II
19$ m GUmM 11 f MJOLflb
«n gtosmai y le <M« ^i aboie ;• lepetit ciiàl, rooil ft 4eBii-ou^rt> qui ohardie sa nère; le noinoav qai j^aiiift ) r4ilMQlt» «ai ponBae soo pelil cri ea maat te ruiaaaau , le pjgeon ^i se iMlanee sur la gfarwwit te oriaide ^ qiia aai»*Je i^La pie feoûtidre qui panle dana «a cage accrochées à la fendtie; le geaf gogiieiMad' ^i ne» naee Tarbre fruHser ; d'étaiC là me appéCisunte iMisiqfiie^ im Joièal nufouire pteiA de vie et d'harmonie et de 9rèces:pacfaiti»a, plein d'avenir ! Enfant , eaftint <|ne j*é» UM ! J0<nie teds^i^ aller àoes rftves « tout éfMé, sans me douter que e^étglent là des rèyes ! Et toi , mon frère, que tu élals'hfufieuxde mop< bonheur ! Fauwes Jnmeaiix* en nous a«éparéa, hi^aal Ifo tingtième annte est Tenue broaquemcm lesb»iaer , ees Kent de fleurs I Plut de bassoHMHH* f phis de sommet 9 phisde joies* malhiales> plus d*air embaumé le soir , plue ion sourire, mon bon Cbristoptie j plus rien que iraris, le triste P^ris, le Paris, qui n'apaa im salut amical poui le pauvre «nfani étranger dans ses murs.
Le portefaix, à qut|edjemandainia roule, aM>conduisRdaôsiune hâfeetterie , rueFicne-Lesoeut. Avant de me conduire, il interrogea mee habits avec soiii^ et me voyant velu de gris el ungrasalerchjipeau , et mon paquet sous le bras, il At choix pour moi de la maison où je suis. C'est une nuuson d'une apparence équivoque 9 vous eiHrei par une chaoïbre, commune à tous les étrangers , où Pon dîne toujours. Gomme je n'avais rien du tout mangé de la journée , je priai qu'on me fit servir à diner.
Une femme qui était là mo dit : ^ Comment voulezvous diner ^ moosieur ? -
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-** Malt eomme tout le monde , répoodis-Je à cette femnw.
Alors elle prit la peine de m^expUquer qif'A y ayail une espèce de dlDerpour chaque homme en ce monde; un diner à Tingt sous , un dtner à vingtHsihq soUs , un d!ner à trente , un dîner à trente-cinq ; quelques-uns même allaient jusqu^à deux firancs; on avait tout ce qu^on pouvait désirer de plus exquis, quatre plats ! dessert et bon Tin , et eau-de-?ie; c'était à ne pas s*y reconnaître.
— Donnez-moi , lui dis-Je , une soupe aux choux et un morceau de lard , et un verre de vin , s*il vous plaît.
— J'entends, dit-elle, monsieur veut diner à vingt sous. Et elle me servit du pain trempé dans do Teau chaude , un morceau de bœuf bouîHi ^ et une bouteflle de bierre. Triste rq^as!
Après le repas , Je demandai une chambre. On fugea de la chambre que Je voulais par le diner que j'avais mangé ; on me conduisit par un escalier étroit et malsain. C'était dans toute la maison un mouvement empressé H continu. Au premier étage , il y avait des femmes qui sortaient à la hâte , oubliant de fermer leur chambre , peut-être parce qu'elles portaient toute leur fortune avec elles , ces femmes en falbalas et en vieux souliers; au second étage , des jeunes gens sortaient en riant et sans fermer leur chambre, peut-être parce qu'ils n'y devaient plus rentrer ; personne ne fermait sa chambre dans celte maison , comme dans ]*âge d'or d'Ovide. A travers les portes ouvertes , on pouvait apercevoir l'intérieur de ces chambres en désordre , et dans ce pêle-mêle qui est triste 9i voir , même chez nous où les meubles sont si rares et les vêtements si peu nombreux ! A la lin , à force
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de monter et de monter toufours 9 j*arrivaià une chambre qui m'était destinée. L^homme <pii roccupait encore, et que je devais remplacer , n*était pas encore parti ; cet homme-là était un original dont Je veui te raconter Thistoire. Aussi bien, j'ai le temps de causer avec toi , Christophe, et je suis si triste que je ne demande qu'un prétexte pour rester là à t'écrîre tout, un jour s'il le faut.
Mon original était de Lyon , du même pays que Fanny la Lyonnaise ; mais il avait apporté .en naissant fort peu de moyens de foire fortune.. Il était à Paris depuis dixhuit mois , sollicitant une place , n'importe laquelle ; comme j'arrivais, il venait enfin de l'obtenir, ce bienheureux emploi après lequel il avait tant couru; il en. était encore radieux et tout essoufflé , mais c'était tout ; 11 ne contenait pas sa joie , et eût été jusqu'à l'insolence s'il avait pu ou s'il avait osé ; mais pendant dix-huit mois , ce pauvre diable avait passé à travers toutes les humiliations de l'antichambre ; l'insolence était donc pour cet homme un fruit qui n'était pas encore mûr, qui était trop élevé pour qu'il y pût atteindre , et qu'il ne regardait encore que.de loin. En attendant l'insolence, il était a ^ foble et. bon , contant son heureuse fortune à ses voisins, à se» voisines , au domestique de la maison , au chevet de son lit ; enfin à moi , le dernier venu , et qui venais, à l'entendre , tout expr^ pour assister à son bonheur.
— Vous voilà ! me disait-il , vous venez prendre ma chambre enfin ; je vous ai attendu bien longtemps. Moi je pars , je suis enfin à ma place. Le grand ministre n^e l'a enfin donnée ma place , et tout de suite, monsieur. J'ai ma place, enfin ; vive le ministre ! Vous venez sans doute chercher une place à Paris , monsieur ?
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Puis, sans attendre ma réponse: — Faites comme moi , me dit-il , soyez intelligent et docile , et attendez un an , deux ans , vous aurez votre place enfin. Il n'y a qu*à aller au faubourg Saint-Germain , rue de Grenelle , la seconde porte vis-à-vis la cour qui est coupéç en deux ; vous saluerez poliment M. le concierge, et vous irez tout droit dans les bureaux . tout droit devant vous. Allez donc ! et demandez ; on vous dira : Non ! c'est bon. Le lendemain vous allez , on vous dit : Non! c'est bon; .
Et toujours non ! toujours non /toujours non /Ob ! s'écrlail-il : non ! non l non ! — Et alors il gambadait comme un fou dans sa chambre, il se vautrait sur son lit, il parlait à mots entrecoupés. ~ Dans quatre jours , disait-il , j'irai voir ma femme ! Ha femme viendra me saluer I ma fille me saluera : mes voisins diront : — C'est lui ! le préfet me dira iotifimr ! car c*est moi , je suis moi, moi , lui-même ! En mêine temps , il faisait le geste d'un homme qui tient un papier et qui met sa qualité audessous de sa signature. Je suis sûr qu'il est homme à s^étre adressé à lui-même quatre lettres par la poste ^ avec son nouveau titre , depuis ifli'il est nommé.
En même temps, il faisait sa valise. II y plaçait chaque chose en son ordre après en avoi^ fait une revue attentive. C'était plaisir de lui voir plier ses bas de soie ; la pluie , le ruisseau et le temps les lui avaient rendus jaunes de noirs qu'ils étaient; plus d'une maille s'était échappée ; il les considéra longtemps : c'était la partie de sa toilette qui lui avait donné le plus de peine à tenir présentable ; c'était celle aussi à laquelle il tenait le plus.
Il passa dédaigneusement la main sur sa culotte , elle était d'un noir douteux , mais solide encore ; et comme
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elle lui avait donné peu iTin^étude, il ne la regardait pas,ringral!
. Ce qii*il regarda bien longtemps, ee fût son habit ; un vieil habit qoi ayait conserré sa forme ; le collet en était propre , le poil en était bien lisse , à tout pren<h>e c*éiait un habit présentable ; cependant , rien qu*à le voir, voistu , Christophe , on sentait qu*on ayatt tnÀd dans cet habit et qu*on y devait être misérable. On me donnerait tout au monde pour endosser un pareil habit , seuleflient pendant une heure, que je dirais non ! J^aimerais mieux embrasser un lépreux sur la joue ; cet habit me fiiisait horreur.
Et il faisait aussi horreur au pauvre homme ^ car pendant tout le temps qu*i] mit à le plier , le sourire s'eflhça de ses lèvres , il fut sérieux , il Ait muet ; cet habit lut rappelait de si tristes souvenirs I
Il enlaâsa aussi son vieux linge dans sa vaHse. Moi , que toute cette revue istiguait , je défis ma valise ; J^en tirai ma veste bleue toute neuve, la veste de notre dernier jour de Pâques ; )e tirai mon beau pantalon Manc de la dernière fêle du village, mon gilet rouge à grandes fleurs, mes bons souliers , mes bas de Al que ma mère a tricotés elle-même, mes bonnes chemises neuves, un peu rousses mais qui blanchiront à la lessive ; tout cela est neuf et jeune , et plein de vigueur et de probité. Yiai* ment , j^aurais bien voulu voir nos deux valises , celle de mon homme et la mienne , s*animer et se battre Tune contre Tautre ; la mienne aurait battu celle du bon homme , comme le coq de notre basseHK>ur bat tous les coqs du village* Je ne croyais pas qu^on pût être si fier de 96» liardes que je Tai été à cet instant > en vérité*
Li cwÊMm n nATitsi. 197
U fMirail que le saNititevr «e emuprlt , eut Mias ftas liiBgair , il entassa- ptie-méle et mim lien aivaoger et RfëB iriier 4aiit ee 4|ui lui restait de «a garde*rot)e. R se bftta 4e caeher Imites ses |;ueiHNes témoins de toutes 'ses iBiàres; il flema son sac, il mitaa casquette mt «a tête , et il dMtcha de cM et d*aiilre dans sa chambne pour fair «*il n*a¥ait rien oubliél
i. iilom r an coin de «a chamlire) «ar le «latlire ffendu d« lafcaninwde, H déeoimit «on «hapeaa , tremMant el MnBi conme son hMt A Taspect 4e ce tbapèau il Mlible et 8i>flroiM sur les bords , les douleurs de nôtre tasBMne^qu^troyftitenfenBéesdansaonBacdeiiliit, ae réveillèrent de plus belle. — Ta«le«a vie d^antiehambre , de laqaaia , d^uÉssiers , de bureauxiet de ministres , se réveilla à Paspedt de ce cbapoau* U se rappela efi nii din d-œil lootea le» b«mlllatto&s qo*!! «vait suMes , et qoa de Ailf ce vil obapeau avait M à sa main au lieii d^dtre sur «a ié(e Ml <e «appela tout cela , <et laiofs sa MMre>^oonlieaiue4on||^«inpa ^ déborda tout à coup ; il M IMIatt me victime eiplatolne de toutes ses souiÂ^Aces ; Il saisit ^n ebapea» et le déchira m mHte pièces , avec les dei|{ls , «vec lee dents , il le foula am pied» , Il le couvrit de cradiats et d*opprobre. R édaia s tl se ven* 9ea lanl quHl put de ces douleurs , il ftit siMme ! Bki «flitt , «(Mêlait bewi 6 vair «et homme tout à Theure 'é! nes^fulÉ ,«i médiocre , si bumMeet si pKé en ^ux ; cet efflpIoy4^^ênoux,cettecréature courbée j«aqu% teite^ qili at>inet eii coiim me lois enfin ^ et qui se redresse sur se» deux pieds enfia^ celte Joue toute chaude du souOleh qui s*enfte d^or^aeil, ce -regard snami» si ba», qui s^éVève, ces mains suppttanles qui ee-lèvent pour frapper , oes
deux genoux meurtris qui se redressent ; toute cdle ignoble nature agrandie un instant , jusqu'à ee que cet' homme retombe sous le regardde «afemUleouso]ua'la main de son chef de bureau ! Cétait. venir à temps «tenk ma chambre , n'est-ce pas , pour aasister à cie ^grote^ùe spectacle ? C'était comprendre de bien bonne heAre o» que c'est en effel que la carrilre des emplois publics, «| les Juger à leur juste valeur 1 Mon homme parut, un peu honteux des excès auxquels il venait de fteii^rar, ania: sans rien dire. Quand il a été parti; j^aimta ans ganit; et j*ai ramassé' un morceau,de son cha|miu«.-(|He j'al'lilM ché contre la muraille avec une épingl&f t^ ^êttegardecat souvent comme une leçon.
Au reste, cet homme, revenu de sa c^éi» et de aa promenade, s'est occupé de moi en.homae al; en.bon beinmey Il m'a indiqué le fOrt et le faible de ma chambre ^ qu'il, n étudiée avec plus de soin que tu n'étudi«».lesexiillQiftiona des vieux commentateurs d'flomère.-^Prenex garde, mVil dit , d'ouvrir trop longtemps voti« ponte ^ vadia seriez infecté, par le plomb .des voisinstf^Ereneegatde d'ouvrhr trop longtemps , votre fenêtre , vous ) serm asphyxié par les émanations de la cuisine ; quant à votre cheminée , bouchezTla avec soin si yous ne voules pas avoir tonte la fumée de la maison» Kuts,. après avoir cherché quelles recommandations il youvail, ajouter .à eelles-là r .— Je vous préviens , . me disait"!!,, que la glace vous donnera la jaunisse à coup sûr , c!est à. vous à.ne pas vous en effrayer ; en vain chercheriex'-vous à .moaieff la pendule , il y a soixante ans.au moins que le grand ressort est cassé ; ayes bien soin de faire remarquâr à votre hôtesse que ce carreau est en papier ; quant à
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wlre Ht , prenez bien garde d*en laisser Ta tête du côté de la porte , malgré le vent qni Tient de là , autrement vàm seriez expoaé à être réveillé tontes les nuits , à onze heures et demie , par le garçon dont la mansarde donne Justement au-dessus de vos pieds ! Voilà , disait-iî, mes IMrinIgipale» recommandations ; il m^en a coûté six grands mois de longues et douloureuses expériences pour connaître cette chambre comme Je la connais ; profitez tout d'un coup de cette science qui m'est venue peu à peu , à force de rêver, de souffrir, de passer des jours sans réso* lutions et des nuits sans sommeil. Moyennant quoi ^ sauf Tespionnage d*en bas et les conversations d'en haut, sauf la chaleur en été , le froid en hiver , et Thumidité le reste du temps ; sauf le manque d'eau , de.feu , de luminaire et de linge blanc , sauf l'absence d'un fauteuil et d'un tapis, sauf les rats qui dansent dans la tapisserie décollée j sauf ces horribles gravures dei QûaireSaisona que vous 9veK sans cesse sous les yeux comme une amère ironie des quatre saisons qui sont absentes ; sauf cet abominable paravent rouge et bleu, où le Tempe fait passer l^jimour, même avant que l'amour n*ait fait passer le temps ; sauf tout cela , et bien d'autres choses encore , vous serez le Jeune homme le plus heureux et le plus tranquille >et le plus commodément logé de l'univers !
Disant cela , il se frottait les mains de }oie et de bonheur ooanne un homme qui échappe à sa prison.
Gonune un homme qui reverra bientôt le buffet de sa saUe à manger et la commode en noyer de sa chambre à coucher , et son lit rouge paré avec deux traversins remplis de paille I Moi , je l'écoulais et je me plaisais à l'écouter.
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Ayant tout dit , il ijouia à let reoomnuindalîoiii Utiles ^uekiues présents non mckins utiks; il était si hepretnt qu'il ne donna sans me ooimailre (ett «m némge dM^ tel-garni.
Car il y a un ménage d^ôtel-garni dotatmd naaaoraît se passer, pas même mol qui me passe de 4attt de choses!
Mon homme me donna donc :
Sa souricière encore garnie dHin morceau de lard bim rance,
Son dernier paquet d*alhimettes ,
Son briquet phosphorique ^
Son (ire-bottes , meuble de hiiedânt il ne s'élAtt.pas! serTi^depuis longtemps,
. Un porfe-manteau en bois avec lequel il ménageait les plis de son habit.
Il me doma eneore deux dnus tout posés , auxquels on pouvait suspendre une montre i|uand on avait une montre.
U me donna an réchaud économique « avec lequel «in peut faire bouillir une Usse de lait « sans avoir besom d*aii(re combustible que d*UB morceau de papier ; instrument fort commode pour faire soi-même son d^euner.
Que ne me donna-t-il pas , ce brave homme , et que de reconnaissance Je dois au gotivemement qui Ta placé si à propos pour lui et pour moi !
il me donna le reste d'un cent dMpingles qjA dansaient ea rond sur te pelolle de rétablissement.
Il me doiina aussi l'adresse de tous keS isarcliandSt fournisseurs , et l'adresse de sa blanchisseuse hors Paris»
Enfin, il me donna une poignée de main en signe d^adieu, et je crois que de tous ses dons ce fût celui auquel f ai été le plus sensible. On a bien tort de dire que tous les hommes sont ingrats.