‹ Le chemin des écoliersChapitre 227 sur 259 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

l'aurais pris pour un étudiant, si son &ge n'en avait plutôt fait un professeur.

• Oui , monsieur, reprit-il en continuant de s'adresser à moi, ce poète que vous invoquez, il existe. Né à Bonn, sur cette rive même du fleuve où nous allons jeter l'ancre tout à l'heure, U a fait toutes les stations du Rhin en chantant tour à tour chacune de ses beautés visibles, et son nom est gravé sur la roche du Drachenfels à côté de celui de Byron. Ce poète, c'est Karl Simrock. N'en avez-vous donc jamais entendu parler?

— Bien au contrairel beaucoup I lui répondis-je, et mëmej'ai eu l'honneur de lui serrer la main lors de son voyage en France. ■

Antoine me lança un regard qui par sa force de projection équivalait à un coup de poing, et l'étranger, professeur ou non, étant aussitôt rentré dans son nuage de fumée et dans son mutisme germanique: «Tu connais, tu asjamaisconnuun Karl Simrock, toi l

— Certainement! Je l'ai rencontré diverses fois à Paris, chez notre ami Sébastien Albin, à qui il avait été présenté par Henri Heine. J'ai môme failli mettre en vers un petit poème de sa composition sur les fiinéraiUes de la poésie.

— Ahl ah! dit Antoine, se radoucissant tout à coup, et se frottant les mains. Les Funérailles de la poésie! voilà un titre qui me platt. Ainsi la boiiiii' dame est enfin morte et enterrée? yuu la liTn-.lui .^oit loiirdr. Kt de quoi est-elle morte? Racontemoi donc cela pour diurnier lex ennitis île In ivule. -

Évidemment, mon cher compagnon, mis en méchante humeur par la non-réussite de ses cigarettes, essayait de me pousser à bout. Je crus ne pouvoir mieux me venger de )ui qu'en satisfaisant k son désir.

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