CONSOLATION
Du mal dont vous souffrez j'ai connu les détresses ; J'ai vécu votre peine et j'ai pleuré vos pleurs. Car c'est en mesurant l'abîme des douleurs Que j'ai touché le fond des humaines tendresses.
Bien des jours ont passé depuis; bien des maîtresses Ont penché sur mon front des baisers et des pleurs; Ma bouche sur leur bouche en a bu les couleurs ; Mais je n'ai jamais bu l'oubli dans leurs caresses.
Sous le ciel où mon rêve est à jamais voilé J'ai porté, sans fléchir, mon cœur inconsolé, Refusant de guérir, et vous ferez de même.
La fierté seule reste à l'âme se brisant !
Mais je vous plains, ô vous qui savez à présent
Tout ce qu'on perd, hélas ! en perdant ce qu'on aime.