PREFACE XV
l'Eglise dans la merveille du Missel et de tout le Bréviaire... Je me tiens à ce coutumier., n ayant rien de plus cher, après les images d'Athènes, que les pompes rigoureuses du Moyen âge, la servitude de ses ordres religieux, ses chevaliers, ses belles confréries d'ouvriers et d'artistes si bien organisées contre les humeurs (l'un chacun pour le salut du monde et le règne de la beauté.
Ces deux biens sont en grand péril depuis trois ou quatre cents ans, et voici qu'on invoque au secours du désordre le bizarre Jésus romantique et saint-simonien de mil huit cent quarante. Je connais peu ce personnage et je ne l'aime pas. Je ne connais d'autre Jésus que celui de notre tradition catholique, « le souverain Jupiter qui fut sur terre pour nous crucifié » *. Car autant vaudrait suivre le Christ intérieur des gens de la Réforme, ou la conscience morale de Zenon, huguenot antique, ou encore le vague Dieu qui multiplie par l'infini les divers placita de M. Jules Simon. Bons ou mauvais, nos goûts sont nôtres et il nous est toujours loisible de nous prendre pour les seuls juges et modèles de notre vie ; mais quelle honte de n'en point convenir franchement et de pallier d'exégèse son anarchisme ou son péché ! Ou quelle lâcheté de s'enquérir de paravents de métaphysique morale pour esquiver les servitudes et les sujétions de la vie !
Neuf fois dans ces récits égalant le nombre des Muses je me suis appliqué à donner un visage, un corps