QUATRIÈME PARTIE
nesse ; au milieu de sa gloire rayonnante , s'il daignait aujourd'hui tourner vers la pauvre tille son front désassonibri, l'amour viendrait de lui-même.
Les choses ne devaient pas aller aussi vite qu'il le supposait.
H Gt donner à Glaire un emploi à sa cour, et feignit de ae plaire dans son entretien. Quoiqu'on en glosât parfois à Heidelberg, dans ses courses du matin il se faisait accompagner par elle, lui coQtantses chagrins passés, ses espérances pour l'avenir. Flattée de cette haute confiance, Claire lui prêtait toute son attention; cependant, malgré elle, il arrivait que sa pensée se détournait ailleurs. Elle songeait à sa mère ; elle se demandait quel besoin le palatin avait du sacrifice de sa vie, et pourquoi, après lui avoir fait jurer qu'elle mourrait à son commandement, il ne semblait plus s'occuper qu'à lui rendre la vie facile et douce :
Un jour, loin d'Heidelberg, il chassait à l'oiseau dans ses domainesduRhin; lanuitvint et les trouva tous deux errants dans les bois. Les compagnons du prince avaient cru devoir s'éloigner, par discrétion peutêtre. Sous un rayon de la lune, Frédéric vit, à micôte, se dessiner le château de Vautsberg, dans lequel il avait été élevé.
Uuoique l'heure fût celle du danger, quoique le Bhin, large et profond, se plaçât entre lui et le château, il marcha en avant, et, s'appuyant sur une balustrade placée près du gouffre, il resta quelques instants immobile, les yeux Cxés sur le vieux manoir. Mais
bientAt ses yeux, en s'abaissant, rencontrèrent le fleuve, dont chaque flot semblait l'appeler sourdement, dont chaque remous semblait creuser devant lui le chemin qu'il devait suivre. 11 tressaillit dans tous ses membres, et poussa un cri. Eflrayée, Claire s'élança vers lui et se suspendit instinctivement à son bras.
• Voici le moment venu, lui murmura-t-il à l'oreille. Claire, m'aimez-vous? »
Elle ût un pas en arrière; il la retint : • M'aimes-tu? répéta Frédéric.
— Monseigneur, ma reconnaissance vous est acquise. J'ai promis de mourir quand vous l'exigeriez, rien de plus. Je n'aime et n'ai jamais aimé que celle-là que votre générosité a rétablie dans son manoir de Tettingen. •
Sinon à la guerre , le palatin se décourageait facilement devant l'obstacle. D'ailleurs, cette fille deSouabe, il la revoyait