouata, dit partager les vues de l’hono rable M. Flynn.
M. GAGNON—député de Aamouraska, dit que ce que demande M. Faucher de Saint-Maurice ne constitue pas une source de dépenses Il ne s’agit que d'étudier une question très importante. Il ne voit pas
pourquoi lé gouvernement s'oppose à la demande du député de Bellechasse.
M. DESjARDINS —député de Montmorency, dit qu’en premier lieu ce comité ne serait d'aucune utilité vu que les documents et renseignements possibles sont déjà connus et sont entre les mains du gouvernement. La Chambre n'a qu’à les demander pour se les procurer. Du reste aucune compagnie n'est autorisée à construire ce chemin. S'il s’agit d’une ligne dont le point de raccordement sera à Edmunston cela deviendrait un chemin interprovincial et internationnal, vu qu’une partie de la ligne passera sur une partie du territoire de Maine. Ce fait seul, fait de cette affaire une entreprise qui est du ressort du gouvernement fédéral. Il espère que tôt ou tard cette voie sera construite, mais elle ne le sera qu’à la condition qu’elle soit largement subventionnée par le gouvernement du Canada. En attendant la réalisation de ce projet, important sans doute, que nous voulons tous voir réaliser dans l'intérêt de la colonisation, ilfaut prendre garde à ne pas prendre d'initiative de nature à nuire à la construction du chenin de Fraserville à Edmunston. Les travaux sur ce chemin seront bientôt commencés et rapidement parachevés.
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les députés M. Desjardins dit qu'il croit qu’à l’avenir la politique la plus favoae rable à adopter au sujet de la construction de chemins de fer, à l’excep- € ligne n'est tion de cas particuliers qui se recommanderaient tout spécialement, ne sera pas serait qu’ils fussent subventionnés par le gouvernement fédéral qui a si ressort du heureusement mis à fin la construction du Pacifique. Il va sans dire
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ciaux, subventionnés par la province depuis plusieurs années. Il reste encore à terminer le chemin du lac Saint-Jean, celui des cantons au nord de Montréal, celui de la Gatineau, l'extension du Québec Central jusqu’à la frontière et quelques autres.
M. Desjardins termine en disant que vu qu'aucun résultat pratique ne peut découler de la formation de ce comité, il propose l'amendement suivant :
Que tous les mots après ‘ Que ” dans la motion soient retranchés et remplacés par les suivants : Que cette Chambre ayant par devers elle des rapports et documents qui donnent les renseignements désirables, ne croit pas qu'il y ait aucun avantage ou utilité appréciable à autoriser la formation d'un comité spécial pour tenir une enquête maintenant touchant le tracé d’une voie ferrée pour laquelle il n’y a, du reste, aucune compagnie incorporée par cette législature.
M. GAGNON --député de Aamouraska, appuie fortement la motion faite par M. Faucher de Saint-Maurice.
M. BFAUBIEN—-député d'Æochelaga, se prononce contre la motion de M. Faucher de Saint Maurice. Il n’en voit pas l'utilité.
M. FAUCHER DE St-MAURICE--député de Bellechasse, dit qu'il ne voit pas comment on peut dire qu’adopter sa motion serait empiéter sur le domaine du parlement fédéral. Comment peut-on dire que le fait que six où sept députés s'occupent de leurs comtés dans un comité spécial, constitue une immixtion dans les affaires fédérales. Il veut donner à ses collègues l’occasion de se renseigner sur cette partie du pays. Il veut aussi aller devant ses électeurs muni des documents nécessaires pour faire une campagne en faveur de la colonisation et aussi pouvoir, aidé de ses collègues, essayer d’enrayer le courant d'émigration aux Etats-Unis. Il ne veut pas toucher aux privilèges du gouvernement fédéral. Ce qu'il veut est qu'on lui permette ainsi qu'à ses collègues qui représentent les comtés intéressés, de recueillir les documents importants qui sont de nature à faire connaître les sources de richesses qui existent dans la région située au sud des comtés de Bellechasse, Dorchester, Montmagny,
l'Islet, Kamouraska, etc. Il espère que la chambre l’aidera dans cette œuvre patriotique.
M. FAUCHER DE Sr-MauRricr. Il est de simple logique de s'enquérir si l'affaire doit être bonne avant de venir demander à l’Assemblée Législative de passer une loi incorporant une compagnie de chemin de fer. Or pour être bien renseigné sur les ressources que peuvent offrir les comtés de Bellechasse, de Dorchester, de Montmagny, de l’Islet et de Kamouraska, au commerce et à l’industrie, il faut passer par la voie d’un comité chargé d'étudier et de s’enquérir des faits.
On vient parler d’immixtion dans les affaires du gouvernement fédéral : mais y avait-il immixtion de la part de l’Assemblée législative lorsque le 2 juin 1884, elle admettait unanimement qu’il était de l'intérêt de la Province de Québec d'ouvrir au commeree et à l’agriculture la frontière sud des comtés de Beauce, Dorchester, Bellechasse, Montmagny, l’Islet et Kamouraska, et que le meilleur moyen d’y parvenir serait la construction d'une voie ferrée ?
Alors il y aurait eu immixtion dans les affaires fédérales lorsque Son Honneur est venu nous dire dans le discours du trône :
“ Un projet de loi vous sera présenté pour permettre au gouverne” ‘ ment de faciliter la construction plus prompte de certaines voies ferrées ‘ destinées à donner une grande impulsion à la colonisation, à l’agricul- ‘ture et au commerce dans les régions qu’elles devront parcourir, et ‘ cela sans augmenter les responsabilités ou obligations de la Province.”
Non, soyons logiques. Ce que je demande à la Chambre c’est de réunir en faisceau tous les renseignemeuts éparpillés dans les différents départements, renseignemeuts qui peuvent être si utiles au développement du pays.
Tous, s'ils ne s'entendent pas sur le tracé à suivre, tous concluent à la nécessité de la construction d’un chemin de fer passant par les comtés mentionnés plus haut.
L'Assemblée Législative sait-elle que dans les comtés mentionnés dans mes motions il y a de cinquante à soixante paroisses à créer ? Allons-nous laisser dormir toute cette force latente? Notre race a besoin d'expansion. Elle est forte, elle est exhubérante. L'avenir est à elle, mais notre devoir de législateur est de la pousser, de la grandir, d'assurer son avenir. Le trafic, a dit le député de Montmorency» prend les routes qui lui convient. Alors que va-t-il faire de la colo-
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Bien, très bien ! pour moi le commencement de la voie ferrée de Dorchester, de Bellechasse, de Montmagny, de l'Islet, de Kamouraka, ce sera la formation d’un comité de la Chambre chargé d'étudier cet important projet.
Ce que je veux c'est étendre la paroisse, la PAROISSE qui a toujours été le cœur de ia Nouvelle-France. Faisons pour les solitudes qui courent en arrière de Bellechasse, de Dorchester, de Montmagny, de l'Islet et de Kamouraska, ce que jadis, Beaumont, St-Michel, St-Valier, St-Charies, St-Raphaël ont accompli ce que le révérend M. Gingras curé de St- Gervais fait encore de nos jours, ce que les curés et les habitants de tantd’autres paroisses ont fait pour la colonisation. Entendons-nuus. Donnons les terres aux nôtres. Plantons des croix. Erigeons des clochers, Levis et Québec ont besoin d’un back country, d’un pays d'alimentation. Vous l'avez sous la main en formant un comité chargé de s'enquérir de tout ce qui peu aider à faire passer une voie ferrée en arrière des comtés mentionnés plus haut. Notre devoir est-il de laisser à la stérilité les belles terres qui s'étendent entre ces comtés et la frontière du Maine ? Non : les hommes passent, les idées restent. Plus tard quand nous irons dormir à côté des ancètres qui ont illustré notre pays, je veux que l'on puisse dire de nous :
—Jlsont travaillé comme les anciens,comme les ouvriersde la première heure, comme les vrais Labitants, comme les descendants des proprié taires sans peur et sans reproches du sol de la Nouvelle-France. Ceux-à étaient dignes d’avoir de pareils aïeux. (Applaudissements prolongés.)
L'honorable M. GARNEAU-—-député du comté de Québec, dit qu'il ne voit pas Putilité de la formation du comité demandé.
L'honorable M. TaiLLON, député de Muntréal-Est et procureur-généra? dit qu'il existe un comité, celui de l’agriculture et de la colonisation, qui est tout disposé à s'occuper de la chose.
M. FAUCHER DE SAINT-MAURICE. Et bien s’il le faut nous irons au comité d'agriculture, mais il y a déjà là bien de la besogne. Dans tous les cas que ce soit dans ce coinité là, en chambre où ailleurs, je mettrai toute mon énergie a faire valoir les privilèges des colonscanadiens-français, surtout ceux de Bellechasse. Ils ont droit à ouvrir de nouvelles terres. Fant que je serai en chambre, je s traversant l'arrière des comtés de ]
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l'Islet, Kamouraska. Lévis et Québec ÿ trouveront leurs pays d’alimentation, et mes collègues et moi nous aurons la satisfaction du devoir accompli vis-à-vis de notre pays et vis-à-vis de ceux qui nous envoient en Parlement. (Applaudissement.)
La motion principale, telle qu'amendée par M. DESJARDINS—député de Montmorency, est de nouveau proposée.
M. GaGNoN-—-dépnté de Aamouraska, propose en amendement, que les mots suivants soient ajoutés à la motion principale telle qu’amendée : Mais cette Chambre espère que le gouvernement fera explorer l'important territoire en question pour mettre la Législature en état d'adopter toute mesure propre à développer les ressources considérables de cette région.”
L'amendement est mis aux voix ; il est adopté.
M. MaRCOTTE-—député de l'Islet, donne avis que jeudi le 27 maiil posera l’interpellation suivante : Le gouvernement se propose-t-il de faire explorer les cantons du sud des comtés de Bellechasse, Dorchester, Montmagny, l’Islet, Kamouraska et Témiscouata à l’effet de se renseigner sur la possibilité de la construction d’un chemin de fer à travers ces cantons, depuis St. François de la Beauce, jusqu’à un point quelconque du chemin de fer de Fraserville, ainsi que des richesses minérales et de la valeur de ces terrains ?
L'Hon. M. FLYNN-—député de Gaspéet soiliciteur général, lui a répondu ce jour là : Le gouvernement à déjà recueilli de précieux renseignements sur les cantons et le pays situés au sud des comtés de Dorchester, Bellechasse, Montmagny, l’Islet et Kamouraska. Il verra aux moyens à prendre pour les completer et en faire bénéficier au plus tôt ces riches contrées.
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