‹ Le chemin des écoliersChapitre 130 sur 259 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

rie, mises en jeu par le courant de la petite rivière, ébranlèrent la maison, firent trembler notre chambre et sautiller les huit matelas sur lesquels nous dormions encore d'un profond sommeil. Elles sonnaient la Diane pour nous.

Quand nous voulûmes régler avec nos hôtes, ceus-ci prirent une attitude de gens offensés. Un jeune garçon et une jeune fille, de leur service intime, s'étaient particulièrement occupés de nous; comme bonne main, nous leur oiTrimes à chacun deux florins, qu'ils refusèrent avec non moins de fierté que les maîtres du logis. Jugeant à leur désintéressement parfait qu'ils étaient les propres enfants des deux frères, le cousin et la cousine, et les supposant avec quelque raison tendrement épris l'un de l'autre, nous leur souhaitâmes un heureux et prochain mariage.

Ce souhait bienveillant fut tout ce que nous coûta leur hospitalité.

Je le répète , on voyage à peu de frais dans la forêt Noire.

Il nous eût été pénible, cependant, de quitter ce village sans connaître au moins le nom de nos bienfaiteurs. Ce nom, je m'en enquis auprès de l'un d'eux , plus par gestes que par paroles , bien entendu. Il me répondit: YU(jroiMtkaherschergounacht , ou quelque chose d'approchant.

S'il est vrai que YUgrousikalierscfieryounacht soit son nom, adjoint peut-être à celui de son associé (il y en a bien assez pour deux), malgré mes vifs sentiments de reconnaissance, il me sera diflicile de le faire passer à la postérité, soit en vers, soit en prose. La postérité n'a pas si bonne mémoire.

Lx cannnisfton du Dictionnaire. — Discours d'ouverture du secrétaire perpéluel. — WuazBACB, son mattre d'£cole el son pasteur. — Vacherie de la Croii. — Coricnco. — Kistoire singumëhb db Uahia et db son fi*kc£. — Arrïiée iroprévue à Wildbad. — Où je me relrouveT — Dé|iart pour Paris.

A mesure que la roule s'allongeait devant nous, tous nous comprenions la nécessité urgente de nous guider d'après des renseignements plus sûrs que ceux fournis par nos seules inspirations. Il était temps de nous mettre en communication orale avec les habitants des villages que nous traversions, même avec les passants que nous ne pouvions aborder que du chapeau.

Nous décidâmes de réunir par ordre alphabétique tout ce que chacun de nous possédait de la langue allemande, pour en former un vocabulaire à notre usage. La science éparse ne sert qu'à l'amusement de quelques-uns; réunie en faisceau elle s'empare du monde,

l'ne légère brume du matin commençait à tomber. A deux

cents pas de nous, un groupe de magnifiques châtaigniers dessinait une vaste salle de verdure; l'orphéoniste, courant toujours en avant, s'y était déjà installé. C'était un abri; la commission du Dictionnaire s'y assembla.

Je fournis mon album et mon crayon pour les notes ; La Fléchelle, soupçonné de quelque teinture des langues du Nord, nommé secrétaire , secrétaire perpétuel , fut le Villemain de notre académie improvisée. Sous forme de discours d'ouverture, quand nous eûmes pris place , il nous adressa ces mots , du meilleur augure, qui nous étonnèrent et nous charmtrént tout d'abord :

* Meine Herren , c Guten Morgen; wie b:;finden Sie slch? Ich beflndu mich

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