QUATRIÈME PARTIE
votre noble fiancée, et quel riche apanage elle apporte en vous épousant?
— Elle m'apporte cent mille écus d'or, dont j'ai grand besoin pour m'approvisionner de blé, » lui répliqua Frédéric ; et promenant sur tous un regard hautain : ^c La somme, sans doute, vous semblera suffisante, messires; car, cette dot, c'est vous qui la fournirez. »
Frédéric le Victorieux épousa Glaire de Tettingen dans l'église cathédrale d'Heidelberg, au milieu d'un grand concours de peuple. Ulric.de Wurtemberg et Charles de Bade servirent de témoins à la mariée; Louis le Noir fut son chevalier d'honneur; le prince archevêque de Cologne et l'évêque de Metz officièrent.
Quelques éclaircissements sont-ils nécessaires encore à cette histoire ?
L'homme qui s'était élancé du bateau au secours de Claire, c'était Frédéric. Le démon des eaux avait eu sa proie ; il l'avait laissée échapper et restait sans droits sur elle.
Quant au moine Siegfried, on n'entendit plus parler de lui. En réfléchissant sur divers incidents de ce récit, il m'est venu en idée que ce magicien capuchonné, cette apparence de diable, pouvait bien n'être autre que le bon ange du palatin, revenu vers lui sous cette forme étrange.
L'Université d'Heidelberg. — Du duel parmi les étudiants. — Les balafrés. — Encore une initiation. — Mort aux Philistins ' — La chaire de philosophie. — De Kant à Feuerbach. — La bibliothèque. — Le laboratoire de chimie , et qui j'y trouvai en tablier de cuisine.
Y eut-il jamais rien de moins logique, par conséquent de plus sot que le duel? Risquer sa propre vie, que, généralement et non sans raison, on estime chose fort précieuse, puisque sans elle on n'est guère à même d'apprécier les autres bonnes choses de ce monde, la risquer contre la vie d'un autre, qu'on n'estime rien, dont on ne peut rien faire, n'est-ce point là un calcul insensé? Je comprends le duel au moyen âge; c'était le jugement de Dieu; alors. Dieu combattait avec le juste contre l'injuste, avec le bon contre le méchant; on en avait la ferme conviction. Aujourd'hui que le tribunal de Dieu est clos pour ces sortes d'atfaires, pourquoi nos tribunaux ordinaires ne suffiraient-ils pas à les régler? Pourquoi s'en remettre au hasard de l'épée ou du pistolet, souvent plus favorables à l'habileté qu'au bon droit? Un arrêt est toujours moins dangereux qu'une balle de plomb, et d'ailleurs on en peut appeler.
« iMais il est des offenses qu'on doit craindre d'ébruiter, nous dit-on; dame Justice, même à huis clos, incline quelque peu au bavardage, comme ses honorables interprètes messieurs les avocats. »
Ah ! que voilà une bonne raison qui me touche peu !