QUATRIÈME PARTIE
abordé lé rivage sans paraître, malgré toutes mes supplications, ' se soucier le moins du monde de ce que devenait le nageur.
Cette journée devant être une des plus incidentées et des plus émouvantes de mon voyage, je ne m'arrêterai point à dire quelles furent nos réflexions lorsque, rendus à nous-mêmes, nous nous sentîmes enfin débarrassés, de notre cauchemar américain.
Nous avions mis pied à terre près d'une petite montagne appelée l'Observatoire de Gespell. Ndus décidâmes de la gravir pour explorer le magnifique point de vue dont on jouit de son sommet. Un homme se tenait là avec une longue-vue; avant d'user de ce précieux instrument, nous parcourûmes d'abord des yeux le cours de la rivière et les gracieuses collines qui nous faisaient face. Sur la rivière, nous revîmes notre bateau et notre batelier; le Yankee, réinstallé à son poste, dans son costume de matelot, se disposait à jeter l'é-
pervier, ce qui nous rassura complètement sur son sort. Au pied des collines se groupaient de charmants villages, si bien éclairés que, malgré le Necker qui nous séparait d'eux, j'en pus prendre une esquisse. Pour l'un, c'était jour de marché; pour un autre , la longue llèche de mai encore implantée , une voiture bourgeoise dételée sur la grande place , semblaient témoigner d'un lendemain de fête ou de la visite des autorités.
Au moyen de la longue-vue, notre inspection s'étendit bien au
delà. A quinze ou vingt kilomètres, à notre gauche, je pus net-
tement parcourir du regard la jolie ville de Weinheim, célèbre
Renipirta de Weintaeim.
par ses vins; la foule s'amassait le long de ses vieux remparts;