SOIR
La cendre d'or du Jour se disperse au couchant, Comme celle d'un mort par le vent emportée ; Et, sur sa tombe \ide, en larmes se penchant, La Nuit pleure sur lui sa lumière argentée.
C'est l'heure où toute voix murmure des adieux,
Où l'amour inquiet des choses éperdues
Dans l'indni profond cherche l'àme des Dieux,
Comme un aigle fouillant les mornes étendues.
C'est l'heure où, comme une aube au fond d'une prison, Une pâle clarté se glissant vers la terre, Avec l'astre au front blanc qui monte à l'horizon, Le souvenir pensif monte au cœur solitaire.