TROISIÈME PARTIE
intérêt sur un train de bois alors dévalant vers le Rhin. Andrechtjoua l'argent, à ce qu'il paraît, ou le cacha sous une pierre, et dit l'avoir égaré en route. Il perdit sa place et n'en trouva pas une autre. SchaftTobh garda la sœur à son service ,
Fribourg en BriigBv.
mais à la condition de ne lui donner d'autres gages, pendant dit ans, qu'une jupe et un bonnet àP&ques. Maintenant, comprenez-vous l'histoire? »
Un rire général , auquel je ne pris nullement part , lui prouva qu'il était compris.
J'étais, au plus haut point, honteux, contrit, irrité contre
moi-même d'avoir entraîné mes compagnons dans une souscription ouverte au bénéfice d'un voleur. Ce que c'est que de n'avoir pas une langue universelle, comme l'avaient, avec tant de raison , proposé le savant Court de Gebelin et le philosophe Volney I J'offris de restituer à ces messieurs leur déboursé. Ils s'y refusèrent. L'orphéoniste, comme arrangement, émit cette opinion qu'il serait peut-être juste que je supportasse seul nos frais de route du Hirsch à Wildbad. Cette proposition , émanant de lui, excita un nouveau rire, auquel je m'associai franchement cette fois.
Cet orphéoniste , ce grand buveur de bière et de kirsch, cet intrépide marcheur, ce merveilleux conteur d'histoires, était, je l'ai su plus tard, un ancien huissier de Genève; il se rendait à Liège par les bords du Rhin, dans l'espoir d'y devenir notaire.
Je ne dirai rien de Wildbad , sinon que la rivière de Lenz partage la ville en deux. C'est^ à peu près tout ce que j'y ai observé.
Moi, l'ennemi juré des chemins de fer, j'espérais, je ne sais pourquoi, y en trouver un, qui me conduirait direclement à Strasbourg. En fait de grande locomotion, il n'y a à Wildbad qu'une voiture publique , laquelle, tous les deux jours, se dirige sur Bade.
Retourner à Bade, que j'avais quitté quatre jours auparavant avec l'intention formelle de rentrer en France, me semblait dur. Le sort nous favorisait sur trois points cependant : 1* nous arrivions le jour du départ de la voiture; 2* à l'heure de son départ ; 3*» il y avait place pour nous tous.
Brascassin seul nous fit défaut. Il avait quelques affaires à conclure ou à régler à Wildbad. Il voulait mettre à profit son séjour inespéré dans cette ville. Nous nous séparâmes l'un de l'autre avec un regret mutuel, je le crois, et en échangeant nos cartes et réitérant les poignées de main. Il me promit de venir vers l'automne me voir à Marly-le-Roi.
Pourquoi avec . certains hommes l'amitié nous vient-elle si