TROISIÈME PARTIE. S
dirigions vers la petite ville d'Appenweier, où vient aboutir le chemin de fer de KehI. Tu le vois , je te revenais. Mon bon aoge, probablement, n; jugeait pas que j'eusse encore assez couru le monde; il voulait que je prisse une connaissance plus intime de la magnifique Schwarzwald {Schwarzwald est la tra-. duclion allemande de notre mot ; forêt Noire). Je suis en train d'accomplir la volonté de mon bon ange.
• Du Hirsch à Oltenhœfen , nous primes pédestrement un chemin tracé le long du Sohlberg , qui nous séparait de ces meneilleuses cascades que nous avions visitées la veille , et dont, par instants, les échos nous renvoyaient encore le bruit imposant. Arrivés à Lautenbach.... Ne t'effraye pas trop de ces mois en berg et en
bach, Antoine; votre vocabulaire de chimie en renferme de bien autrement étranges; berg, signifie montagne ; bach, ruisseau : donc le Sohlberg est simplement la montagne de Sohl et Lautenbach , le ruisseau de Lauten , qui a donné son nom à la petite bourgade oîi nous nous arrêtâmes pour prendre notre premier repos et notre premier repas.
• Quand nous entrâmes h Lautenbach , un moine , entouré de villageois à genoux , prêchait en plein air devant une grande croix ; quand nous en sortîmes , une délicieuse fîlletle, encadrée
dana une sorte de Ireille sous un berceau, faisait la leçon à deux autres enfants, plus jeunes qu'elle. La jolie prêcheuse put nous charmer, mais non nous convertir plus que le moine. Tous deux prêchaient en allemand.
. • Continuant à remonter la rive droite de la Rench, dans
laquelle se jette le Lautenbach , nous pâmes admirer la belle vallée de Salzbach , 0(1 , dit-on , existent des bains non dansants, des bains où on va pour guérir et non pour jouer k la roulette. Je n'ai pu voir ces thermes miraculeux; mais j'ai vu, j'ai admiré la délicieuse vallée où ils se trouvent.... Ahl mon ami!... mais je ne t'en ferai pas la description. Je garde toute mon admiration en moi , pour moi ; tu n'y échapperas pas un jour ou l'autre.