‹ Le chemin de paradis; contes philosophiquesChapitre 2 sur 33 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

tique si difficile, qui, enseignée pai' les poètes, ne prît un sens aisé, vif, coloré et sensible même au regard des plus indifférentes. Cela ne nuisait point aux histoires touchantes où iamour met aux prises de tendres cœurs et de beaux yeux; les plus fines nuances y étaient senties, au contraire, avec une ardeur si précise que Von en fit Vobjet d'une dialectique nouvelle. Notre France du Moyen âge et de la Renaissance n ignora pas non plus ce gracieux enseignement par les emblèmes. Et l'usage en est même arrivé jusqu'à nous qui fûmes introduits aux vérités élémentaires de la vie par les fables de la Fontaine et les mythes de Fénelon. C'étaient nos catéchismes de Véducation nationale. On les met de côté à mesure que fuit le sens caché de leurs légendes. Le prodigieux épaississement des esprits depuis trois quarts de siècle de culture barbare amène une sorte de nuit tout à fait comparable à celle qui précéda l'an mil, tant les facultés de frémir et de sentir ont seules prévalu et crû ! Qui cherchera le sens des choses ? On ne veut plus qu'en être ému. Il n'est jamais question aujourd'hui que de Sentiments. Les femmes, si brisées et humiliées par nos mœurs, se sont vengées en nous communiquant leur nature. Tout s'est efféminé, depuis l'esprit jusqu'à iamour. Tout s'est amolli. Incapable de disposer et de promouvoir des idées en harmonieuses séries, on ne songe plus qu'à subir.

Et voilà, direz-vous en souriant, à qui je viens offrir ma collection de filigranes mystérieux ! J'avoue que j'ai mal pris mon temps et peu choisi mon siècle. Ne me donnez pas d'espérance. J'ai pu croire autrefois que

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