‹ Le chemin de traverse (volume 3)Chapitre 27 sur 37 · LE CHUIR DB TRAYEHSB · texte numérisé non relu

LE CHUIR DB TRAYEHSB

de cheyal , vous devei être quelque peu cavalier ; il fout que TOUS ayez des chevaux.

— Des chevaux à moi , mon oncle! Mais songez donc que j*ai déjà presque des chevaux ; il y en a tant dans la maison que j*habite ! Si J*ai des chevaux, il me feiut une autre maison , un second domestique , que sais-je ? Vous allez donc vous ruiner pour moi ?

— Oh , dit il, je suis riche. Ty ai pensé longtemps ; mais plus j*y ai pensé , plus fai vu qu*il (e fallait des chevaux. Tu sais déjà te battre en duel , ceci est pour toi ! Il faut que tu saches monter à eheval , pour les autres ; ceci eut une des conditions d*Qn certain monde; on n*y entre pas à pied, on y entre encore moins dans ces dégoûtants véhicules remplis de paille et d*ordures qu^on appelle des cabriolets • encore moins dans ces boudoirs ambulants des bourgeoises de qualité ou des Phrynés du carrefour qu*on appelle un fiacre. Âujourd*hui , bien que Phonneur soit en grande considération , il vaut Mieux 4tre porté en simple tilbtiry que de porter laxx'oix d'honneur. Tant ^ue tu n'auras pas de chevaux, le calé Toriooi te sera fermé lenuitin; la Bourse , ce grand temple de la fortune puMifue., te recevra avec mépris et dédain sur le mîHett du jonr; le bois de Boulogne sHndignera, le soir, de te voir sur im cheval le louage. Tu n'oseras pas te Uire descendre au café de Paris pour y dîner; sans équipage, (u es un homme delà foule. Le cheval te donnera rintelligencc ée cetée société à part, et IVsUrae des laquais et des femmes, ce qoi-est beaucoup^ Xes éctvîes d'àbraham Jlaron , le juif , servent d'antidiambre au monde de la Chausséenl^Antin , tout comme Téglise-de Saint-^ulpioe sert dtanUchambre aulmbourg St.* Germain. Il te faudra donc passer par

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réeitrie et par réglite si tu yeux être 4|w1qife chose dans ces deux inondes. Passons donc par Técurie d*abord ,* BOUS passerons par TégUse ensuite , elles se tiennent. Et il tne nêna du même pas chez le juif Abraham Âaron;

Bien n'est beau comme l*écurie du Juif. Moi qui ai vif les écuri?s de Chantilly au ddme élevé , pereées de toutes parts , arrosas par quatre fontaines , remplies de chevaux anglais étendus au milieu du fourrage, animés parle soiidu cor, le bruit dés piqueurs, les chansons des palefr^iiérs ,-Ies a^femenls des dogues ,J« me sai* pourtant étonné des écariesidu mardiand. Là im cheval est pansé bien mieux que chez le prince lui-même ; 1^ tous les chevaux sont vifs ; tous ils portent tout droit la tête et la queue ; c*est superbe ! On mettrait le petit cheval blanc de mon père dans ces habiles écuries qu*en moins de trois semaines il prendrait toutes les apparences d*un cheval anglais de pur sang.

Mon oncle se connaît en chevaux ( il prétend qu*il faut se connatlre en chevaux quand on est un jeune homme. ) — Yoici , a-t-il dit au maquignon , un étranger de mes amis qui veut acheter deux beaux chevaux ; un cheval à deux fins , pour la selle et le tilbury , et un cheval de selle ; trai(ez-Ie bien , et si vous le volez, soyez honnête homme , volez-le sur le prix et non pas sur le cheval.

Nous avons fait essayer devant nous beaucoup de chevaux.

— Gt'oisez-vous les bras , me dit mon oncle ; tenez vous ferme sur vos jambes , votre cravache renversée , Tceil tendu et dans Tattitude du plus profond recueillement... surtout ne dites rien ; Aaron et tous les jeunes gens qui sont là imagineront que vous êtes un (rês-ba-

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bile connalMeiir ; or , cela 3ert toi^ours dans roocaaion, ne AU*€e qu*^ reyendre ion cheval.

Après bien des essais devant tout ce monde qui nous regardait , rien n*étant amusant pour ceux qui ont des chevaux comme de voir un nouveau venu qui en achète , nous avons arrèlé deux chevaux de très-belle apparence, viCi , animés , élégants , Tceil superbe, au prix de doq mille francs les deux.

Oui , cinq mille francs deux chevaux I f en ai honte ! mais aussi j*en ai grande Joie 1 Je les entends qui entrent dans mon écurie , et je descends pour les embrasser , après toi !

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