TROISIÈME PARTIE
Toujours en mouvement, toujours allant, venant, il était l'éclaireur de la troupe dont j'étais le fourrier. Traversions-nous UD hameau , passions-nous devant* une chaumière sans nous y arrêter , il semblait qu'une trappe se fût ouverte sous ses pas. Il disparaissait tout -à coup sans qu'on put se douter de ce qu'il était devenu. Il avait trouvé moyen d'y boire son pot de bière et son verre de kirsch, et quand nous le cherchions derrière nous, il était en avant, à une portée de fusil; nous l'aper- ■■ cevions sortant de quelque taillis ' et venant à notre rencontre.
Nous arrêtions -nous pour une halte, avec ses fuseaux de cerf à muscles d'acier, il escaladait aussitôt la colline la plus proche ; une demi-heure après, il faisait retour pour nous conter ses aventures. I! venait d'assister à un convoi ou à un mariage; afin de s'instruire dans les us et coutumes du pays , il avait suivi le premier jusqu'au cimetière, le second jusqu'à l'église.
Une fois, dans l'espace de sa demi-heure, il atteignit jusqu'à l'un des hauts plateaux de la forêt ; autour de lui les montagnes
"se montraient couvertes de neige ; un pâtre y faisait paître son troupeau et lui avait servi d'une excellente crème rappelant celle de la Suisse. '
pour I intéressant La necneiie un
régime purement d'abstention. Il n'absorbait plus la sève d