‹ Le chemin des étoilesChapitre 22 sur 104 · JUDITH · texte numérisé non relu

JUDITH

Ton nom fatal et doux, mystique et sanguinaire Tantôt m'enivre ainsi qu'une chaude liqueur, Tantôt me glace et fait résonner dans mon cœur Comme un écho lointain du biblique tonnerre.

Comme un grand souille il \ient réveiller dans son aire L'Aigle de Jehovah formidable et vainqueur Et, sous mon front troublé, fait déliler le chœur Des mythes que le Christ exila de son ère.

Je la vois, la terrible amante au col nerveux, Farouche et secouant la nuit de ses cheveux Sous la pâle clarté des mourantes étoiles.

Son fantôme superbe ayant fui les tombeaux. Je la vois engloutir au fond des rouges toiles La tète d'Holopherne et mon cœur en lambeaux !

36 LES ADOKATIONS.

(Jiiu u'ai-jo aimé la lille aiuère des proscrits, L'antique Hérodias au monde revenue, Kundry, l'enclianleressc évoquant sous la nue Le chœur des désirs jturs et des mauvais esprits!

Moins fort que Parcilal accourant à ses cris, J'aurais avec ferveur baisé sa gorge nue, Et, buvant sur sa lèvre une ivresse inconnue, Étendu son corps blanc sur mes aulels meurtiis.

Car moins clémente qu'elle et plus qu'elle farouche Tu ne m'as i>as permis de puiser sur ta bouche Le triste oubli des cieu\ par ta main défendus.

A l'idéal maudit, qui s'écroulait près d'elle. Je chemine à la luis sacrilège et fidèle, Blasphémant et h's bras dans le vide tendus!

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