‹ Le chemin des écoliersChapitre 192 sur 259 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

vers les autres , ralliés par une terreur commune , errer pêlemêle aux abords de la forêt. Les lièvres, les renards, les putois leur trottaient entre les jambes sans exciter leur colère ni même leur attention. Puis, tous rentraient sous les hapts taillis, pour en ressortir aussitôt en recommençant leur effroyable ' symphonie.

Plus expérimentée qu'eux , plus effrayée peut-être , une biche, au pelage fauve, l'œil inquiet, la narine ouverte, l'o-

reille au vent, au lieu de retourner sur ses pas, s'avança jusqu'aux [bords du fleuve. Après l'avoir interrogé du bout de ses fuseaux, elle le ft'anchit, non à la nage, mais à gué, car sur ce point existait un gué, qui non-seulement aida le pauvre animal à mettre les flots du Mein entre lui et le danger, mais, par voie d'imitation, rendit le même service à un grand nombre de personnages bien autrement importants.

Du haut de son éminence, l'oiseleur-sabotier, qui ne songeait plus guère alors ni aux rossignols ni aux sansonnets, ni peut-être k sa blonde fiancée, vit, à travers les branchages, apparaître une foule de figures plus hideuses encore que celles des ours et des sangliers. Il crut à urie invasion de l'Olympe Scandinave. Ses anciens dieux, par lui récemment désertés, venaient lui demander compte de son apostasie.

Ces dieux vengeurs n'étaient autres que de pauvres soldats francs mis en déroute par un ennemi supérieur en nombre , comme on disait déjà au huitième siècle. Avant de marcher au combat, dans la louable intention d'inspirer la terreur à leurs

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