‹ Le chemin de paradis; contes philosophiquesChapitre 12 sur 33 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

Pas une heure, il n'a osé s'arrêter à cette pensée, qui lui est venue cependant, que la bonne femme suivait d'abord sa volupté : de l'humble coin de son foyer de ceps de vigne elle observait la loi qui fait obéir les étoiles.

C'est servir, en effet, qui est le premier dans les cœurs. Bien que la rencontre en soit rare, Je ne conteste point l'appétit de l'indépendance, l'erreur belle et féconde dont quelques hommes sont aveuglés comme de leur sang. Mais la plupart ne l'éprouvent à aucun degré, si ce n'est comme suggestion et imitation machinale, ce qui est encore servir. Bien mieux, ces suggestions ont fait de récentes misères que nous avons eues sous les yeux : combien d'esclaves nés de notre connaissance retrouveraient la paix au fond des ergastules d'oii l'histoire moderne les a follement exilés !

Mourants de lâche inquiétude et pourris d'une élégiaque vanité, encore faudrait-il que l'on hâtât pour eux ce bienfait du carcan, ou les verrons-nous parvenus en un état si avancé de décomposition que leur chair en lambeaux empoisonnerait les murènes.

Je préjuqe qu'on évitera d'objecter à ceci le christianisme. La chaîne d'idées que j'expose est très suffisamment païenne et chrétienne pour mériter le beau titre de catholique qui appartient à la religion dans laquelle nous sommes nés. Il n'est pas impossible que j'aie heurté chemin faisant quelque texte brut de la Bible, mais je sais à peine lesquels. D'intelligentes destinées ont fait que les peuples policés du sud de l'Europe n'ont guère connu ces turbulentes écritures orientales qu'extraites, composées, expliquées par

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