‹ Le chemin des écoliersChapitre 22 sur 259 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

« Oui, mon ami, disait le nez rouge à l'habit bleu, depuis hier je suis maçon; j'en ai l'honneur. C'est grande salisfection pour moi, devant exercer l'homœopathie à Rotterdam, où la franc- maçonnerie est recherchée plus que partout on ne

Horloge astronomiquE it îilrasbuurG.

pourrait. Déjà, celte nuit, dans le Magon, J'ai fait connaissance d'un jeune homme aimable, maçon aussi, comme moi.

— Mais, lui dit son compagnon, comment avez-vous pu deviner qu'il était franc-maçon, comme vous?

— Voilà. Je ne pouvais pas beaucoup dormir, parce que, pour mes épreuves, ils m'ont fait boire du Champagne Moët, que je n'en ai pas l'habitude, et ça m'agite. Alors, mécanique-

ment, pour m'occuper, je répétais les signaux qu'ils m'ont appris , pour en prendre mémoire.

— Et quels sont ces signaux?

Eglise Saint-Tlionias, à SlrMlmurg.

— On se gratte d'abord le nez, comme si qu'une mouche s'y

soit mise ; ensuite, on se place un doigt dans la bouche, le pouce.

— Iluml hum! fit l'habit bleu, sîngu- ^ lîers signes maçonniques que de se grat- '- 1er le nei et de teter son pouce ! Ensuite t l — Ensuite?... Maisdois-je vous causer de ça, à vous qui n'en êtes pasî Mon jeune homme en est, lui; et, chose drôle! il se nomme Bàldaboche, aussi personnellement que moi.

— Vous vous nommez llaldaboche! dit le géographe en faisant un bond sur sa chaise.

— Van Bàldaboche, depuis hier; mais pas pour vous, puisque vous n'en êtes pas!

— Et que veut dire ce mot : Bàldaboche?

— Je ne sais. Il est peut-être grec.

Page 1