‹ Le chemin de paradis; contes philosophiquesChapitre 10 sur 33 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

/a première concupiscence dans le cerveau ou dans les entrailles d'un instinctif, quiconque * diminue le vénérable privilège quont parfois ces bénis de mourir sans avoir vécu.

Cet insensé désir d'élever toute vie humaine au paroxysme, cest le fond de l'erreur moderne qui ùle la paix de tout cœur. Si vous doutez quelle ait de même dégradé les esprits, voyez le culte qu'elle a su faire rendre à la liberté. Vous n'entendrez louer nulle part l'unité des consciences, cette excellente condition de la prospérité publique et de l'ordre privé, sauvegarde des faibles, défense des inquiets, forte discipline des forts et qui méritait bien qu'on la payât de temps en temps du prix de quelques larmes accompagnées de cris, même d'un peu de sang versé, l'eut le monde l'oublie : c'est à la seule liberté de conscience que vont aujourd'hui tous les vœux. Le droit sens l'admettrait encore, si l'on se contentait de respecter en celle-ci un effet naturel, consacré par l'histoire, de la mollesse et de l'incurie de nos pères trop lents à se garer de vains fauteurs de nouveautés. Mais est-ce jamais sur ce ton qu'on nous la recommande ? On vante à haute voix cette force exécrable de dissolution et de ruine ainsi qu'un bien tout positif, un gain précieux et une sorte de conquête suprême des âges : comme s'il était rien de louable et de beau en soi dans la division des idées et le désaccord des doctrines. Conception immonde aux yeux du poète et tout à fait absurde au point de vue du logicien.

1. « La première chose à faire est de faire comprendre à l'ouvrier allemand qu'il est malheureux. » Lasalle.

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