‹ Le chemin de paradis; contes philosophiquesChapitre 5 sur 33 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

Vous y découvrirez comme un Irailé presque complet de la conduite de la vie. C'est un sujet qui nesl point vierge. Evitez néanmoins, je vous en prie, de me confondre avec les philosophes scythes qui nous promettent le bonheur et ne font que tailler, mutiler et diminuer les essences de notre action. J'ai ma façon d'aimer la vie, qui m'éloic/ne de leurs écoles. Elle ressort assez de la triple division que j'ai adoptée.

Qu'ils prêchent, en effet, la dure doctrine de la conformité à leur système de morale ou le facile rêve de la vie complaisante à nous-mêmes et à nos amours, tous ont la même prétention de nous enfermer dans l'une de ces extrémités. Ils nous tiennent captifs de leurs Religions ou nous défendent de sortir du cercle de leurs Voluptés, Ils sont persuadés que toute la bonté du monde est nécessairement contenue et serrée ici ou là, à l'exclusion de tout partage, de toute communication. J'ai, pour ma part, marqué au contraire et flétri ces Religions et ces Voluptés tour à tour, comme semblablement impuissantes à nous contenter toutes seules et, si l'on réussit à les isoler de la sorte, ne manquant point de devenir également fausses, ma lignes et cruelles.

Comme la nature et l'histoire, ces mythes seront pleins d'exemples de tels accidents. Ils montreront à quel degré l'on peut descendre pour faire honneur à de vains scrupules idéalistes, et aussi comme on peut se blesser et se déchirer faute d'avoir compris que la Réflexion, la Règle, le Calcul vivent dans la naiure d'une vie nécessaire comme le Plaisir et l'Amour. Les fous qui ne veulent suivre que le plaisir croient se ser-

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