‹ Le chemin des écoliersChapitre 115 sur 245 · PIPE DU DIABLE · texte numérisé non relu

PIPE DU DIABLE

AValdhantz était un garçon de belle humeur, courant après les jolies filles, mais amoureux seulement de la chasse; d'une dévotion parfaite, mais surtout envers saint Hubert, dont on voyait l'image toujours appendue à la boutonnière de sa A'este. C'est saint Hubert qui rabattait le gibier pour lui ; c'est saint Hubert qui lui faisait éviter la rencontre des gardes-chasse; bref, saint Hubert et Waldhantz étaient au mieux ensemble.

De son métier légal et reconnu, Waldhantz, horloger et mécanicien, avait su se confectionner un petit fusil facile à dérober aux yeux de l'autorité, et dont la forme trompeuse était loin de faire pressentir une arme meurtrière.

Un jour, sur l'une des cimes les plus élevées de la forêt, un homme à la chevelure noire et hérissée paraît tout à coup devant lui.

a Bonjour, Waldhantz.

— Bonjour, Satan, lui répond le hardi braconnier, qui l'a reconnu rien qu'à l'odeur de soufre répandue autour de lui.

— Que portes-tu donc à la main ?

— C'est ma pipe, milord.

— Singulière pipe ! Tu es un homme habile, AA'aldhantz, on le dit, mais je te croyais plus occupé à la fabrication de pièges et de traquenards qu'à celle des pipes. Voyons, je veux essayer de la tienne ; elle me semble tout à fait originale, d

Waldhantz se trouble d'abord ; puis, il lui passe par la tête le projet le plus audacieux qu'un homme ait jamais pu concevoir. Il va délivrer le monde, les races présentes et les races futures, de leur plus redoutable ennemi. C'était la réconciliation de la terre et du ciel qu'il osait tenter.

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