TROISIÈME PARTIE
La pipe du diable. — Le Titan La Fléchelle, — Lac des Fées. — Dissertation sur les cascades et les montagnes. — Je m'éprends de plus en plus de Brascassin. — Des \ins de Champagne et de leur influence.
Le Hirsch, c'est-à-dire le Ce r/" (j'aurais dû me rappeler ce mot, moi qui, à Bade, logeais à l'hôtel du Hirsch; mais ma mémoire est rebelle au tudesque), le Hirsch donc est un grand gasthaus, station ordinaire des marchands de bestiaux, des colporteurs d^horlcges de bois qui vont gagner les villes de la plaine, ou de messieurs les touristes en route pour le lac.
Nous entrâmes dans une vaste salle, blanchie à la chaux, sans autres ornements que quelques tables boiteuses et des chaises rustiques. Un tableau cependant en décore la muraille principale. Ce tableau, ou plutôt cette gravure sur bois, vigoureusement coloriée de rouge, de jaune et de bleu, représente la rencontre de Waldhantz et du diable, un des souvenirs glorieux du pays.
L'Allemagne entière, l'Alsace même et les Vosges, ont leur Chasseur sauvage, dont on entend les meutes aboyer au miheu de l'ouragan. A la forêt Noire spécialement appartient le joyeux Waldhantz, le roi des braconniers. Son aventure est dans toutes les mémoires, son nom dans toutes les bouches, son portrait sur toutes les pipes. Pour ce dernier point c'est justice ; sans lui, qui jamais eût entendu parler de la