QUATRIÈME PARTIE
«u-dessus de Weinheim s'élevait la tour cylindrique de Windeck , posée sur sa montagne en cône comme un phare éteint;
Tour de Windeck.
et restée seule debout au milieu des mines d'un ancien château que le douzième siècle avait vu dans sa splendeur. Au delà encore, sous une légère vibration de la longue lunette, mon regard Tranchissait le duché de Bade pour entrer dans celui de Hesse-D^rmstadt. Les vallées plantureuses de Birkenau , peuplées d'immenses troupeaux de vaches et de moutons, m'apparaissaient au dernier plan.
Imprimant alors de gauche à droite un brusque mouvement de rotation à l'instrument, je repris la route que nous venions de parcourir; je remontai le Necker de Ladenbui^ h Heidelberg, et même au delà-, car j'aperçus la jolie ville de Langea, devant laquelle j'étais passé dans ma traversée de
kbk LE CHEMIN DES ÉCOLIERS.
Carlsruhe à Heidelberg. Modérant mon essor, je me contentai de suivre la ligne du Necker; j'y exerçai mon^droit de
visite sur les passagers qui traversaient la rivière dans les longues barques du pays, à quatre rameurs; j'y assistai à tous les détails du labeur champêtre ; j'y étudiai le système pratique des laboureurs et des batteurs en grange de l'ancien Palatinat, comme si j'y eusse été dépéché officiellement par un de nos comices agricoles. Charmant voyage, où, sans fatigue, je pus descendre au fond des vallées, escalader les montagnes, franchir des espaces qui eussent épuisé les forces d'un touriste de vingt-cinq ans, le tout, sans bouger de place, et moyennant la somme de quelques misérables kreutzers.
D'autres tableaux, plus agréables encore, captivent bientôt mon attention. Sans escalade ni bris de clôture, je pénétrai dans une chambre où, les doigts entrelacés, se tenait un couple d'amoureux, verlopes ou non. L'n instant après, à la hauteur d'Heidelberg, dans un beau site, sur une verte pelouse, derrière laquelle s'élevait l'abbaye de Neuberg, j'apercevais une femme charmante, en élégant costume de ville;