‹ Le chemin des écoliersChapitre 151 sur 259 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

brassai l'horizon pour essayer d'y découvrir le clocher de Strasbourg; ne l'y trouvant pas, j'abaissai indifTéreininent mon - regard, et du milieu de la montagne inférieure, placée entre Wolfsbrunnen et le Molkenkur, une apparition magique suivit tout à coup devant moi.

Une ville de marbre était là ; des hommes de pierre , ses seuls habitants , les uns tenant encore une épée dans leurs mains, les autres vaincus et renversés dans des fossés poudreux, semblaient prolonger une lutte terrible ; d'immenses amas de débris jonchaient la terre ; des palais s'élevaient debout , mais à tra-

vers leurs vastes fenêtres je voyais au loin pointer le feuillage des arbres; comme d'horribles reptiles, des lierres gigantesques s'enroulaient autour des colonnes brisées. Je crus à une vision d'Herculanum ou de Pompeï.

Je fermai les jeux , j'étendis les bras ; à ma droite , je ren-

contrai l'épaule de Junius , à ma gauche , celle d'Antoine , et m'appuyant sur mes deux compagnons, je demeurai quelques instants absorbé, silencieux. • Qu'est-ce que cela? m'écriai-je enfin.

— HeideWerga cleleta ! » murmura Antoine avec un bruit d'orgue plaintif, en répétant ces deux mots sinistres fournis par Boileau pour servir de légende à la médaille frappée en l'honneur de Louis XIV , le destructeur d'Heidelberg. ■"

Et Junius, traduisant à mon intention une strophe d'Uhland, le poêle populaire de l'Allemagne, semblait un écho de ma propre pensée :

* Ce palais merveilleux , sous les rayons du soleil , élance

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