AUTRE
Laisse sur ton cœur déchiré, Enveloppante commme une aile, Pencher ma pitié fraternelle!
0 toi qui pleure, j'ai pleuré !
La même douleur m'a navré Qui mouille aujourd'hui ta prunelle ; Je sais ce qu'elle porte en elle Et que toujours j'en souffrirai.
Que, comme en moi, cette souffrance Du ciel te donne l'expérience Par nos chers absents habité !
Que serait la bonté suprême Si la Mort de tout ce qu'on aime Ne prouvait l'immortalité?
A UiNE TRAGÉDIENNE LYRIQUE
L'art immortel vous mit au front son divin signe, Madame, et vous montra le superbe chemin Où marchent les élus, un laurier dans la main, Sur les pas de la Muse au front couleur de cygne.
Il vous pendit au cœur la lyre et vous fit digne.
Dédaignant ce qui passe et sera mort demain,
De chanter ce qui vit en nous de surhumain-
Et nous égale aux dieux dans leur splendeur insigne.
Car c'est avoir quitté la terre pour les cieux Qu'abandonner son nom aux rythmes glorieux Et la baigner aux flots sacrés de l'harmonie.
Vous qui nous emportez si liaut et nous ouvrez Vers le Rêve et le Beau ces horizons dorés. Sainte artiste, soyez admirée et bénie.
iOfi LA CHANSON DES JOURS.