A UNE JEUNE FEMME
Aimer! T'aimer! — Tu veux que j'aime encore un jour! Et ta jeunesse, en qui tout charme vient d'éclore, Penchant vers mon déclin la pitié d'une aurore, Me convie aux réveils immortels de l'amour.
Aimer ! T'aimer ! — Pourquoi me montrer, tour à tour. L'abime où je languis, l'azur qu'une aube dore? L'Amour qui m'a brisé me tient captif encore Dans le gouffre où sa main me plongea sans retour.
Il faut que mon destin farouche s'accomplisse ! Pour la route sans terme où se tord mon supplice, Les destins ont forgé d'inusables essieux.
Mes flancs nus sont rivés au bois dur qui les troue. Laisse Ixion saigner, dans l'ombre, sur sa roue, Sans lui montrer l'éclat ironique des cieux !