TROISIÈME PARTIE
Gomme nous étions occupés de ces soins, le iou paii, tou po^a, exécuté avec tant de succès dans le festival d'AUer-Hei-
ligen, se 6t entendre, entonné à grand chœur par une douzaine de voix. C'étaient des orphéonistes qui , aprds la visite aui cascades, s'étaient enfoncés dans le Schwarlzwald en y décrivant un cercle bien autrement étendu que celui tracé par le hasard devant nous. Ils avaient traversé le val d'Enfer et le Paradis, touché à Fribourg et marché ensuite dans nos pas à partirdeWurzbach. Comme nous encore, et un instant après nous, ils s'étaient arrêtés à la vacherie de la Croix, sur les bords du lac Hohloh, Ils avaient vu .Maria, et, plus heureux que nous, ils avaient pu lier conversation avec elle, un de leurs compagnons de voyage, garçon tailleur à Paris , étant né dans la forêt Noire et parlant couramment la langue des Allamanni. • Eh bien, dit-il en nous abordant, il parait que vous avez joliment fait les choses avec le père S:hawrobh ; aussi la petite serrante priera Dieu pour vous , vous pouvez être tranquillesl ■
Ce mot iervanie nous fit pousser un cri unanime. • Comment, si Maria n'est que sa servante, le bonhomme s'opposait-il à son mariage avec son prétendu? demandai-je. -- Il ne s'agit ni de-mariage ni de prétendu dans l'alTaire,
nous répliqua l'AlIamanni. Quoil vous avez si facilement délié la bourse , sans savoir de quoi il s'agissait ? Voici l'afTaire en deux mots. Andrecht,ie garçon d'étable du vieux, n'est pas l'amoureux de Maria : il est son ji^re. Père Schawrobh, le vacher, un grippe-sou s'il en fut , avait chargé Andrecht de porter une somme de cinquante florins à Gemsbach, où il avait un