‹ Le chemin des écoliersChapitre 96 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

devant Charles-Guillaume, le fondateur de la ville en ëvenlatl , le héros de ma dernière légende.

La légende et l'histoire m'escortaient donc à mon retour dans les Étals de Bade I

Charles-Guillaume, faisant sans doute allusion h son entrée dans l'église de Lichthental , et à sa position forcée durant la mase invisU>le, me dit alors en ricanant :

• Kh bien , monsieur le légendaire, à votre tour vous voilà entraîné par une force que votre volonté ne suffit pas à maîtriser! >

Ces paroles, nettement articulées, sortant d'une bouche sans lèvres et sans langue, me parurent être un nouveau produit de la mécanique.

N'adressant bientôt à Louis-Guillaume, dont le maintien, dipe et sévère , m'inspirait toute confiance , je lui demandai où s'arrêterait cette course interminable.

« A Achem, me répondit-il.

— Et pourquoi me vois-je ainsi contraint de revenir à mon point de départî l

— Parcequevousavez '^

oublié d'y régler votre compteavecl'hâtelier.i f-

Cette réponse du >

grand margrave, faite ^

du ton le plus noble , et ' )

accompagnée du geste le plus mi^estueux, me

parut si étrange, si peu [■

en rapport avec le ca- [■

ractère héroïque dont -^

je me plaisais à le re- Télir,queje m'éveillai.

Sorti eaQn d« ce rêve k la vapeur et & l'air comprimé, je

me frottai les yeux, je soulevai un pan de mon rideau de serge. ... 11 faisait grand jour et j'avais manqué le convoi I

J'allais pousser un cri de détresse; j'en fus empêché par un nouvel jncident , qui semblait continuer mon rêve.

Un spectre, vêtu de blanc, se tenait debout dans ma chambre. Troublé, effrayé peut-être, je laissai retomber le rideau; j'enfonçai ma tête sous la couverture, et rassemblant mes esprits mis en désarroi, je me tâtai le pouls, essayant de juger par le nombre de ses pulsations si j'avais la fièvre, le vertige, si j'étais fou ou simplement halluciné.

Deux minutes après, une idée souriante et quelque peu égrillarde me calmait tout à coup. Si mon hôte avait dit vrai? Si j'occupais réellement la chambre de ses filles et que l'une d'elles, dont peut-être il m'avait cédé le lit, vint, ignorant mon installation.... Là s'arrêtèrent brusquement mes suppositions malséantes. Mon spectre avait des bottes. Je l'entendis marcher et faire résonner le plancher sous ses lourds talons. Derechef j'entr'ouvris le rideau. Je vis un monsieur s'avancer vers un petit miroir qui me faisait face pour y essayer sa cravate. * Bon I me dis-je, mon hôtelier a disposé du lit vacant; c'était son droit.

Mais dans cette nuit de tapage .'que je croyais avoir été pour moi sans sommeil , j'ai donc dormi bien profondément, que je n'ai point eu conscience de l'arrivée de ce camarade " de chambrée? •

Tout en me livrant à ces réflexions - — -^-■. .-r^ :-. — ^:-~ pleines de justesse, j'esaminais mon

-^^^'=;^; f— conjoint, qui, en ce moment, me

tournait le dos. Il avait un paletot bleu, un pantalon à raies. L'n instant, j'entrevis un coin de sa figure dans le petit miroir -,

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