SUR UNE BELLE CHEVELURE
Comme sur un lac d'or où les soleils penchants Mêlent des fils de pourpre aux reflets de la grève, Sur votre chevelure aux flots changeants, mon rêve Vogue, mirant un ciel plein d'extase et de chants.
Et, comme dans la coupe ardente des couchants Le jour las boit l'oubli des fatigues sans trêve Et plonge au flot amer, laissant l'heure trop brève L'étreindre et le bercer dans ses plis attachants.
Le souffle de parfums que votre être respire M'enveloppe, me pousse ou de plus près m'attire, Comme fait à la voile un lent zéphyr d'été.
0 noble chevelure aux magnifiques ondes.
Que ne puis-je engloutir, parmi tes vagues blondes,
Mon dernier souvenir comme dans un Léthé !
SOiNNET païen
Sur tes seins triomphants s'est embarqué mon Rêve, Comme sur une Mer dont la vague, en ses plis, Roule amoureusement une moisson de lis Effeuillant leur blancheur au toucher de la grève.
A tes seins orgueilleux dont l'armure s'élève
En deux globes jumeaux, lumineux et polis,
Sentant renaître en soi les désirs abolis.
Mon cœur pend comme aux fers aigus d'un double glaive ;
A tes seins, tout baignés d'une chaude saveur, J'ai senti du baiser renaître la ferveur Et ma lèvre a goûté les anciennes délices.
Sur tes seins je voudrais me coucher et mourir, Et, m'épuisant moi-même à les vouloir tarir, Laisser mon dernier souffle au bord de leurs calices !
I'i2 LA CHANSON DES JOURS.