‹ Le chemin des écoliersChapitre 146 sur 259 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

loi; mais je ferai mettre le verrou à toutes les portes de communication ; tu n'aurais qu'à m'échapper encore 1 •>

Enfin , je me couchai , et dans un lit ! Depuis trois jours c'était la première fois. Mon sommeil fut calme et heureux ; je sentais auprès de moi mon vieux Jean , et mon adorable ami Antoine Minorel. Je dormis quatorze heures ; et voilà comment, le lendemain, je me réveillai à Heidelbei^, la montagne aux Myrtilles.

La UoDUgnc [ie lou> lu Saïnl*.

Historique de II villa d'HEiDELBEBC. — Histori(|ue de mon vieui Jean et île HldEleine, ma cuisinière. — Wolsbrunnen. — La TontaiDe de la Louve. — RencoDlre iTec un écolier. — Ho]keDkur (la cure au pelit-laii). — Une visioD.

Je crois devoir sans plus tarder prévenir une erreur grave que pourrait causer l'étymologie du mot ■ Heidelberg. » Ce mot s'applique à l'emplacement du vieux château bien plus qu'à celui de la ville. La ville d'Heidelberg, quoiqu'en dise sa douce appellation de montagne aux Myrtilles, n'est point située sur une hauteur; elle s'enfonce, au contraire, dans une étroite vallée creusée par le Necker entre le gigantesque Kœnigstuhl et la montagne de tous les Saints (Heiligenber^), qui lui fait face de l'autre côté du fleuve.

Peu de temps après l'ère chrétienne, les Romains, maîtres de la Germanie , avaient visité les bords du Necker , portant d'une main un épi de blé , de l'autre un cep de vigne. Sur les collines, rameaux inférieurs de Kœnigstuhl, ils avaient

trouvé de pauvres pâtres , conduisant de maigres troupeaux ; dans la vallée , de misérables pécheurs se nourrissant moins de poissons que de galettes de sarrasin ; de la plupart ils lirent des laboureurs et des vignerons. Avec le vin, l'espoir d'une existence meilleure , la force du corps , nécessaire pour se la créer, s'étaient propagés dans cette partie de la Germanie ; avec le blé , la vie facile , l'abondance , le commerce y étaient nés. Vers le troisième siècle, les Romains, qui colonisaient le monde au bénéfice de tous, peu semblables, sous ce rapport, à certaine autre nation colonisatrice, avaient, en faveur de ce commerce naissant, dépierré le Necker, l'avaient endigué, rendu navigable. Sur ses bords , ils élevaient des retranchements ; sur les montagnes qui l'avoisinent, des forts , pour protéger les vallées contre les invasions de ces terribles AUamanni , aujourd'hui refoulés dans les profondeurs de la forêt Noire sous forme de bouviers, de charbonniers , de bûcherons, de fabricants de chapeaux de paille , d'horloges en bois et de boites à musique. Dans ces vallées plantureuses , mises à l'abri de l'invasion des barbares, les grands troupeaux purent descendre et aller s'abreuver dansle Necker; le long de ses rivages, les pêcheurs,

en toute sécurité , purent étendre leurs lilets ; d'abord éparsea , les cabanes des vignerons et celles des laboureurs se rapprochaient l'une de l'autre; Heidelberg était là en germe. Au neuvième siècle , c'était un villc^e carlovingien , que tra-

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