CINQUIEME PARTIE
Ainsi parle le docteur ScWeiden, un professeur de l'Université d'iéna, un homme positif. Moins heureux que lui, moi, poète, moi , l'auteur de la Mythologie du Rhin , je n'y ai rien vu.
Mais, au-dessus de sa rive de gauche, voici la Rolandseclc , la montagne ou le neveu de Charlemagne, après avoir été tué à Roncevaux, vint se faire ermite par désespoir d'amour. Les choses de la vie se passaient ainsi autrefois dans ce pays des merveilles.
Près de la Rolandseck, l'île de Nonnen-Werth verdoie au milieu du fleuve comme une fraîche corbeille jetée là par quelque ancien artiste magicien pour compléter la décoration. Du fond de la corbeille s'élève un couvent de femmes , dont la fondation remonte au douzième siècle.
Nous avançons encore; la Rolandseck et le Nonnen-Werth ont disparu pour faire place à de nouveaux enchantements de verdure, de tourelles ou de rochers. On nous signale les Sept Montagnes. Elles sont au nombre de onze. C'est le Drachenfels qui représente les véritables Sep( Montagws. Il est vrai que, cette fois, on n'en aperçoit que deux, lesquelles masquent les cinq autres.
Certes , à la vue de tous ces tableaux si variés , si splendides, je me serais senti saisi d'un grand enthousiasme, si je n'avais entendu Antoine n'interrompre de temps en temps son silence
contemplatif que par des exclamations semblables h celle-ci : < Ahl les marchands de tabac!.. . foumissez-vous donc à la Civettel... évidemment c'est le papier qui est détestable!...
chiennes de cigarettes! • Et, de nouveau, comme une étoile filante détachée des voûtes du firmament, une cigarette décrivait une courbe enflammée et plongeait dans le Rhin.
Ne fût-ce que comme protestation contre ces paroles affreusement prosaïques, intempestives, attentatoires au respect dû à Sa Majesté le Rhin, notre hôte alors, et qui nous prodiguait avec tant de largesse les trésors de sa splendide hospitalité , je (is un effort pour témoigner à voix haute de mon ravissement avorté, mis en déroute : ■ Ahl quelle âme d'artiste resterait insensible devant tant de sublimités! m'écriai-je.... Ah! si un poète, un vrai poète, venait se fixer sur ces bords, pour lui quelle source d'inspirations!
— Il y est venu! > me dit une voix, qui n'était pas celle d'Antoine. Cil passager Iomî; cl maigre, haut ^■ra^Hté, haut botté, l'oitl'é d'une minci' cusiiirellf. et scrnuil entre ses dents ihip larfic \>\\>t; tuniuo. se Icnitil près tic iiou.s sur le hatt-au. Je